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Georges de Caunes dans "Tahiti ou la joie de vivre" de Bernard Borderie 1956
Pour approfondir le sujet
>> Archives vudeo INA sur Georges de Caunes
>> "Imarra" Aventures Groenlandaises Georges de Caunes (lien Alapage)
>> Georges de Caunes l'aventurier Biographie de V. Rousset (lien Alapage)
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"Je cours après tout ce qui vit. J'espère courir jusqu'à la fin de ma vie" Georges de Caunes (1919 - 2004) se lance, à la libération, dans le journalisme à la radio, il débute sa carrière comme correspondant de la radio "la voix de l’Amérique". En 1948, il convainc Paul-Émile Victor de l’emmener avec lui dans ses expéditions polaires en tant qu’envoyé spécial de la Radiodiffusion. Les voyages aux pôles ne sont pas pour lui une découverte totale : "pour ma génération le Commandant Charcot était essentiel, à l’égal de Mermoz et de Saint-Exupéry. Je regrette souvent que l’on garde de ce gentlemen polaire l’image d’un vieillard à barbiche un peu sérieux alors qu’il était un gaillard drôle et volontiers provocateur". Aux côtés de ses compagnons, Samivel, Michel Pérez, Jean Malaurie et autres scientifiques ou aventuriers,il "découvre un pays plus secret que le Tibet ". Il enregistre des chants traditionnels esquimaux, s'intéresse aux enjeux géostratégiques du grand Nord. "J'ai quitté l'expédition pour partir en solitaire le long de la côte Ouest. Avec des esquimaux, je suis descendu jusqu'au sud car il y a un port qui s'appelle Gotobe, port qui a changé de nom maintenant. C'était le port où accostait les bateaux Danois de temps en temps. Sinon pour rentrer en France, j'ai voyagé tout seul au Groenland sur des petits bateaux esquimaux et ensuite j'ai pris un grand bateau danois qui m'a conduit à Copenhague"
En juillet 1948 à Copenhague il rencontre Louis-Ferdinand Céline "A l’époque, dit-il, ça m’aurait fait une bonne exclusivité. Mais je ne l’ai pas du tout exploité. Pourtant, j’avais besoin d’argent. C’est mon tempérament : je ne tire pas sur les ambulances. Céline éructait. Tout était négatif et il n’y avait aucune révélation. Ce type-là est un génie, mais il était dans une sale situation... En fait d’interview, j’en suis réduit à écouter un long et véhément monologue où l’écrivain, à ma première allusion au Voyage au bout de la nuit, se répand en invectives sur le compte de Gallimard : "Le Voyage au bout de la nuit est tombé dans le bidet de mon éditeur ! Aragon et Elsa ont traduit le Voyage en 36 sur demande des Soviets, et cela leur a bien profité. (...) Mon éditeur est une putain qui trait mes livres comme des vaches !" Céline attendait la visite imminente d’un professeur américain de littérature comparée, universitaire d’origine juive. L’homme qui rêvait d’une grande rencontre intellectuelle devait repartir de Copenhague déboussolé et meurtri. "C’est une vipère, conclut-il dans son journal personnel. Il est plus que maboul comme le conjecturait Gide. Une seule chose l’intéresse : l’argent !" Nous avions bien rencontré le même homme, instable, éructant, grand écrivain sans aucun doute, mais avec qui il semblait provisoirement impossible de trouver un langage commun. "Georges de Caunes. "Imarra" Il est temps de rentrer à Paris où l’attend sa femme, Benoîte Groult, qui vient de mettre au monde leur deuxième enfant.
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Paul Emile Victor - Malaurie
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Pierre Sabbagh - Leon Zitrone
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En 1949, à la Télévision il participe à la fondation du journal télévisé avec Pierre Sabbagh, Pierre Tchernia, Claude Darget, Jacques Sallebert. De Caunes terminait alors son son JT par : "Messieurs les directeurs, Monsieur le téléspectateur bonsoir", pour souligner la très faible audience de l'époque.
Dès l'été 1949, il participe à nouveau à une mission à haut risque : parachuter, par -35° au dessus de la calotte glaciaire, des tonnes de matériel aux hivernants des Expéditions polaires."Les français avaient acheté deux libérators, c'était des avions qui avait fait la guerre avec les alliés. Donc il avait deux avions et un de ces avions avait été envoyé à Téslavic c'est à dire le terrain d'aviation de Reykjavic en Islande. Nous étions basés là et nous avons fait 13 vols de parachutages sur le Groenland. Au début, il était prévu qu'on essayerait de parachuter des hommes. Mais, le Groenland qui nous concerne est à plus de 3000 mètres d'altitude, c'est la grande plaine du Groenland l'Isquap. Donc, on a pas fait de parachutages d'hommes mais on a fait du parachutages de matériel"
En 1951, il traverse le Groenland d'Ouest en Est à la latitude moyenne de 70° nord et réalise un documentaire en 16mm "Groenland 51".
