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Cinémascope le grand spectacle des fifties
Objets de légende des années 50
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Matériel promotionnel de la Fox pour The Robe en Cinemascope

Pour approfondir le sujet
>> Le cinémascope entre art et industrie de JJ Meusy (lien Alapage)
>> La tunique  Film de Henry Koster (lien Alapage)

 
 
"Nous voulons que le public puisse dire qu'il n'existe pas de mauvais films en Cinémascope, de même qu'il peut dire qu'il n'existe pas de mauvaises Cadillac" Spyros Skouras - 20th Century-Fox

Dans le "studio system"  hollywoodien classique des années 40 les principaux studios sont au nombre de huit, les "major companies" : MGM, Paramount, Warner, Fox ,RKO et les trois "minors" : Universal, Columbia et United Artists. Comédiens, réalisateurs, scénaristes,  techniciens sont liés au studio par contrat; Le studio contrôle  la production mais aussi la distribution et l'exploitation. Les "majors" possèdent aussi des chaînes de salles de cinéma.

1950 ouvre pour Hollywood le règne de la suspicion
avec la généralisation de la chasse aux sorcières de MacCarthy, une période qui verra aussi  l'effritement progressif du monopole des grands studios avec la loi antitrust, le divorce entre distribution et exploitation et l'irruption de la télévision. Un total changement de contexte auquel doit faire face le "studio system" hollywoodien.
 
En  1951 la fréquentation des salles de cinéma est en chute : 90 millions de spectateur en 1948, 46 millions quelques années plus tard. Les producteurs s'inquiètent, les studios cherchent les moyens de ramener les gens dans les salles de cinéma. Hollywood va se lancer dans l'expérimentation de  nouvelles technologies : renaissance du film en couleurs,  essai de film en relief, son stéréophonique et films large écran, techniques visant à démarquer les produits cinématographiques du loisir télévisuel. L'essor des drive-in à la sortie des villes américaines  participe de ce même souci, en offrant aux adolescents un espace hors de vue des parents, moyennant l'abandon de l'écran télévisé.
 

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Fred Waller - Système de projection Cinerama
 

Le 30 septembre 1952 au Broadway Theatre de New-York on projette  "This is Cinerama".  premier film utilisant le procédé baptisé Cinerama, il restera deux ans à l'affiche. Cette technique, conçue par  Fred Waller, utilise  les prises de vues de trois caméras synchronisées. Le film est projeté sur un écran "extra large" en arc de cercle de 146° par trois projecteurs. Le son est assuré par un autre film 35mm portant 7 pistes magnétiques.

Le Cinérama imposait des contraintes très lourdes, techniquement et financièrement, tant au tournage qu'à la projection : prise de vues avec trois caméras, trois projecteurs synchronisés dans la salle et trois cabines de projections distinctes, mixage du son en direct par un ingénieur du son. De plus le système n'est pas sans défauts : recoupements imparfaits entre les trois images, dédoublement... il nécessite la  modification des salles (avec diminution du nombre de places utiles, l'image étant distordue au delà d'un périmètre précis).

Dix films seulement on été tournés en cinérama, d
ont huit sont en fait des documentaires destinés à démontrer les possibilités du système, et deux seulement des fictions "How the West Was Won"  (La Conquête de l'Ouest, 1962), et "The Wonderful World of the Brothers Grimm" (Les Merveilleux contes de Grimm, 1962).

Malgré sa diffusion très limitée et ses inconvénients, ce procédé remporta un énorme succès
auprès des spectateurs et il fut l'étincelle qui déclencha la guerre des écrans larges à Hollywood dans les années 50.

 

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Spyros Skouras et Henri Chrétien
 
Devant le  succès du Cinérama auprès des spectateurs les dirigeants de la Fox, Spyros Skouras et Darryl F. Zanuck se persuadent que le seul moyen de conserver des spectateurs est de leur offrir un spectacle que le petit écran ne peut leur donner. Zanuck lance ses ingénieurs dans la recherche d'un procédé qui tout en accroissant les effets de profondeur à l'écran, et l'enveloppement du spectateur ne reprendrait pas les contraintes techniques du Cinérama ni la nécessité de  l'utilisation de lunettes polarisées du cinéma en relief expérimenté à la même époque.

