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la Beat generation au Beat hôtel
Modes de vie des années 50
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Madame Rachou devant le "Beat Hôtel"

Pour approfondir le sujet
>> realitystudio.org

>> Le Beat Hotel de Desert Hot Spring
>> American Museum of Beat Art
>> Beat, whyskie et poésie
>> The Beat Page
>> Beat Generation : une anthologie
de G. Lemaire (lien Alapage)

 

 
 

Towers Open Fire
Mme Rachou gère le bistrot au rez-de-chaussée et la réception de l’hôtel. L’hôtel n’a pas de nom. Les chambres et les couloirs sont remplis de rats et de souris, tout est sale. Il y a 42 chambres, des toilettes turques à chaque étage et de l’eau chaude seulement trois jours par semaine. Le café coûte 40 centimes et n’est pas inclus dans le loyer. En Septembre 1957, M. Rachou meurt dans un accident de voiture, Madame Rachou reprend toute seule la direction de l’hôtel. Mme Rachou, qui avait travaillé dans une pension fréquentée par Monet et Pissarro, voyait d'un bon œil les artistes qui fréquentaient son établissement et se faisait parfois payer en toiles et en manuscrits. Elle permettait même à ses pensionnaires de redécorer leur chambre à leur goût. C'est à cette époque que l'hôtel devient célèbre parmi la Beat generation at acquiert son surnom de Beat Hôtel.
 
beat-hotel_bar.jpgLe bar du "Beat Hôtel"
 
la dream machine
La Dream Machine de Ian Sommerville et Brion Gysin dans une chambre du Beat Hotel.jpgL' hôtel est découvert en 1956 par Ginsberg. Le prix est d’un dollar par jour. La chambre est munie d’un réchaud à gaz et les draps sont changés régulièrement. L’idéal pour des artistes américains en exil. Burroughs, Corso, Harold Norse s’y installent. Fraîchement débarqués de Tanger, ils ne parlent pas le français, et n'ont pas le sou. La patronne leur fait crédit. "Ça avait l’air très agréable. J’adore le carrelage rouge, c’était tout simplement un endroit très agréable, vieux vieux vieux. Et Madame Rachou était très sympathique." (William Burroughs) Keouac y fera aussi un bref passage mais se trouvera désappointé de voir Greenwich Village transplanté à Paris, une ville qu’il imaginait tout autrement. En Septembre 58, Burroughs croise le peintre Brion Gysin place Saint Michel. Il l’avait rencontré à Tanger auparavant. Ils se lient d’amitié. Brion reprend la chambre de Ginsberg, retourné à New York. Burroughs termine la mise en forme de son livre, Le Festin Nu, qu’il a écrit à Tanger. Il le publie en Juillet 1959, chez Olympia Press, un éditeur américain basé à Paris En Septembre 1959, il rencontre Ian Sommerville à la librairie Shakespeare & Company, la plus grande histoire d’amour de sa vie. Burroughs, Gysin, Sommerville et Anthony Balch, un cinéaste, se lancent dans diverses expérimentations liées au cut-up. Résultat : Les livres La Machine Molle, Le Ticket qui Explosa, Minutes To Go, le film Towers Open Fire,le disque Break Through in Grey Room, et la Dream Machine, un stroboscope hallucinogène.
 

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Gregory Corso au Beat Hôtel 1957 - Ginsberg

 
Dans Cut-ups : A project for disastrous Success, Gysin a reconstitué l'atmosphère inimitable de cet hôtel hors du commun, en pleine guerre d'Algérie (entre 1958 et 1960), quand il collabore avec Burroughs aux premiers textes cut-ups : "Je me retirais avec William Burroughs dans la chambre n°15 du Beat Hôtel pendant le froid printemps de 1958 pour mettre au point nos techniques d'écriture.Des pages du manuscrit du Festin nu de tous les âges et de toutes les conditions flottaient dans la chambre hermétiquement close tandis que Burroughs déambulant dans un nuage ectoplasmique de fumée, interprétait les rôles gargantuesques du Doc.Benway, d'A.J., de Clem & Jody, et de centaines d'autres qu'il n'avait jamais le temps d'engranger dans la machine à écrire". C'est aussi dans cet hôtel que Corso a écrit son poème le plus connu, The Bomb, et que Ted Joans a peint une fresque intitulée The Chick Who feels off a Rhino, détruite depuis
 