En aout 1952 une dépèche de presse signalant une ruée vers l'or en Amazonie attire son attention. Il se met en congé de la télévision et part avec un ami pour le nord du Brésil, dans la ville de Macap. Avec un appareil photo noir et blanc pour la presse quotidienne, un appareil photo couleur pour Paris Match et un appareil d'enregistrement de son pour la radio Il cherche d'abord le moyen de rencontrer les chercheurs d'or, puis une dépêche d'agence lui apprenant qu' Edgar Maufrais (qui recherche avec obstination, son fils disparu en Amazonie) est dans la région, il va le rejoindre pour l'aider
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Tahiti ou la joie de vivre" de Bernard Borderie 1956
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Georges de Caunes et Eder - Arrivée sur l’île de Eiao, à l’avant de la baleinière, Robert Herzog,debout au milieu, Georges de Caunes 1962
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En 1956 il découvre la Polynésie, où il tourne avec Bernard Borderie "Tahiti ou la joie de vivre" un film qui a été projeté à Cannes ensuite (en 1957). Il y tient le rôle principal, celui... d'un journaliste décidé à prouver que l'on peut trouver le paradis terrestre à Tahiti.
En septembre 1962, laissant en France sa seconde épouse, la speakerine Jacqueline Joubert il part pour l'îlot d'Eiao, dans le Pacifique, en compagnie de son chien Eder, d’un chat et d’un rossignol, relié avec la civilisation par radio, mais seulement pour émettre. Son matériel n’est pas agencé pour recevoir. Il peut se faire entendre mais, volontairement, ne veut plus rien entendre des autres. Seul, en complet isolement il entend vivre en vrai l’aventure de Robinson Crusoë Il relate chaque jour ses impressions à la radio. "L’Ile d’Eiao, à quelques degrés de l’Equateur, au Nord de l’archipel des Marquises se présente sous un aspect particulièrement rébarbatif. On n’en voit d’abord que des murailles noires culminant à 400 mètres apparemment inaccessibles. Contre cette forteresse vient se briser la houle du Pacifique. Le mythe de Robinson Crusoë tourne autour de l’installation du héros dans un séjour enchanteur. Si l’on avait pu planter des arbres à Eiao, ils se seraient transformés en piquets.(...) Eiao est déserte parce qu’inhumaine. Désireux de sortir du troupeau des humains, je me retrouvais donc mouton parmi les moutons, à la recherche de ma pâture, susceptible de retomber dans le lot commun de ceux qui attendent de la mort leur délivrance (...) Ainsi dans la solitude de l’île, à la sueur de mon front, je gagnais ma vie et la possibilité d’en réapprendre l’essentiel. Le goût des choses simples, celui de l’ombre et celui de l’eau." Illui faut supporter soleil et chaleur en l’absence de végétation ombragée, le harcèlement des moustiques et des “nonos”, qui s’incrustent dans la peau. Au bout de quatre mois le docteur Dugency, débarqué pour contrôler son état de santé décide de le faire évacuer (avec Eder le chien, Patisson le chat et le rossignol) à Nuku-Hiva pour recevoir les premiers soins. Il sera resté 4 mois soit 122 jours à Eiao. "j'y suis resté pendant 4 mois en faisant tous les jours une chronique pour la radio. Voilà ! J'ai parlé de ma solitude. La solitude ce n'est pas drôle à part quand on aime être tout seul dans les villes mais être seul dans un désert surchauffé dans ces conditions là c'est difficile en plus le poisson n'était pas comestible… Disons que j'ai eu une expérience !"
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Côte sud d'Eiao -photo Stéphane Jourdan DR
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Il revient à la télévision et présente à partir de 1963 le journal télévisé de l’ORTF où il se permettra quelques impertinences en pleine période de contrôle de l'information par Matignon "à la télévision comme en patinage artistique, il y a des figures imposées". Puis ose une transition après un reportage sur De Gaulle : “ Et maintenant, passons du Général au particulier ”. Georges de Caunes raillera également Léon Zitrone en le surnommant “ Gros Léon ”.
Il fut exclu du JT en 1966 en raison de ses activités publicitaires. Avec son départ de l’ORTF avec fracas, la presse le surnomme alors " l’éternel partant ". Gaulliste, l’homme qui présentait le JT avec sa chienne Eder à se pieds, se définissait aussi comme " contestataire, révolté et rebelle ".
