ACCUEIL arrow ........ MODES & MODES DE VIE arrow Alfred Kinsey et la révolution sexuelle
Alfred Kinsey et la révolution sexuelle
Modes de vie des années 50
rapports-kinsey_1.jpg
1953 - les "Barry sisters et Beverly Lawrence lisent un article sur le rapport Kinsey

Pour en savoir plus :
>> Le site de l'institut Kinsey
>> "Dr Kinsey" DVD du film de Bill Condon (lien Alapage)

Article en rapport :
>> Les fifties et l'homosexualité

 

 
 
"il n'y a que trois formes d'anomalies sexuelles: l'abstinence, le célibat et le mariage remis à plus tard" Alfred Kinsey

Alfred C Kinsey, (1894-1956) est zoologue de formation, sa première publication porte sur les plantes comestibles d'Amérique du Nord, un sujet assez éloigné de celui qui fera de lui un des scientifiques les plus controversé dans l'Amérique des années 50. Alfred Kinsey  reçoit une éducation ultra conservatrice de son père, un pasteur méthodiste. Il suit des études de psychologie et de biologie et en 1919, il sort diplômé d'un Doctorat es Sciences de l'Université de Harvard. Dès 1920 Alfred Kinsey exerce comme professeur assistant en zoologie à l'Université d'Indiana, il consacre les 20 premières années de sa vie professionnelle à l'entomologie. C'est à l'Université d'Indiana qu'il rencontre Clara McMillan qui  deviendra sa femme et accompagnera toute sa carrière.

Kinsey offre en apparence l'image du parfait représentant de l'américain moyen et de sa pruderie
(on verra plus loin qu'en matière de sexualité il a savamment mêler curiosité scientifique et expérimentation personnelle), faisait preuve d'un totale tolérance pour les comportements sexuels. Il avait épousé la première femme avec laquelle il était sorti et passa toute sa vie avec elle et ses valeurs personnelles étaient on ne peut plus traditionnelles. Pater familias, Kinsey aimait  réunir le  dimanche  collègues et  étudiants pour écouter des disques de musique classique, tout en dégustant du café et des tartes faites maison. Pour avoir suggéré  de plutôt passer un boogie-woogie l'épouse de l'un de ses assistants fut bannie de ces soirées dominicales. L'un de ses collègues Wardell Pommeroy le surnommait "La Mère supérieure". Mais en lui le scientifique restait toujours aux aguets, ainsi à un postulant à un poste d'assistant il répond : "vous venez de me dire que les relations sexuelles avant le mariage peuvent avoir un effet nocif sur celui-ci, que les relations extra conjugales brisent les mariages, que l'homosexualité est anormale et que l'idée de relations sexuelles avec des animaux est grotesque. Apparemment, vous connaissez déjà toutes les réponses. Pourquoi tenez vous autant à faire de la recherche ?"

 
rapports-kinsey_2.jpg
1948 - Alfred C. Kinsey  et ses assistants Wardell Pomeroy & Clyde E. Martin - Life
 
C'est "accidentellement" qu'il change de discipline. En 1938 alors qu'il enseigne à 'université de Bloomington dans l'Indiana, un groupe d'étudiants réclame un cours sur la sexualité et le mariage c'est à Kinsey qu'il échoit.  Il constate alors l'absence quasi totale de sources documentaires sur le sujet. Il questionne tout d'abord ses étudiants sur leurs comportements sexuels. Il dira plus tard que ces entretiens ont été pour lui une mine d'or; De plus en plus fasciné par son sujet, il y consacre de plus en plus de temps déclenchant une série de plaintes contre son cours de la part de parents, du clergé local et de quelques collègues conservateurs. Il renonce alors à l'enseignement pour se consacrer à la recherche. Cette nouvelle recherche comprend des milliers de questionnaires anonymes, ainsi que des « tests pratiques » menés par lui-même et ses collaborateurs. A la suite de ses travaux Kinsey constate l'abime qui sépare les pratiques sexuelles telles que la société les voudrait et les pratiques réelles. En 1943 il obtient un don de 23 000 dollars de la fondation Rockfeller.

