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1953, la télévision crée l'événement historique en direct.
Radio,télévision des années 50
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Couronnement d'Elizabeth II

Pour approfondir le sujet

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"Ça y est, les hommes politiques ont découvert la télévision. Ils ne vont plus nous lâcher." Pierre Sabbagh

La télévision à ses débuts, dans les années 1950, existait plus comme procédé technique de communication que comme pratique sociale, réservée qu’elle était à une petite minorité de privilégiés capables d’acheter un récepteur. Les journalistes qui participaient à l’équipe du journal télévisé, créé par Pierre Sabbagh en juin 1949, avaient le sentiment de se trouver sur un média pauvre en comparant leur situation à celle des hommes de radio.

En 1952 la RTF et la BBC décident de réaliser différentes émissions en direct de Paris et à destination des télespectateurs Britanniques, afin de leur faire découvrir la France. Cette semaine spéciale s'est déroulée du 9 au 14 juillet 1952. Les difficultés étaient grandes la télévision Anglaise émettait en 405 lignes alors qu'en France la télévision était à l'époque faite à la fois en 819 lignes at en 441 lignes. De plus, le signal devait être transmis depuis Paris jusqu'en Grande Bretagne car la totalité des émissions était en direct, aucun magnétoscope n'existait encore alors. Grâce au « convertisseur de standard » (une caméra 441 lignes reprenant l'image d'un moniteur 819 lignes à tube cathodique spécifique), les mêmes programmes peuvent désormais être vus simultanément par tous les téléspectateurs français et les téléspectateurs anglais.
 

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Cameraman et commetateur à l'Abbaye de westminster
 
Cette expérience va surtout permettre la retransmission en direct de l’Abbaye de Westminster du couronnement de la souveraine britannique Elisabeth II, véritable déclencheur de l’engouement des Français pour la télévision. Ce 2 juin 1953, tout Paris est devant les quelques écrans privés ou publics ou devant les vitrines des marchands de postes de télévision pour voir ici ce qui se passe au même moment à Londres

Le 6 février 1952, le Royaume-Uni pleurait son roi, George VI, décédé après 16 ans de règne.
C’est sa fille, Elizabeth, âgée de 26 ans qui, selon la loi dynastique, va lui succéder. Deuxième du nom, Elizabeth est couronnée reine de Grande-Bretagne et d’Irlande à Westminster, le 2 juin 1953. Le couronnement déclenche la liesse populaire dans tout le pays. La joie de voir une nouvelle reine de 25 ans annonce un renouveau pour la nation.Cinq télévisions européennes vont retransmettre simultanément et en direct l’événement l'Angleterre, la France, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne.Il s’agissait de la première grande retransmission effectuée par l’Union européenne des radiodiffuseurs (UER), plus connue sous le nom d’Eurovision. A cette occasion furent aussi installées les premières caméras de surveillance au Royaume Uni.
 

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"Street party" pour le couronnement d'Elizabeth II
 
Le gouvernement et l'archevêque de Canterbury étaientt hostiles à la retransmission télévisée de la cérémonie. Pour Elisabeth, rien ne doit entraver le droit de son peuple à être témoin du sacre, en direct. Cette affirmation d'autorité donnera une formidable impulsion à la télévision qui l'accompagnera désormais, pour le meilleur et pour le pire, tout au long de son règne (pour la première fois, à l’occasion du couronnement d’Elizabeth II, l’audience de la télévision dépasse au Royaume-Uni celle de la radio).

C’est une première, car la télévision n’en est encore qu’à ses balbutiements, en particulier en France où l’on compte seulement 50 000 récepteurs.
Léon Zitrone, a été choisi pour commenter la cérémonie. C'est un triomphe car la télévision vient de montrer son aptitude à saisir en direct de grands moments susceptibles de passionner un large public. "La télévision, grâce au couronnement, a fait la conquête du grand public", lira-t-on dans Le Figaro du lendemain.
 

