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Dans la deuxième moitié des années 50 l’exode rural bat son plein. Les familles, souvent nombreuses, quittent la campa- gne, où le travail est dur, pour les villes et leurs usines. Pour accueillir cette main-d’oeuvre immi- grée de l’intérieur l’Etat met en place un grand programme de construc- tion. Les terrains vagues de banlieue sont bientôt recouverts de HLM. Au bas des escaliers, les adolescents se réunissent. L’argent de poche est rare. Ils ont des blue-jeans et des blousons noirs, parfois en cuir. Une solidarité, un esprit de bande naît entre ces déracinés qui vivent dorénavant tous sur le même territoire. Ils s’opposent à ceux du quartier voisin dans des combats de groupe où la violence reste toutefois mesurée. Une chose les réunit, le désir d’échapper au destin de leurs parents.Exister, pour le blouson noir c’est être un rebelle. Sans cause, car il n’y a guère d’espoir de lendemains qui chantent. Le seul but est d’affirmer sa personnalité, son refus d’un destin tracé.
C’est lors de l’été 1959 que les médias inventent la figure des "Blousons noirs" pour désigner ces jeunes délinquants dont on parle de plus en plus. La presse évoque des bandes qui se caractériseraient par leur taille faramineuse (on évoque des groupes rivaux comptant près d’une centaine de jeunes), et par leur violence. Les propos les plus catastrophistes se font entendre et les explications moralisatrices sont fréquences : laxisme des familles, perte des valeurs morales, influence de la culture de masse américaine (c’est aussi la « génération James Dean »). Le préfet de Paris, Maurice Papon, se demande avec d’autres s’il ne faudrait pas interdire le rock n’ roll…
Tout commence le 24 juillet 1959, deux bandes de jeunes se donnent rendez-vous au square Saint-Lambert dans le XVème arrondissement de Paris pour en découdre. La bagarre n’aura pas lieu, en revanche des incidents éclatent (bris de glace, agressions de passants…). Les journalistes vont se saisir de ce fait divers, pour faire leur Une sur la criminalité des jeunes en bande et la dangerosité du phénomène.
C’est à partir du 27 juillet à la suite de l'article de France-Soir que le terme “Blousons noirs” s’impose, et jusqu’à la fin de 1962 ces deux mots seront systématiquement synonymes de mineurs ayant commis des actes de délinquance. Les jeunes d’ailleurs eux-mêmes s’identifient à ces Blousons noirs et prennent vite l’habitude de surnommer leur groupe, ainsi sur le territoire de la Seine fleurissent des bandes répondant à de drôles de noms comme “La bande Fauchman”, “La bande des quatre routes”,...
Les blousons noirs ajouteront un autre mode d’expression à leur révolte avec les premières vedettes françaises du rock’n’roll en lesquelles ils veulent reconnaitre des porte-paroles.
L'expansion des économies d’Europe occidentale réclamant une main-d’œuvre abondante et le marché du travail permettantt aux peu qualifiés le même statut stable qu’à tous les autres, l'acces au monde du travail, à la consommation qu’il autorisait, le statut stable qu’il fournissait mettait fin na turellement à cet épisode "d'expérimentation juvénile". Il suffisait donc de diriger vers l’emploi ceux qui étaient tentés par les voies de traverse.
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