En 1948 en présentant son rapport sur "Le comportement sexuel de l'homme" ("Sexual Behavior in the Human Male")
Kinsey constate que la sexualité des animaux est mieux connue que ele des hommes. Cinq mille trois cent américains blancs, différents par l'age, le niveau d'instruction, la profession, leur situation conjugale... ont répondu à cinq cents questions sur leur vie sexuelle. L'ouvrage est publié chez un éditeur d'ouvrages médicaux, pour éviter tut caractère sensationnaliste, il comptait huit cent quatre pages, Kinsley avait abandonné ses droits d'auteur au profit de son équipe de l'Institut de recherche sexuelle de l'Université d'Indiana "(Institute for Sex Research", rebaptisé plus tard rebaptisé plus tard "Kinsey Institute for Research in Sex, Gender and Reproduction" ). Ses conclusions peuvent sembler aujourd'hui banales : de bonnes relations sexuelles font un bon mariage, l'homosexualité est plus répandue qu'on ne veut bien le croire, la masturbation ne rend pas malade, les relations sexuelles avant le mariage donnent des couples mieux assortis... mais a replacer dans le contexte d'une Amérique où les censeurs interdisaient encore que l'on montre, au cinéma, un couple dans une chambre à coucher. Il examine avec un regard dépourvu de tout jugement de valeur les différentes pratiques sexuelle avec un seul critère : leurs représentativités statistiques. la personnalité psychique de l’individu importe peu pour cette comptabilité sociale.
 

rapports-kinsey_3.jpg

1948 - Alfred Kinsey et sa femme chez eux - Life
 
Au bout de 10 jours, de réimpression en réimpression l'ouvrage de Kinsley atteint 185 000 exemplaires, selon «Time Magazine»: «Les libraires n'ont rien vu de tel depuis "Autant en emporte le vent"!» «Le best-seller le plus sensationnel de la saison», avance «Newsweek». «Pour trouver un livre scientifique approchant les ventes de celui-ci, il faut probablement remonter à "l'Origine des espèces" de Darwin», note «Life». L'ouvrage  bien accueilli dans un premier temps, dans les milieux scientifiques comme auprès de l'homme de la rue, il doit ensuite faire face à la réplique de ses adversaires face aux remise en cause qu'il déclenche.  C'est une bombe atomique sociale«, écrit le  Time. Bruce Bliven, journaliste au New Yorker, pense que le rapport Kinsey contient plus de dynamite qu’aucun autre document scientifique publié depuis le livre de Darwin sur l’origine des espèces. "Le rapport Kinsey nous révèle que 85 % des jeunes gens du pays sont théoriquement des “criminels” " notent M.L. Ernst et D Loth (l'adultère est alors un délit dans la plupart des états et l'homosexualité est durement réprimée, la Géorgie condamne la sodomie, ainsi que 13 États fédérés, situés en majorité dans le sud des États-Unis,  le Texas, le Kansas, l'Oklahoma, le Missouri, condamnent, eux,  la fellation.).

Harolds Dodds, président de Princeton déclare
"Il est bien possible que les journaux de bas étage qui ont fait le lien entre le rapport et les mots orduriers que les petits garçons écrivent sur les palissades aient révélé une vérité scientifique plus profonde que la surabondance de propos vulgaires accumulés dans le rapport lui-même". Les conservateurs chrétiens qualifient Kinsey de maniaque sexuel et lui reprochent d’inciter à l’homosexualité, la pédophilie et autres pratiques sexuelles « perverses ». Mgr Sheehy, de l'Université catholique de Washington, dénonce le «livre le plus antireligieux de notre époque». Margaret Mead, anthropologue célèbre, dénonce ce livre qui ne guide pas les jeunes gens et ne leur suggère «aucun moyen de choisir entre une femme et un mouton»...

La fondation Rockfeller subit des pressions
pour supprimer ses subventions à Kinsey, elle se voit menacée d'une enquête sénatoriale et est prise a partie par divers théologiens.

