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| Arrivée victorieuse de Mimoun au marathon olympique de Melbourne en 1956
Pour approfondir le sujet
>> Archives audivisuels INA sur Alain Mimoun
>> Les grands moments des JO Raymond Pointu (lien Alapage)
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"Ma grande satisfaction est de pouvoir servir d'exemple à la jeunesse. C'est tout ce que j'ai gagné dans ma vie, et je remercie le bon Dieu, matin et soir" Alain Mimoun Alain Mimoun a déjà gagné trois médailles d'argent aux précédents Jeux sur 10 000 mètres aux JO de Londres en 1948 et sur 10 000 et 5 000 aux JO d'Helsinki en 1952. Aux Jeux méditerranéens de 1951 et 1955, il remporte le 5000 et le 10000 mètres. À la date de 1956, il détenait conjointement les huit records de France des 2 miles, 3 miles, 5000 m, 6 miles, 10000 m, 15000 m, 20 km et de l'heure.
Le voyage vers l'Australie, à l'époque prend quatre jours. Pendant les escales Mimoun s'entraîne dans les couloirs des hôtels, sur les pistes des aéroports lors. A Melbourne Mimoun s'entraîne la nuit en cachette pour ne rien dévoiler de sa condition physique. Dans le 10 000 mètres il termine douzième. Trois Jours avant le départ du Marathon il annonce sa participation à 'épreuve.
Il n'avait annoncé à personne qu'il voulait faire le marathon, même pas à sa femme. "A 36 ans, j'étais le plus vieux des Jeux. Je m'étais dit après Helsinki “Alain, si Dieu le veut, tu feras le marathon de Melbourne”. Je n'ai rien dit aux journalistes. Pendant deux ans, nourri par mes beaux-parents, je me suis tapé 40 km par jour sans rien dire à personne. Quand j'ai annoncé que j'allais faire le marathon, quelle rigolade ! Tous me disaient trop vieux. Les Français, les étrangers, tout le monde rigolait hormis Zatopek, ce saint homme. Il m'a dit : “fais attention aux Russes”.
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Le départ du Marathon - National Library of Australia
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Mais Mimoun se sent conforté dans sa décision par des signes qu'il juge favorables : des Français ont remporté les marathons olympiques en 1900 et 1928, soit tous les 28 ans, donc 1956 devrait voir un succès français, puis il apprend la naissance de sa fille par télégramme la veille de la course, de plus le temps qui avait été très mauvais jusque la, tourne, le jour de la course à la canicule (36° à l'ombre), et Mimoun préfère ce temps là, enfin il porte le dossard numéro 13, numéro porte bonheur pour lui.
Ils sont quarante cinq à prendre le départ de ce marathon à 15h15 ce samedi 1er décembre 1956. Le Marathon emprunte une route de banlieue, Dandenong Road, bordée de pavillons, une foule énorme se presse sur le parcours. Mimoun, avec sur la tête un mouchoir brodé aux initiales de sa femme, prend bien garde à ne pas mener dans les côtes, comme le lui a conseillé l'ancien marathonien Barthélémy. Au dixième kilomètre il est cependant à la quatrième place et surtout Zatopek a disparu.
Dès le 20eme kilomètre il n'y a plus qu'un groupe de cinq hommes en tête, et quelques mètres derrière Mihalic. Mimoun se débarrasse un à un de ses adversaires : d'abord l'Anglais Clark et les Russes Filine et Ivanov, seuls restent en vue le Finlandais Karvonen et le Yougoslave Mihalic, qui font équipe pour tenter de s'accrocher. "Je n'avais pas porté mon attaque, c'étaient les autres qui décrochaient" racontera Mimoun.
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Le marathon dans Dandenong Road - National Library of Australia |
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Entrée d'Emile Zatopek sur le stade - Arivée d'Emile Zatopek (n° 9) - National Library of Australia |
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Dès le 20eme kilomètre il n'y a plus qu'un groupe de cinq hommes en tête, et quelques mètres derrière Mihalic. Mimoun se débarrasse un à un de ses adversaires : d'abord l'Anglais Clark et les Russes Filine et Ivanov, seuls restent en vue le Finlandais Karvonen et le Yougoslave Mihalic, qui font équipe pour tenter de s'accrocher. "Je n'avais pas porté mon attaque, c'étaient les autres qui décrochaient" racontera Mimoun.