Il devient ensuite animateur à Radio-Luxembourg (1967-69), puis à Radio Monte-Carlo (1974-78). Parallèlement, il est chef du service des sports de TF1 de 1975 à 1979 où il commente les matches de rugby du Tournoi des Cinq nations. En 1979, il interprète au théâtre "Comédie pour un meurtre", vingt ans après "Le Fils d'Achille".
En juin 1988 et juillet 1990, il se lance dans une nouvelle expérience : installé quinze jours dans une cage au zoo de la Palmyre, près de Royan, pour y "observer les humains avec les yeux des animaux". Il est décédé à La Rochelle à l’âge de 85 ans, en 2004.
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Georges de Caunes au zoo de Palmyre vient reconnaître "sa cage"
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Pierre Sabbagh à la régie du JT 1951 - Clic pour zoomer |
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Les débuts
de l'information télévisée
Le premier journal télévisé français est présenté par Pierre Sabbagh en juin 1949, depuis les studios parisiens de l'unique chaîne de l'époque, sis rue Cognacq-Jay. Il avait été préparé par 11 jounalistes et a duré 15 minutes. Pour l’occasion, Sabbagh s’envolera en ballon dirigeable devant les caméras.
Le démarrage officiel du JT a lieu le 2 octobre 1949, dans une relative indifférence. Sa confection reste très "artisanale". " Le journal télévisé durait un quart d’heure et était entièrement tourné en région parisienne. Des vidéos chichement réalisées. Et, hors champ, une personne au commentaire : Les gens n’ont découvert nos visages qu’à l’occasion du premier anniversaire du journal, à l’automne 1950. Pierre Sabbagh a alors présenté sa petite équipe : De Caunes, Debouzy, Croustelle… on est tous passés les uns après les autres ", raconte Pierre Tchernia, qui se rappelle aussi les "petits jeux" de l’équipe de Sabbagh : " Par exemple, glisser "c’est une belle réalisation française" dans notre texte. Ou encore "la Parisienne sera toujours la Parisienne"…
En 1958, Le JT prend une dimension plus politique avec le retour au pouvoir du général De Gaulle et l'arrivée d'Alain Peyrefitte au ministère de l'Information qui multiplie les consignes et les interventions.
En janvier 1959 Pierre Lazareff , Pierre Dumayet, Pierre Desgraupes et Igor Barrère lancent un magazine mensuel d'actualité "5 Colonnes à la Une"
En 1969 sous l'impulsion de Jacques Chaban-Delmas, alors premier ministre, les journaux des deux chaînes de télévision sont mis en concurrence. Sla première chaîne où la direction du journal est confiée à Pierre Desgraupes, le ton apparaît plus libre. Mais l' " expérience Desgraupes " est interrompue dès 1972.
Jusqu'en 1981 les journalistes ne cessent de dénoncer la mainmise du pouvoir politique à Paris et dans les régions.Après 1981, les rédaction conquièrent progressivement leur indépendance face au pouvoir politique.
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L'île d'Eiao
Eiao est la plus grande île du groupe (avec Hatutu et l'atoll de Motu One) le plus septentrional des Îles Marquises . Elle est situé aux coordonnées 8° S, 140.42° W. C'est aussi la plus grande île inhabitée de l'archipel. Elle n'est séparée de sa voisine Hatutu que par un chenal de 3 km, mais se trouve à 100 km de Nuku Hiva, la plus proche île habitée, dont elle dépend administrativement. Elle a la forme d'un croissant long de 13 km et large de 3,5. Le centre d'Eiao est un plateau élevé, à l'altitude comprise entre 300m et 500m, incliné vers le nord-ouest et bordé au sud par de hautes falaises côtières. Du fait de son isolement, Eiao a développé un certain nombre d'espèces animales et végétales endémiques. L'introduction de chèvres au XIXe siècle a malheureusement contribué à l'appauvrissement de la végétation de l'île, accroissant le phénomène d'érosion du sol.
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L'érosion de l'île - photo Stephane Jourdan - Clic pour zoomer |
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C'est dans la vallée de Vaitahuau nord-ouest de l'ile d'Eiao que séjourna de Caunes. Elle
contient la seule rivière de l'ile. Cette baie est l'un des deux seuls
points de mouillage d'Eiao.La vallée de Vaitahu concentre la majeure
partie de la faune et de la flore d'Eiao, avec de nombreux cochons
sauvages.
A consulter sur la Polynésie :
>> les articles de Stephane et Athena Jourdan
>> les photos des Marquises de Stephane Jourdan
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