 |
|
Les Six Jours de Paris au Vel d'hiv - Parisienne de Photographie
Pour approfondir le sujet
>> Archives video Ina sur le Vel d'Hiv
>> J'balance pas, j'raconte d'André Pousse (lien Alapage)
|
| |
| |
"La piste, le kilomètre lancé, le Tour… bref, le cyclisme, c’est toujours dur. Entre nous, six cents kilomètres en vingt-quatre heures, c’est pas dans la fouille, hein ?" André Pousse. "L’ambiance des 6 jours au Vel d’Hiv, c’était quelque chose. Du folklore populaire à l’état pur, surtout le samedi soir. Sous la lumière des lampes à arc, les sprints, les chasses se succédaient au son de l’accordéon qui sortait des hauts parleurs, tandis que la foule hurlait dans les tribunes pleines à craquer. Près de 20 000 personnes venaient avec des saucissons, des camemberts et du gros rouge…Des couples emmenaient même les mômes et leurs pots de chambre.(…)
En plus des coureurs qui tournaient sans relâche sur la piste aux virage tellement relevés qu’on les avait surnommés "les Falaises", il y avait un second spectacle qui changeait tous les jours, ça se passait dans les loges de pelouse, au milieu de la piste, où était installé un restaurant de luxe. Le Tout-Paris venait y souper en smoking et en robe du soir. On pouvait aussi y voir les artistes à la mode,(…) et c’est là qu’avait lieu l’élection de Miss 6 jours." André Pousse
|
| |
|
André Pousse aux Six jours de Paris 1949 - André Darriguade et Annie Cordy aux Six Jours 1958
Parisienne de Photographie |
|
Iréne Hilda Miss Six Jours 1951 - Jacques Anquetil avec Serge Lifar, Ludmilla Tchérina 1957
Parisienne de Photographie
|
| |
|
Les Six jours de Paris ont été organisé jusqu'en en 1958 au Vélodrome d'hiver de Paris. Créés en 1913 à l'exemple d'une course américaine équivalente. Six jours et six nuits de suite par équipes de 2 coureurs se relayant à volonté. "Les Six jours ! C’était six cents bornes par vingt-quatre heures. On faisait le Tour de France en une semaine. Et fallait voir le règlement : interdiction de sortir du Vél’ d’Hiv’, et tout le tralala. On dormait sur place. Deux heures et demie par jour. On nous réveillait un quart d’heure avant de monter sur le vélo." André Pousse
En 1926 commença l'élection de la Reine des 6 jours, chargée de donner le départ de la course ; les Reines étaient choisies dans le milieu des artistes populaires à la mode : Édith Piaf, Annie Cordy, Yvette Horner furent ainsi Reines des 6 jours. L'animation se répandait alors de jour comme de nuit jusque dans les rues du quartier. Un nombre de personnes incalculables désiraient suivre la course et se pressaient sur les abords du stade afin de participer à l'événement même de loin. L'accordéon de Frédo Gardoni et son orchestre firent les beaux soirs du Vél’ d’hiv.
|
| |
|
Six Jours au Vel d'Hiv années 50 - Parisienne de Photographie |
| |
|
Des ouvriers encore en bleu de travail, des familles entières avec des paniers pour le pique - nique dans les gradins et des élégantes en robe du soir au bras de messieurs en smoking. Bref, le tout Grenelle et le tout Paris réunis dans une même passion frénétique du Vélodrome d'Hiver.