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En 1953 seuls quelques privilégiés ont un poste de télévision, les autres la regardent dans les vitrines
 
Dans la foulée du couronnement, l’appétit télévisuel se développe en France, aiguisé par la retransmission d’événements aussi différents que le tournoi de rugby des Cinq Nations, ou l’élection, à Versailles, en décembre 1953, du Président de la République, René Coty, qui marque l’entrée des caméras dans une enceinte parlementaire. Un événement, malgré la faiblesse du parc télévisuel qui ne compte encore que 70 000 récepteurs. La réalisation est assurée par Pierre Sabbagh. Trois journalistes commentent ce moment clé de la vie publique : Claude Darget interviewe les délégués, Claude Perrot traque les bruits de couloir, tandis que Roger Debouzy se prête à l’exercice de l’analyse politique. Les Français suivent au plus près, heure par heure, le déroulement d’une élection pleine d’aléas. François Mitterrand écrira dans L’Express du 2 janvier 1954 : "Beaucoup plus que les parlementaires, le téléspectateur participa aux diverses phases du Congrès. Il était partout à la fois, et ne manqua aucune scène [...]. On imagine les conséquences qu’aura sur notre vie publique le démontage permanent du mécanisme parlementaire lorsque les citoyens pourront, à tout moment, examiner et vérifier la façon d’être de leurs élus."

Rainier Grimaldi avait compris lui aussi la leçon. En décidant d’épouser sa fiancée devant les caméras du monde entier, il fit un coup de maître et il sacra l’ère des clichés. L’Eurovision du mariage du 18 mai 1956 attira plus de spectateurs que la retransmission en direct des cérémonies du couronnement de Sa Majesté Elizabeth II et plus du double de journalistes déferla sur le Rocher. L’héritier d’une dynastie plusieurs fois séculaire avait pressenti les formidables pouvoirs de l’image télévisée.
 

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Mariage de Rainier Grimaldi et Grace Kelly 1956
1952 Catherine Langeais souhaite le bienvenue aux télespectateurs Britanniques - Clic pour zoomer
 
1952 Andre Claveau chante sous l'oeil de line Renaud Pour les téléspectateurs de la BBC - Clic pour zoomer
 
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Léon Zitrone

Léon Zitrone ( 1914-1995) est âgé de six ans quand sa famille, fuyant le stalinisme, arrive en France. Il apprend rapidement le français et fait des études de droit et de chimie. Maîtrisant le russe, le français, l’anglais et l’allemand, il rejoint en 1948 la direction des émissions vers l’étranger de la Radiodiffusion française. En 1959, il prend l'antenne d'une télévision naissante ; le succès est immédiat. Il présente le journal télévisé de TF1 de 1961 à 1975, il entre à Antenne 2 en tant que reporter puis reprend le "20 heures" jusqu'en 1981. Léon Zitrone a marqué plusieurs générations de téléspectateurs grâce à son énergie communicative, sa langue fleurie, et son incroyable polyvalence. Car s'il était un journaliste reconnu, il faisait aussi preuve d'un humour ravageur, notamment à RTL aux 'Grosses têtes', ou aux côtés de Guy Lux et Simone Garnier dans les jeux 'Intervilles'.

Conscience professionnelle aiguisée, culture générale sans bornes, il brille par son perfectionnisme. Mais la soif du travail bien fait laisse parfois exploser son caractère bien trempé. Obséquieux avec les grands de ce monde, plutôt méprisant avec les autres. Léon Zitrone sait tout faire. Il commente six fois le tour de France cycliste. Il assure aussi la présentation de huit Jeux Olympiques, des concours de l’Eurovision de la Chanson et de seize défilés du 14 juillet. Il excelle dans le commentaire de courses hippiques. le 25 novembre 1995, une hémorragie cérébrale l’emporte.




 
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En 1987 "Prick Up Your Ears" de Stephen Frears fait scandale à sa sortie au Royaume-Uni. Evocation de la vie du célèbre auteur dramatique anglais Joe Orton, assassiné le 9 août 1967 par son ami et amant Kenneth Halliwell, qui à son tour se donna la mort en avalant une forte dose de barbituriques. Le prince Charles et Lady Di ont refusé d'assister à la première. En effet, les deux personnages principaux font l'amour pour la première fois pendant la retransmission du couronnement d'Elisabeth II à la télévision. D'où ce dialogue savoureux : "C'était la première fois ? - Oui... pour la télé..."