Henri Chrétien (1879-1956), un chercheur français  avait mis au point dès 1925 un système optique à objectif anamorphique l'Hypergonar.
L'objectif "comprime" l'image sur la pellicule et restitue sa "vraie" dimension, par effet inverse à la projection, permettant ainsi une image panoramique sans toucher au format 35 mm de la pellicule. Claude Autant-Lara avait tourné un moyen-métrage en 1927 utilisant ce procédé,  "Construire un feu" d'après une nouvelle de Jack London. Le film est terminé en 1930 mais le  procédé rencontre l'hostilité des exploitants de salle te l'affaire n'aura pas de suite... en France. Il est repris en 1952 par la 20th Century-Fox qui rachète les droits d'utilisation du procédé ainsi que les objectifs existants, et les ingénieurs du studio mettent au point à l'aide de ce brevet le procédé Cinémascope.
 

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Matériel promotionnel de la Fox pour The Robe en Cinemascope

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Roxy Theater, le premier cinéma à projeter un film en Cinemascope - Ne"w-York 1953
 

The  Robe
"The robe" (La Tunique - Henry Koster) dont le tournage avait com- mencé, est arrêté pour être repris en Cinema- scope. Le tournage fut techniquement assez diffi- cile, la Fox ne dispose que de trois objectifs qui par ailleurs ne sont pas adaptés au matériel utilisé entrainant des problèmes de vignettage de perte de luminosité et des problèmes de mise au point." Le procédé en lui-même présente aussi des inconvénients : avec un rapport d'anamorphose de 2  l'image projetée couvre une surface d'écran double de celle qui serait obtenue en l'absence d'anamorphose elle est donc deux fois moins nette et deux fois moins lumineuse.

La première projection publique a eu lieu le 16 septembre 1953
au Roxy, à New York. C'est un immense succès.qui rapportera au total près de 36 millions de dollars aux États-Unis

Zanuck annonce que tous les films produits par le studio le seront  désormais en Cinemascope
et en couleurs ajoutant "a ce stade du développement du Cinemascope nous devons sélectionner uniquement les scénarios qui soulignent clairement les ingrédients utiles non seulement pour l'histoire mais également pour l'exploitation du scope" Spyros Skouras déclare : "Nous voulons que le public puisse dire qu'il n'existe pas de mauvais films en Cinémascope, de même qu'il peut dire qu'il n'existe pas de mauvaises Cadillac". Le procédé originel de la Fox comportait l'écran large, l'anamorphose de l'image, un son stéréophonique 4 pistes magnétiques et un écran particulier (miracle screen). Devant les réticences des exploitants face aux coûts des investissements nécessaires seuls demeurèrent  l'anamorphose et l'écran large.

 

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En 1953, aux États-Unis, cinq films sortent en Cinémascope : trois sont produits par la Fox ("La tunique" (The Robe), "Comment épouser un millionnaire"(How to Marry a Millionaire de Jean Negulesco avec Marilyn Monroe), "Tempête sous la mer" ( Beneath the 12-Mile Reef de Robert D Webb) ,un par la Metro Goldwyn Meyer ("Les chevaliers de la table ronde " Knights of the Round Table de Richard Thorpe), un par Warner Bros ("la poursuite dura 7 jours" The Command de David Butler)

La 20th Century Fox organise la présentation du Cinémascope au Tout Paris du cinéma et de la presse
le 18 juin 1953 au Rex, c'est également au Rex, en même temps qu' au Normandie  que "La tunique" commencera sa carrière le 4 décembre 1953, avec en première partie le  premier film français tourné en Cinémascope, un court métrage documentaire de Marcel Ichac "Nouveaux Horizons"

L'adoption de ce procédé entraine pour les salles de cinéma des travaux coûteux, 
rapidement réalisées aux États-Unis, puis pratiquement imposées aux salles européennes, ce qui amènera d’ailleurs en France  quelques polémiques anti-américaines.  Fin 1955, plus de 25 000 salles dans le monde sont équipées pour projeter en Cinémascope.  D'autres techniques concurrentes  verront le jour comme la Vistavision, le Warnerscope, le Superscope mais sans connaître le succès du Cinemascope.
 