 

rapports-kinsey_7.jpg

Nus de Platt Lynes
 
En France "Jusqu’au début des années 1950, seuls la presse à sensation, les humoristes ou les amateurs de littérature érotique se sont emparés du premier rapport. Pour Daniel Guérin, ce sont des « ânes qui s’imaginent qu’il suffit d’avoir tiré un coup pour comprendre l’amour, ils ont haussé les épaules et fait les marioles ». L’allusion à Kinsey fonctionne alors comme un clin d'œil égrillard censé faire rire et surtout vendre. Avec un humour bon enfant, Roger Pierre et Jean Richard écrivent dans leurs « célèbres monologues » un sketch sur le rapport Kinsey, l’occasion est trop bonne de rire des choses du sexe : « quant aux bonnes femmes qui vous disent : “je suis frigide !” tiens mon œil ! Ça dépend de quel bois elles se chauffent ! » Propos qui ne trahissent d’ailleurs pas le point de vue de Kinsey. Plus moralisateur, Jean-Bernard Luc tourne en dérision le rapport dans sa comédie en trois actes La feuille de vigne jouée au théâtre de la Madeleine en mars 1952 sous la direction d’André Brûlé. Dans son introduction, l’auteur joue le romantisme français contre la froide statistique : « persuadé pour ma part, que le pays de Rabelais et de La Fontaine n’est pas encore mûr pour le Kinsysme : ceux qui savent aimer le vin savent aussi respecter l’amour et souhaitent les tout premiers que les feuilles de vigne continuent à pousser partout où le désir trouve bon qu’elles poussent ». Le rapport Kinsey peut également parfois servir de prétexte à une littérature érotique tel ce livre au titre prometteur, Mon comportement sexuel, une Française répond au questionnaire Kinsey, où toutes les expériences sexuelles de la jeune femme sont racontées par le menu" "Kinsey en France" - Sylvie Chaperon

En 1949 Kinsey, dans le cadre de sa recherche sur l'homosexualité et l'érotisme masculin gay
entame une relation amicale et professionnelle avec le photographe Platt Lynes. Il lui achète plus de six cents tirages et plusieurs centaines de négatifs pour ses archives. A la m^me époque trouvant dans "Un tramway nommé Désir" de Tennessee Williams  le pendant artistique de son travail, il  écrit à Tenessee Wiliams : "Nous avons entrepris une étude extensive de l'érotisme dans l'art. Cela recouvre la peinture, l'écriture, la scène, etc. L'une des pièces que nous avons étudiées en détail est votre"Tramway". Nous avons eu le bonheur d'obtenir les confidences d'une bonne partie des acteurs des deux compagnies qui l'ont montée, ce qui nous a permis de mettre leur jeu en corrélation avec leur histoire personnelle sur le plan sexuel.. Il y a un très grand nombre de points de la pièce que nous aimerions discuter avec l'auteur...."
 

rapports-kinsey_5.jpg

Révérend Billy Graham (1951) - le théologien Henry Van Dusen (1958)
 
rapports-kinsey_4.jpg
Alfred Kinsey  avec son équipe de l'université d'Indiana (1953) - Hulton Archive
 
Le deuxième ouvrage "Le comportement sexuel de la femme" ("Sexual behavior in the human female") parait à l'automne 1953. Kinsey a parfaitement conscience du caractère encore plus subversif de ce rapport. Ce qui  pouvait être (relativement) acceptable pour les hommes ne l’est pas pour les femmes. Entre autres, Kinsey réfute totalement l’orgasme vaginal en affirmant l'insensibilité presque complète de l’intérieur du vagin et du col de l’utérus, considérant le clitoris comme l'organe principal du plaisir sexuel féminin. Kinsey rapproche la sexualité féminine de celle des hommes, physiologiquement, il constate que l’excitation, l’acmé et la détumescence sont identiques pour les deux sexes

Le tirage atteint 250 000 exemplaires et déclenche la tempête.
Le révérend Billy Graham déclare "Il est impossible d'estimer les dégâts que fera ce livre sur la morale déjà si détériorée de l'Amérique", le théologien Henry P Van Dusen  enfonce le clou "Les aspects les plus inquiétants sont l'absence du moindre écœurement éthique spontané devant les apriori de l'étude et l'incapacité, de la part des lecteurs, à mettre le doigt sur la fausseté de ces a priori; Car les présupposés du rapport Kinsey sont strictement bestiaux..."

