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| Louison Bobet dans l'Izoard - Tour de France 1953
Pour approfondir le sujet
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>> Fausto Coppi Dominique Jameux (lien Alapage)
Article en rapport
>> La caravane du Tour de France des années 50
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" Chaque course cycliste est avant tout une aventure " Louison Bobet C'est le tour du cinquantenaire : une reconstitution du Tour de 1903 a eu lieu devant Maurice Garin, le vainqueur de l'époque. Une plaque commémorative est posée au café "le Réveil Matin" de Montgeron, mythique lieu de départ du premier Tour.
Le Tour 1952 ayant été critiqué pour sa difficulté, le parcours de cette année 1953 mis au point par Jacques Goddet et Félix Lévitan se veut plus facile avec notamment des étapes de montagne plus courtes.
Fausto Coppi qui a remporté la Grande Boucle 1952. n'est cependant pas au départ de ce Tour de France 1953. Le Campionissimo avait posé ses conditions pour participer : pas de de Bartali, son vieux rival, dans l'équipe et liberté totale du choix de ses équipiers. Les responsables italiens ont reculés devant ses exigences, tout d'abord parce qu'ils craignaient les réactions des supporters italiens devant l'éviction de « Gino le Pieux », toujours très populaire, mais aussi parce que Coppi se trouve en Italie au cœur d'un scandale. Il file le parfait amour « extra-conjugale » avec celle qu'on surnomme « La Dame blanche », Giulia Occhini. Pour le campionissimo , elle abandonne mari et fils, Coppi lui quitte Bruna et sa petite fille. Ils auront ensemble un fils. En Italie, à l'époque, le divorce était interdit, excommunication et prison menacent Coppi. Rien ne leur sera pardonné : passeports supprimés, un passage de cinq jours en prison pour Giulia Occhini qui devra accoucher en Argentine. On verra le pape refuser de bénir le peloton du Tour d'Italie, qui passe sous ses fenêtres à Castel Gandolfo, le démon Coppi en faisant partie. Circonstances aggravantes pour l'Italie dévote les deux amants s'affichent sans honte, on les verra notamment ensemble assister en spectateurs à ce Tour de France 1953 au col de l'Izoard.
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Le "Réveil Matin" départ du Tour 1903
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Fausto Coppi et "la Dame blanche" Giulia Occhini
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La rivalité Fausto Coppi - Gino Bartali divise l'Italie de l'après guerre en deux, faisant de chacun d'eux, à leur corps défendant, le porte drapeau d'un camp : Bartali, « Gino le pieux » de la Démocratie chrétienne, et Coppi de la gauche.
Quoiqu'il en soit c'est donc , à 39 ans, le « vieux » Bartali qui défendra les couleurs l'Italie dans la Grande Boucle de 1953. Le favori de ce Tour c'est le suisse Hugo Koblet, surnommé "le Pédaleur de charme". Nulle fatigue n'était assez forte pour l’empêcher de soigner sa présentation, et il ne négligeait jamais le coup de peigne un peu avant l'arrivée pour faire bonne figure sur la photo. En 1951, il bat Fausto Coppi dans le Grand Prix des Nations, et gagne le Tour de France (avec cinq victoires d'étapes) et cette année 1953 il a fini deuxième du Giro derrière Coppi. Roland Barthes écrit que Koblet "peut tout se permettre, même de ne pas calculer ses efforts".
Louison Bobet lui n’a pas connu une grande année, et il n'a pas obtenu d'être le leader de l'équipe de France. Les autres membres de cette équipe : Geminiani, Lauredi, Dotto et Teisseire estimant, eux aussi, avoir une carte personnelle à jouer, l'équipe nationale part donc minée par des rivalités personnelles.
Jean Robic, dit Biquet, Tête-de-cuir ou encore Trompe-la-mort, jugé trop individualiste n'a pas été retenu dans l'équipe de France. Il avait pourtant remporté le Tour de France en 1947 (sans avoir jamais porté le maillot jaune). Le coureur breton courra donc dans une équipe régionale l’équipe de l’Ouest, avec une revanche à prendre contre l'équipe de France. Dès le départ c'est la guerre ouverte entre les coureurs de l’Ouest (Robic, François Mahé, Jean Malléjac, Emile Guérinel) et ceux de l’équipe de France : Louison Bobet, Raphaël Géminiani, Raoul Rémy, Jean Dotto, Bernard Gauthier...
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Gino Bartali - Jean Malléjac |
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Louison Bobet et Raphael Geminiani - Roger Hassenforder |
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Au départ c'est l’Alsacien Roger Hassenforder, coureur facétieux, populaire pour ses extravagances (Pierre Chany disait de lui qu'il se situait quelque part entre Louison Bobet et Fernand Raynaud), de l’équipe régionale du Nord-Est, qui prend les choses en main. Il portera le maillot jaune pendant quatre étapes jusqu’à Pau, terme de la 9ème étape.
Koblet dans la 10eme étape des Pyrénées Pau – Cauterets, pense lui, que son heure est venue. Il démarre au pied de l’Aubisque et prend plus de 2 minutes à, ses adversaires. Mais il connait une terrible défaillance à 500m du sommet du Soulor et dans la descente, il manque un virage, chute et se fracture 3 côtes. C'est l'abandon.
Robic, prend le maillot jaune lors de la 11eme étape à Luchon et cumule maillot jaune et le tout nouveau maillot vert. Le lendemain entre Luchon et Albi c'est un autre régional, Mahé, qui prend le maillot jaune et laisse les coureurs de l’équipe nationale, en proie à ses rivalités internes, à plus de dix minutes. Celle ci, humiliée va réagir lors de la 13eme étape Albi-Béziers, après une attaque précoce et 189 km d'échappée Lauredi, Géminiani, Bobet triomphent à Albi. Robic a lui été victime d’une chute dans le col de Fauredon, pour lui le Tour est perdu. Mais le maillot jaune reste sur les épaules d'un coureur de l'équipe de l'Ouest Jean Malléjac.