Au 30eme kilomètre il est toujours à la même allure et Mimoun seul devant alors doit faire appel à toute son énergie pour surmonter un défaillance. "J'ai été bien jusqu'au 32ème km. A 12 km de l'arrivée, j'ai pris un terrible coup de matraque, j'avais l'impression d'avoir une maison sur la tête. Je faisais des foulées de vingt centimètres. Se battre contre soi-même est terrible. A cet instant j'ai cru qu'il ne me restait plus qu'un kilomètre à accomplir, je me suis vu Champion Olympique. C’était un mirage"..."C'était comme si j'avais monté un cheval qui ne répondait plus à l'éperon". Il lui faudra trois kilomètres pour retrouver son rythme.
La foule australienne crie "Very good! Very good!". Quand il aperçoit le mât du stade olympique, à plus de trois kilomètres de la ligne d'arrivée, il accélère la cadence. Et enfin il pénètre en tête et seul sur le Sidney Cricket Ground de Melbourne, sous les clameurs des 120.000 spectateurs, il devance son éternel rival Emil Zatopek, qui ne terminera que sixième. "J'ai pensé à la Marseillaise qu'on allait jouer pour moi. Ce fut la plus belle minute de ma vie", Il finit en 2h25 minutes avec plus d'une minute d'avance sur le deuxième : Franjo Mihalic.
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Mimoun effectue son dernier tour de stade du marathon - Mimoun félicité par Zatopek
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Arrivé sixième Zatopek se met au garde à vous, retire sa casquette, et félicite Mimoun : "Alain, je suis heureux pour toi " et il enlace son ami et rival. C'est leur dernière course commune. Zatopek décède le 21 novembre 2000, Alain Mimoun sera là pour lui rendre un dernier hommage "je viens de perdre un frère" dira-t'il.
Au retour de Melbourne à l'aéroport d'Orly, Mimoun est accueilli en héros par la foule. Il est désigné champion des champions français par le journal L'Équipe.
Mimoun grand seigneur profitera dela gloire des sa victoire pour venir en aide au vainqueur du marathon de 1928 El Ouafi. "Lorsque j’ai été reçu au retour d’Australie au palais de l’Élysée, j’ai tenu à ce qu’El Ouafi m’accompagne pour rencontrer le président René Coty. Les services de la présidence lui ont trouvé un poste de gardien de stade en banlieue parisienne. [...] Sur sa mort, on a dit beaucoup de choses mais la vérité c’est que Boughera est un martyr. C’est sa belle-soeur qui aurait dû prendre la balle parce qu’elle ne voulait pas payer la dîme au FLN. El Ouafi, lui, ne pouvait rien donner, il n’avait pas un sou. Mais il a voulu s’interposer dans la querelle en croyant que personne ne tirerait sur lui, seulement le coup de feu est parti." Alain Mimoun. (Boughera El Ouafi parti aux États Unis après son titre olympique fut exhibé dans un cirque. De retour en France il se fit escroquer par son associé avec qui il avait acheté un café et devint clochard. Alain Mimoun le tira de 25 ans d'oubli. C'est en 1959, qu'il fut tué dans une fusillade dans un café de Saint Denis)
Mimoun participera au marathon olympique en 1960, à quarante ans, sans illusions, uniquement parce qu'il estimait devoir défendre son titre.
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El Ouafi vainqueur du marathon olympique en 1928 |
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Mimoun reçu par Pierre Mendes France après sa victoire aux JO de 1956 - Clic pour
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Alain Mimoun
Alain Mimoun Ould Kacha est né à El Telagh (Algérie) en 1921. Engagé en 1939 dans les troupes "indigènes" Alain Mimoun fait partie des 134 000 Algériens combattant le nazisme. "Je n'avais que 17 ans et neuf mois. Ils m'ont pris parce que c'était la guerre. Je pensais partir pour deux ans, j'en ai fait sept." Il dispute ses premières compétitions en 1941 en Algérie, alors qu'il sert dans le 19e régiment du génie. En 1944 caporal chef il est blessé et manque de perdre une jambe lors de l'attaque de Monte Cassino.