"Je me souviens parfaitement du speaker, Georges Berretrot qui parlait lentement : " Al-lo, Al-lo, sur les vingt prochains kilomètres, une prime de 20.000 francs est offerte par les papiers à cigarettes OCB. Vous aimez vous les rouler, alors choisissez…" Et la foule reprenait :"O-C-B !" Le vendredi soir, c’était soirée de gala. Tout le beau monde s’habillait. Dans les loges, on buvait le champagne. Dans les étagères, là où était le populo, on rigolait ferme. Des fois, on entendait des mecs qui disaient aux dames : "Et ton chapeau, c’est ta mère qui te l’a fait ?" Faut dire qu’il y avait une sacrée joie de vivre, parce que l’on sortait de la guerre." André Pousse
|
| |
|
Miss Monde au Vel d'Hiv en 1953 - Parisienne de Photographie
|
| |
| Les épreuves de Six jours étaient richement dotées et elles ont été très populaires. Les 6 jours étaient attendus d'année en année comme le sommet de la saison cycliste. Les plus grands champions des Six jours ont été : Piet Van Kempen, Oscar Egg, Rik Van Steenbergen, Peter Post, Patrick Sercu. Eddy Merckx lui-même a été un des derniers grands coureurs de Six jours avant que ces épreuves ne perdent de leur intérêt pour le public, la tentative de les recréer à Bercy dans les années 80 ne fut guère concluante. |
| |
|
Vue générale du Vel d'Hiv
|
|
|
 |
 |
| Alexandre Ganesco - Les Six jours 1930 |
| |
|
Le Vel d'Hiv
En 1902, lorsque Henri Desgrange, directeur du journal L'Auto, imagina d'aménager la Galerie des Machines, vestige de l'Exposition Universelle Internationale de 1900, en un vélodrome couvert. L'architecte Gaston Lambert y créa une piste de compétition cycliste. Le vélodrome d'Hiver fut inauguré le 20 décembre 1903, et il connut un succès populaire d'une rapidité fulgurante.
En 1909, la destruction de la Galerie des Machines fut annoncée dans le but de libérer la perspective vers le Champ de Mars. Un nouveau Vel d’Hiv fut alors construit en 1909 à l'angle du boulevard de Grenelle et de la rue Nélaton 17 000 spectateurs, sur des gradins de briques et de béton, peuvent observer les coureurs qui parcourent une piste de sapin de 250 mètres de long autour d'une vaste pelouse centrale. La salle est éclairée par une immense verrière zénithale et plus de mille ampoules.
De nombreuses manifestations animèrent cet équipement. Outre les Six jours on y vit l'organisation de tournois de boxe avec Marcel Cerdan ou Sugar Ray Robinson par exemple, d'épreuves équestres, des meetings et même de défilés de mode.
Il connut ses heures noires pendant la guerre avec les meetings de la LVF et surtout avec la rafle du Vel d'Hiv : c'est là que furent détenues les milliers de victimes juives plusieurs jours dans des conditions épouvantables, car rien n'avait été prévu pour elles, ni sanitaires, ni eau, ni nourriture, ni matelas.Ceux qui tentent de s'enfuir sont tués sur le champ. Une centaine de prisonniers se suicident. Les prisonniers seront conduits dans les camps de Drancy, Beaune-la-Rolandeet Pithiviers, avant d'être déportés vers les camps d'extermination allemands.
Le Vélodrome fut détruit en 1959
|
| |
 |
| |
|
André Pousse
André Pousse (1919- 2005) était l'acteur fétiche de Michel Audiard, rencontré sur les piste du Vel d'Hiv où Alain Delon gagnait sa vie en portant les vélos. Ancien champion cycliste sur piste, il devint imprésario de Joséphine Baker et d’Eddie Constantine , a une liaison avec Edith Piaf qui décèle ses talents de comédien, devient directeur artistique pour le Moulin-Rouge et crée La Locomotive, place Blanche. Il passe au cinéma avec un premier film en 1963 D'où viens-tu Johnny avec Johnny Hallyday, qui débutait également. Abonné aux rôles de "flingueurs" et de seconds couteaux il a joué des seconds rôles marquants dans une cinquantaine de films dont "Ne nous fâchons pas" (1965), "Fleur d’oseille" (1967), "Le pacha" (1967), "Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages" (1968), "Une veuve en or" (1969), "Le Clan des Siciliens" (1969), "Le Drapeau flotte sur la marmite" (1971), "Quelques messieurs trop tranquilles" (1972), "Elle cause plus, elle flingue" (1972), "Un flic" (1972), "Flic Story" (1975).... Il disait "Gabin est mort, Blier est mort, Dalban est mort, Ventura est mort, Simonin est mort, Audiard est mort...ils sont tous morts, mon carnet d’adresse c’est un vrai cimetière."
|
|