Ce deuxième rapport est plus que n'en peut supporter la fondation Rockfeller
qui met fin à ses subventions. L'Amérique n'est pas prête à entendre que 62% des femmes interrogées se masturbent ou que 26% trompent leur mari, ni qu'une nymphomane pour Kinsey c’est tout simplement «quelqu’un qui fait l’amour plus souvent que vous». "Kinsey établissait, en outre, une échelle, allant de l’hétérosexualité exclusive à l’homosexualité exclusive, qui contredisait la théorie selon laquelle les homosexuels constitueraient un groupe à part à l’intérieur de la population, et remettait en cause l’assimilation de l’homosexualité à une pathologie. Ces conclusions allaient, de plus, à l’encontre des stéréotypes qui tendaient à associer homosexualité masculine et féminité, lesbianisme et masculinité, offrant une grille de lecture beaucoup plus complexe des relations entre genre et homosexualité." Florence Tamagne. «Presque toutes les prétendues perversions sexuelles relèvent de la normalité biologique», dit-il à ses étudiants, et «il n'y a que trois formes d'anomalies sexuelles: l'abstinence, le célibat et le mariage remis à plus tard».
 

rapports-kinsey_6.jpg

Alfred Kinsey et sa famille en 1953,  sa fille  Joan Reid, sa femme, son fils Bruce, son gendre Warren Corning, sa fille  Anne Corning  et son autre gendre le  Dr. Robert Reid. - Hulton archive
 
Kinsey redouble alors d'efforts, «Depuis qu'il s'intéresse au sexe, c'est à peine si je vois mon mari le soir.» disait  Clara Kinsey, mais souffrant de problèmes cardiaques il est hospitalisé à plusieurs reprises et il meurt, à 62 ans, le 25 aout 1956. Son courage et sa curiosité scientifique ont largement contribué à la libération des mœurs. En 1997 James Jones révèle, dans "Alfred Kinsey : A Public/Private Life"  que Kinsey avait entretenu, des années durant, une relation homosexuelle avec l'un de ses assistants et  que le réunions musicales du dimanche lui permettaient  de filmer les ébats de ses collègues et de leurs épouses, dans le cadre de ses recherches,  Kinsey lui même  ou son épouse passant sans problème de l'autre côté de la caméra. Il adorait apparemment jardiner quasi nu, bien en vue. Son autre biographe Jonathan Gathorne-Hardy affirme que l'appétit de Kinsey pour le sexe hors norme et son dédain de la morale sexuelle traditionnelle de l'époque, l'ont incité à éliminer la culpabilité entourant le sexe et à miner la moralité traditionnelle. Mais comme le demande Eric Frassin dans Le Monde « pour faire œuvre de savant, un brevet de bonnes mœurs serait-il requis ? »

60 ans après  Kinsey reste la cible des fondamentalistes et des franges les plus conservatrices de la société américaine,
en guerre contre la libération des mœurs : «On ne peut certes pas attribuer la révolution sexuelle à une seule personne, mais pour ce qui est de fournir une excuse scientifique pour attaquer la moralité la plus élémentaire, Kinsey a montré le chemin», dit par exemple Robert Knight. «Ces attaques virulentes contre Kinsey montrent que les conservateurs sentent qu'ils perdent la partie. La controverse que Kinsey a précipitée en 1948 a exposé des lignes de fracture de notre société, sur la vie privée, qui n'ont pas changé depuis; ce qui a changé, ce sont les mœurs des Américains, qui se sont nettement rapprochés de Kinsey.» dit James Jones.

Alfred Kinsey et William Faulkner - Clic pour zoomer
 
Couverture du Time  - aout 1953 - Clic pour zoomer
 
Kinsey et sa femme à Paris  - Clic pour zoomer
 


 
Tennessee Williams 1965  - Clic pour zoomer
 
Un tramway nommé désir

La pièce  de Tennessee Williams (1911-1983)
"Un tramway nommé Désir" ("A Streetcar Named Desire") est jouée pour la première fois en 1947.

A La Nouvelle Orléans, Stella Du Bois,
d'une vieille famille, vit avec son mari Stanley, brute sensuelle pour les beaux yeux duquel elle a abandonné la plantation familiale. L'arrivée de Blanche, la soeur de Stella va jeter le trouble. Stranley se sentant méprisé va chercher à détruire la jeune fille. La pièce, mise en scène par Elia Kazan, voit les débuts d'un jeune comédien de l'Actor's Studio Marlon Brando qui incarne Stanley Kowalski. Il reprendra le rôle dans le film qu'en tirera  Kazan en 1951.