burroughs-beat-hotel_61.jpg Burroughs au Beat Hotel 1961

 
Fin 1962, Madame Rachou annonce a ses clients qu’elle vend l’hôtel. William S. Burroughs s’en va. Il a habité dans les chambres 15, 18, 29, 30, 31 et 32. Madame Rachou, et son chat Mirtaud s’en vont au Printemps 1963. "Il y avait un chat gris au Beat Hotel. Il était à Madame. Quand elle pris sa retraite, elle a déménagé et s’est installée de l’autre côté de la rue. Elle semblait si triste là, comme le sont les gens qui partent en retraite. Elle avait des géraniums, un vieux menton gris et un vieux chat gris, et elle s’est effacée dans un fondu…" William S. Burroughs. le Beat Hôtel à été rénové et est devenu l'Hôtel du Vieux Paris, d'où a été effacée toute trace de l'aventure Beat à Paris. Mais il est passé dans la légende. Brion Gysin s'en est servi comme décor fantôme de son second roman, Bardo Hotel-Beat Museum : "Ion se trouve dans la rue étroite et sombre, reluquant une plaque de marbre apposée récemment sur le mur du numéro neuf rue Gît-le-Coeur, (...) ils ont encore changé le nom depuis la dernière fois que je suis venu. Des lettres dorées gravées dans le marbre proclament que tous ses vieux amis y ont vécu et travaillé : Bill Burroon, bien entendu, Allen, Peter, Gregory et Jack, mais pas Ion. "Est-ce toujours le Beat Hôtel?" (demanda-t-il ) un inconnu qui passait par -là. "Non c'est le Bardo Hôtel.Le Beat Hôtel se trouve en Californie."

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Vue d'une chambre du Beat Hotel 1960

 

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Burroughs et Gysin devant le Beat Hotel
 

Beat Generation

En 1944, Ginsber présente Burroughs à Kerouac. Burroughs connaît un dealer, Herbert Huncke, qui utilise une expression empruntée au jargon des jazzmen noirs pour dire qu'il est crevé : "beaten-down". Kerouac s'en empare, gratifiant ce terme d'argot d'une connotation romantique : "pour moi, être beat, ça voulait dire être pauvre dormir dans le métro et cependant être illuminé et avoir des idées sur l'apocalypse et tout ça ".

Mais la Beat Generation n'est pas encore née. Il faudra attendre décembre 1946 à New York, que Neal Cassady apparaisse sur le chemin de Kerouac. Influencé par la verve des lettres que lui envoie Cassady, il affine son style et fera de son ami le héros d'On the road, Dean Moriarty. Il faudra surtout attendre l'année 1955, et la rencontre entre Kerouac, Cassady, Ginsberg et Whalen, McClure, Snyder et Lamantia.

Le mot beatnik apparait le 2 avril 1958 sous la plume de Herb Caen dans le journal San Francisco Chronicle. Le terme, forgé à partir du satellite russe Sputnik, était initialement péjoratif en cherchant à montrer que les beats étaient une communauté de communistes illuminés. Le terme resta et devint l'emblème d'une génération.

Les Beat seront poursuivis pour atteinte aux bonnes moeurs et obscénité. Prêts à tout dans l’existence, adeptes du voyage, ils seront disposés à tout dans l’écriture : prose spontanée, cut-up, incantation prophétique, sans souci aucun d’instituer un quelconque nouvel académisme.

Marqués par une certaine littérature française, de Rimbaud à Louis Ferdinand Céline, ils ont rejeté en bloc La littérature des Steinbeck, Dos Passos, Faulkner, Hemingway et autres Fitzgerald.

 

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Burroughs rue Git-le-Coeur 1960
 
Passionnés de jazz ils se reconnurent dans le Bird Charlie Parker, génie du be-bop, qui dans ses improvisations infatigables trouvait des accents à couper le souffle. Ils voulurent que l'écriture soit de la même veine, une grande improvisation.

Le voyage de la Beat Generation est en fait un voyage intérieur. Malgré leurs vagabondages, la recherche des plaisirs sexuels, des penchants pour les paradis artificiels, c'est une quête mystique, à la lisière de la folie, qui poussa les beat à tout expérimenter, à tout vivre. Ils ne proclamaient pas vouloir changer le monde, leur provocation est dans leur manière d'être, dans leurs comportements qui vont à l'encontre des valeurs dites "saines" de l'Amérique bien-pensante. Révolte fondée sur un individualisme forcené qui veut démonrer la toute-puissance créatrice de l'individu.


 

Le Beat Hotel
à Desert Hot Spring


En Avril 2003, Steven Lowe ouvrit un musée-hôtel dédié au Beat Hotel à Desert Hot Springs en Californie.
Les huit chambres sont sont décorées de peintures et de photos prises par Burroughs. Chaque chambre est équipée d’une machine à écrire. Les meubles datent de la période Beat. Tous les clients ont accès à la bibliothèque où ils peuvent consulter les livres d’époque des écrivains de la Beat Generation.