Au terme d'une explication orageuse, les Tricolores décident d'en finir avec la rivalité qui mine l'équipe. L'’union sacrée se fait autour de Bobet qui abandonnent en échange toutes ses primes à ses coéquipiers.
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Hugo Koblet dans l'ascencion du Soulor et après sa chute dans la descente |
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Robic après sa chute dans le col du Fauredon et lors de son arrivée à Beziers |
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Bobet va reconquérir le maillot jaune dans la 18eme étape Gap – Briançon., dans les cols de Vars et d’Izoard,. Il gagne le contre-la-montre quelques jours plus tard entre Lyon et Saint-Etienne.
A 28 ans Louison Bobet remporte son premier Tour de France devant Mallejac, Astrua, Close, Wagtmans et Schaer.
"Un tour extraordinaire, mené tambour battant, au point que les76 coureurs qui terminent, de Bobet, maillot jaune, à Rouer, lanterne rouge, ont battu, fait sans précédents, la meilleure moyenne enregistrée depuis 50ans, celle de Gino Bartali, en 1948. Le Tour du Cinquantenaire a largement dépassé ses promesses" Pierre About "l'Equipe" 1953. Un tour qui aura vu aussi la révélation d'André Darriguade et la première participation de Charly Gaul.
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Louison Bobet vainqueur du Tour 1953 et Roger Hassenforder - Parisienne de photographie
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Timbre du cinquantenaire - Clic pour
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Album à colorier 1953 - Clic pour
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Carte postale 1953 - Clic pour
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Etape Lille Dieppe 1953 cote de Doullens - Clic pour
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"Groupies " d'Hugo Koblet lors du Tour 1951 - Clic pour
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Le Tour de France
vu par Roland Barthes
Le Tour pratique communément une énergétique des esprits. La force dont le coureur dispose pour affronter la Terre-Homme peut prendre deux aspects : la forme, état plus qu'élan, équilibre privilégié entre la qualité des muscles, l'acuité de l'intelligence et la volonté du caractère, et le jump, véritable influx électrique qui saisit par à-coups certains coureurs aimés des dieux et leur fait alors accomplir des prouesses surhumaines. Le jump implique un ordre surnaturel dans lequel l'homme réussit pour autant qu'un dieu l'aide : c'est le jump que la maman de Brankart est allée demander pour son fils à la Sainte Vierge, dans la cathédrale de Chartres, et Charly Gaul, bénéficiaire prestigieux de la grâce, est précisément le spécialiste du jump ; il reçoit son électricité d'un commerce intermittent avec les dieux ; parfois les dieux l'habitent et il émerveille ; parfois les dieux l'abandonnent, le jump est tari. Charly ne peut plus rien de bon.
Il y a une affreuse parodie du jump, c'est le dopage : doper le coureur est aussi criminel, aussi sacrilège que de vouloir imiter Dieu ; c'est voler à Dieu le privilège de l'étincelle. Dieu d'ailleurs sait alors se venger : le pauvre Malléjac le sait, qu'un doping provocant a conduit aux portes de la folie (punition des voleurs de feu). Bobet, au contraire, froid, rationnel, ne connaît guère le jump : c'est un esprit fort qui fait lui-même sa besogne ; spécialiste de la forme, Bobet est un héros tout humain, qui ne doit rien à la surnature et tire ses victoires de qualités purement terrestres, majorées grâce à la sanction humaniste par excellence : la volonté. Gaul incarne l'Arbitraire, le Divin, le Merveilleux, l'Élection, la complicité avec les dieux ; Bobet incarne le Juste, l'Humain, Bobet nie les dieux, Bobet illustre une morale de l'homme seul. Gaul est un archange, Bobet est prométhéen, c'est un Sisyphe qui réussirait à faire basculer la pierre sur ces mêmes dieux qui l'ont condamné à n'être magnifiquement qu'un homme.
Roland Barthes
"Le Tour de France comme épopée" in Mythologies
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Louison Bobet
Louison Bobet, (1925- 1983) démarre sa vie active en effectuant des livraisons à vélo pour la boulangerie familiale. Il a son premier vélo de course avec dérailleur à douze ans pour son certificat d’études. Après une victoire surprise au Championnat de France sur route des amateurs, en 1946, il devient professionnel en 1947 et participe à son premier tour de France en 1948. Il finit quatrième de ce Tour gagné par Gino Bartali. Maillot jaune à plusieurs reprises il est déja considéré comme le grand espoir du cyclisme français.
Il faudra cependant attendre le Tour de 1953 pour le voir accéder à la plus haute marche du podium. Il gagnera aussi les Tours de 1954 et 1955, réalisant ainsi le premier triplé consécutif de l'histoire du Tour. Outre ses succès dans le Tour son palmares compte des victoires au Championnat de France, au Championnat du monde en 1954, au Grand Prix des nations et enfin dans Bordeaux-Paris,au Milan-San Remo, au Tour de Lombardie, au Tour des Flandres et dans Paris-Roubaix (1956).
En 1958 à trente trois ans il participe au tour gagné par Charly Gaul, lors de sa derniére participation en 1959 il abandonnera dans l'étape du Lautaret à Aoste. Il arrête sa carrière professionnelle le 10 août 1962. Il se reconvertit en créant le premier établissement de thalassothérapie à Quiberon suivi d’un second à Biarritz. Son frère Jean écrira de lui " Louison était un petit garçon qui n’en finissait pas de poursuivre son rêve. ". Il a laissé le souvenir d'un champion généreux, très professionnel et méticuleux. |
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