Tennessee Williams a fait insérer dans la préface
de sa pièce une clause interdisant la représentation de la pièce dans tout lieu ou règnerait la discrimination raciale. Homosexuel assumé, mais discret, il  partagera sa vie avec Frank Merlo pendant quatorze ans à La Nouvelle Orléans.Il définit ainsi lui même son théâtre "Mon travail est émotionnellement autobiographique. Il n'a pas de relation avec les faits réels de ma vie, mais il en reflète les courants émotionnels."
 
Marlon Brando 1948 - Clic pour zoomer
 
Billy Graham dans les années 50- Clic pour zoomer
 
Billy Graham

William Franklin Graham Jr,
mieux connu sous le nom de Billy Graham (né en 1918) est un prédicateur du mouvement évangélique (Southern Baptist). En 1933 à la fin de la prohibition aux États Unis, son père les force lui et sa sœur a boire de la bière jusqu'à en être malades pour ancrer en eux le dégout de l'alcool. En 1937 Graham  étudie à l'Institut Biblique de Floride. En 1943 il épouse Ruth Belle fille de missionnaires presbytériens.

En 1944 il est pasteur dans l'Illinois,
puis il reprend l'émission de radio d'un pasteur de Chicago "Songs in the Night". En 1949 il organise à Los Angeles, sous des tentes de cirque, une série de "revival meetings" (services religieux destinés à renforcer la foi des adeptes et a gagner de nouveaux convertis), il occupe la place pendant huit semaines, s'assurant ainsi une notoriété national. Le magnat de la presse Randolph Hearst qui voit en lui un allié dans sa croisade conservatrice et anti communiste lui apporte son soutien : «Poussez Graham.» donne t'il un jour pour consigne et le lendemain, 15 journaux lui consacrent leur Une.

A un autre prédicateur évangéliste qui lui reprochait de vouloir retourner  cent en arrière
Graham répondit " Je ne veux pas revenir à la religion d'il y a un siècle, mais à celle d'il y a 1900 ans,  au Livre des des apôtres, au premier siècle quand les disciples du Christ étaient accusés de vouloir détruire l'empire romain"  ("I did indeed want to set religion back, not just 100 years but 1,900 years, to the Book of Acts, when first century followers of Christ were accused of turning the Roman Empire upside down")

En 1950, il fonde l’Association Évangélique Billy Graham,
qui commandite de nombreuses campagnes, produit des émissions radiophoniques et télévisées, et réalise des films. Dans les années 50 il mène des missions à Londres, à New-York et dirigera une croisade en Australie. Il vient prêcher en France, avec un succès certain, du 5 au 9 juin 1955 au Vélodrome d’Hiver  8000 personnes par jour assistaient à ses prédications, en 1963  à la Porte de Clignancourt  45 000 personnes viennent l'écouter.
 
Revival meeting de graham en 1958 en Caroline- Clic pour zoomer
 
Prospectus du meeting 1958 - Clic pour zoomer
 
"Porté par sa capacité à incarner à la fois la certitude permanente de la régénération évangélique et la dynamique de l’utopie américaine, B. Graham a donné à son entreprise une dimension planétaire, à travers la succession effrénée de ses croisades d’évangélisation à travers le monde."  Son succès médiatique est du certes à son charisme personnel mais il "est également
le résultat du travail d’une organisation qui prend en charge, avec des moyens considérables et sophistiqués, la production du “mythe charismatique” grahamien". Danièle Hervieu-Léger. Billy Graham est présenté comme un véritable prophète, c’est un 'inspiré' qui parle. Le public est convié au spectacle d’une possession. Billy Graham est le premier prédicateur évangéliste à avoir utilisé des techniques de promotion commerciale à des fins d'évangélisation de masse.

Dans les années soixante il s'opposa à la ségrégation
et refusa même de parler à un meeting ou les organisateurs avaient installé de barrières pour séparer noirs et blancs. Il entretient des relations amicales avec Martin Luther King. Mais il a du en 2002 présenter des excuses, pour des propos antisémites, après la publication des "Richard Nixon tapes" ou sur l’enregistrement d’une conversation privée tenue en 1972 avec Richard Nixon dans le bureau Ovale de la Maison Blanche on l'entendait se plaindre de la mainmise des juifs sur les médias : "Il faut briser cette mainmise, sinon le pays est fichu."