Il est libéré en 1946 avec la Croix de guerre et quatre citations. Il devient garçon de café et prend une licence au Racing club de France. Il est champion de france du 5000 m en 1947. En 1948, aux Jeux Olympiques de Londres, il termine deuxième derrière Zatopek sur 5000 et 10.000 m. Il remporte le Cross des Nations en 1949, 1952, 1954 et 1956. Aux jeux olympiques d'Helsinki, en 1952, il est deuxième toujours derrière Emile Zatopek.
Aux jeux olympiques de 1956 il remporte le marathon. "Je regarde ma carrière comme un château : ma médaille d'argent à Londres représente les fondations, les deux d'Helsinki en sont les murs et la médaille d'or à Melbourne y a mis le toit" dira-t-il. Il remportera d'autres titres nationaux sur 10 000 mètres en 1957, 1958 et 1959, et de cross-country en 1959. Il arrête sa carrière internationale en 1966, à 45 ans. |
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Mimoun porté en triomphe à Orly a son retour de Melbourne en 1956 -
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Emil Zatopek Marathon Olympique 1952 -
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Emil Zatopek
Emil Zatopek, surnommé "la locomotive humaine" est né en 1922 à Koprivnice en Moravie. Il découvre la course à pied, malgré lui, lors d'un cross auquel on l'avait obligé à participer. Il met au point sa propre technique d'entraînement, basée sur la multiplication des exercices : sprints et longue distance, enchaînant les distances et les efforts, on raconte qu' il lui arrivait de courir dans la neige profonde, avec des bottes de l'armée. "Ma course était très simple. Je ne me souciai pas de mon style, de mon apparence, il y avait des records à battre." disait-il.
En 1947, il est champion du monde universitaire. En 1948 il remporte la médaille d'or olympique sur 10 000 mètres devant Alain Mimoun, avant de s'incliner pour deux dixièmes de seconde seulement sur 5 000 mètres. En 1951, il devient le premier à courir plus de vingt kilomètres dans l'heure, malgré un style très personnel qui faisait dire, à l'époque, qu'il courait avec un scorpion dans chaque chaussure. Larry Snider, l'entraîneur de Jesse Owens, dit de Zatopek "il fait tout faux mais il gagne !"
En 1952 aux Jeux d'Helsinki, il réalise un exploit que personne n'a encore égalé : il remporte le 10 000 m, le 5. 000 m, et le marathon. A ces mêmes jeux , son épouse, Dana, remporte l'or au javelot. Il met fin àsa carrière sportive en 1956 aprè le marathon des JO de Melbourne, après quatre médailles d'or olympiques, une médaille d'argent et dix-huit records du monde.
En 1968 il proteste contre l'intervention soviétique en Tchecoslovaquie, il est exclu de l'armée et du parti communiste, il est envoyé dans les mines d'uranium de Jachymov, il sera réhabilité en 1975. Il est mort le 21 novembre 2000, à Prague. |
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Les jeux de 1956
Melbourne obtint d'accueillir les Jeux Olympiques de 1956 par une voix de majorité à Buenos-Aires. Les jeux Olympiques d’été de 1956 ont été organisés du 22 novembre au 8 décembre 1956; Ce sont les premiers jeux dans l'hémisphere sud, ce sont aussi les premiers ayant occasionné le boycottage par certains pays. Ils sont boycottés par l’Egypte, le Liban et l’Irak en raison de l’ intervention franco-britannique sur le canal de Suez, et par l’Espagne, la Suisse et les Pays-bas en signe de protestation contre l'intervention soviétique en Hongrie, la République populaire de Chine n'est pas la non plus pour cause de présence de Taïwan.
Le président du CIO l'Américain Avery Brundage, declarera. "Chaque personne civilisée recule d'horreur devant le sauvage massacre de la Hongrie, déclare-t-il. Mais cela n'est pas une raison pour détruire l'idéal de la coopération internationale et de bonne volonté qui est le sceau du mouvement olympique. Les jeux Olympiques sont des compétitions entre individus, non entre nations".
Autre particularité de ces jeux : la loi de quarantaine australienne sur l'entrée de chevaux étrangers, obligea à organiser les épreuves équestres avant, en juin, à Stockholm.
Soixante-sept pays sont présents à Melbourne. Ces Jeux voient la domination de l’URSS et des États-Unis (98 médailles pour l'URSS, 78 pour les USA). |
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