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The Robe auc Chinese Thater de Los Angeles en 1953

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Vertigo en Vistavision - Alfred Hitchcock 1958
 
En 1954, environ une quarantaine de films sont tournés  en format "wide screen"  et en 1955, plus de 100, dont le deuxième film de Lang avec la MGM, "Les contrebandiers de Moonfleet" tourné en Cinémascope malgré les réticences du réalisateur qui n'aimait pas ce format "bon seulement pour les serpents et les enterrements" et "La Main au collet" (To Catch a Thief) d'Alfred Hitchcock tourné avec un procédé concurrent le Vistavision (Contrairement aux systèmes habituels, le défilement de prises de vues se faisait horizontalement) mis au point par la Pramount pour "Noël Blanc" (White Christmas) de Michal Curtiz en 1954. Il tournera  "Vertigo" en 1958 avec ce même procédé, qui a aussi a son palmarès "Les dix commandements"  (Cecil B. D Mile - 1956)

En 1955 pour augmenter la définition de l’image la Fox développa le CinémaScope 55,
qui consistait à tourner sur une pellicule négative 55 mm (sur 8 perforations), puis à tirer les copies sur positif 35 mm après réduction optique.

Le Cinemascope n'est pratiquement plus utilisé depuis 1965.


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"Les dix commandements" - Charlton Heston - 1956
 
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"The Robe" 1953
de Henry Koster, avec Richard Burton, Jean Simmons, Victor Mature


La mode des superproductions bibliques avait été lancée par "Quo Vadis?" r
éalisé pour la MGM par Mervyn LeRoy en 1951. Pour son premier film en Cinemascope La Fox va choisir d'adapter un best-seller de Lloyd Douglas publié en 1941 "The Robe".

A Rome, le tribun Marcellus (Richard Burton) a gravement offensé Caligula
(Jay Robinson), en osant enchérir contre lui pour l'achat de l'esclave Demetrius (Victor Mature). Pour le punir Caligula envoie Marcellus à Jérusalem. Il se débarasse ainsi de son rival auprès de la belle Diane (Jean Simmons) que tous deux convoitent. Marcellus dirige les soldats qui crucifient Jésus de Nazareth. Il gagne aux dés la tunique qui l'habillait.En proie à des de cauchemars et des terreurs qui le mènent au bord de la folie il se pose alors des questions sur l'homme qu'il a fait mettre à mort. Il se convertit au christianisme. A Rome Tibère est mort et Caligula, devenu empereur, persécute les chrétiens...

Une suite a été tournée en même temps que La Tunique
: Les Gladiateurs (Demetrius and the Gladiators), film réalisé par Delmer Daves avec Victor Mature dans le rôle-titre.


 
Le film en relief
 
Spectateurs de film 3D dans les années 50 - Clic pour zoomer
 

Au début des années 50 le film en relief connu ses premières heures de gloire, initiées par l’industrie du cinéma pour faire face à la concurrence de la télévision. Le cinéma en relief utilise le principe de la projection stéréoscopique nécessitant des lunettes polarisées, l’écran argenté, les projecteurs doubles synchronisés et les lentilles spéciales.

 
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Le premier film en relief a rencontré le un succès auprès du public est, en 1952,  "Bwana Devil" (film de jungle)  de Arch Oboler. Devant ce succès deux majors sortent en 1953,  deux films en relief, le premier est "Man in the Dark " ("J'ai vécu deux fois") de la Columbia (Lew Landers, un remake du film de Ralph Bellamy  "The man Who Lived Twice tourné en 1936) le 8 avril et  deux jours  après "House of Wax"("La maison de cire") de Jaume Collet-Serra, un film d'épouvante produit par la Warner ( qui mauvaise joueuse prétendit toujours être la première major a avoir réalisé un film en 3D); Hitchcock 'est aussi essayé a ce procédé en 1954 avec "Dial M for Murder" ("le crime était presque parfait").

Cependant  les lunettes qu'il fallait chausser
pour pouvoir regarder les films étaient fatigantes pour les spectateur, qui se sont lassés très rapidement et dès 1954 la  mode du  3D était moribonde.
 
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