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Marie Besnard, la bonne dame de Loudun
Faits divers des années 50/60
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Marie Besnard

A consulter sur le sujet
>> Archives vidéo INA
sur le procès de Marie Besnard
>> Marie Besnard l'empoisonneuse film avec Muriel Robin (Lien Alapage)
>> L'affaire Marie Besnard film avec Alice Sapritch (Lien Alapage)
>> A-t'on jugé Marie Besnard ? le dossier de l'affaire (Lien Alapage)
>> Marie Besnard l'honneur d'une femme M Leveau-Fernandez (Lien Alapage)


 
 
Marie Besnard (15 août 1896-14 février 1980), surnommée la "Bonne Dame de Loudun", une femme imposante mais avec une voix de fillette, fut soupçonnée d'être une tueuse en série et reste au centre d'une des énigmes judiciaires française du XXe siècle.C'est le 21 juillet 1949 que Marie Besnard, de son nom de jeune fille Marie Joséphine Philippine Davaillaud, est inculpée de meurtre : douze personnes empoisonnées, dont son propre mari. Début d'un feuilleton judiciaire qui mobilisa la France entière pendant toute une décennie ; c'est, avec l'affaire Marie Lafarge, l'une des plus étonnantes énigmes d'empoisonnement.
 

marie_besnard.jpg Marie Besnard

 

25 octobre 1947 : Léon Besnard, cordelier, décède après une longue agonie. "Crise d'urémie", conclut le médecin. Quelques jours après l'enterrement, Mme Pintou, amie et locataire des époux Besnard, confia à un proche que Léon Besnard, avant de mourir, lui avait confié : "que sa femme lui avait servi de la soupe dans une assiette où se trouvait déjà un liquide". Les détails de ce témoignage furent portés à la connaissance de la gendarmerie puis à un juge d'instruction qui diligenta l'exhumation du corps de Léon Besnard, le 11 mai 1949. Les prélèvements furent expédiés à un médecin légiste marseillais, le docteur Béroud, qui découvrit dans les viscères de Léon Besnard 19,45 mg d'arsenic pur.

besnard_poitiers_52.jpgMarie Besnard
Procès de Poitiers
Février1952
Le 21 juillet 1949, Marie Besnard est incarcérée. La rumeur enfle. Un seul sujet : les douze décès suspects dans son entourage depuis 1938. Les experts trouvent sur les cadavres ce qu'ils cherchent: de l'arsenic: 60 mg dans celui de son premier mari, 36 mg dans celui de son père, 48 mg dans celui de sa mère... Marie Besnard gagne son surnom d"empoisonneuse du siècle". Deux mobiles parurent évidents au magistrat instructeur : L'argent, Marie Besnard ayant directement ou indirectement recueilli par héritage les biens de toutes ces personnes ; la passion, Marie Besnard ayant, paraît-il, noué une relation particulièrement intime avec un ancien prisonnier allemand, Alfred Dietz, que les époux Besnard avaient conservé comme tâcheron. Ces éléments conduisirent à l'inculpation de Marie Besnard pour empoisonnement, avec la circonstance aggravante de parricide et de matricide. Le fait divers devient affaire. Le feuilleton judicaire mobilisera la France entière pendant plus d'une décennie

besnard_proces.jpgEn 1952, son premier procès s'ouvre à Poitiers mais tourne rapidement à la polémique entre toxicologues, Des erreurs dans les prélèvements sur les squelettes jetèrent le doute sur les expertises. La validité de la méthode de Marsh utilisée pour doser l’arsenic fut aussi contestée : cette méthode d’analyse, qui date de 1860. se révèle sensible, peu sélective et peu précise. Devant le doute, le juge réclama une nouvelle exhumation des onze cadavres. Un deuxième procès débuta à Bordeaux le 15 mars 1954. Les nouvelles expertises, contrairement à celles de 1949, donnèrent un résultat jugé ambigu et Marie Besnard fut remise en liberté provisoire le 12 avril 1954. Une troisième exhumation fut alors réclamée par les juges. C’est Fréderic Joliot-Curie en 1958 qui imposa pour cette troisième expertise la méthode Griffon par activation nucléaire. Cette méthode plus fiable permit de montrer une absence d’arsenic dans les squelettes.

marie_besnard_1954.jpgMarie Besnard
Procès de Bordeaux
1954
À l’issue d’un troisième et dernier procès, Marie Besnard fut enfin définitivement acquittée le 12 décembre 1961. Cet acquittement est dû en grande partie à la ténacité des deux avocats de Marie Besnard, Maitres Hayot et Favreau-Colombier. Dans son ouvrage, La force de l’innocence, Maître Jacqueline Favreau- Colombier relate en détail les différents procès. Marie Besnard est décédée le 14 février 1980 à Loudun. Pendant plus de quatre ans, il n’y a eu aucun acquéreur du Loudunois pour acheter sa demeure. Frédéric Pottecher, chroniqueur judicaire célébre à l’époque, a réalisé en 1984 un téléfilm avec Alice Sapritch dans le rôle de Marie Besnard mais s’est fâché avec la comédienne qui ne croyait pas à l’innocence de son personnage.

Loudun et ses possédés
 

Après la reddition de La Rochelle, en 1628, Loudun fut le bastion protestant le plus important de France. Dès 1631, des scènes d’hystérie eurent lieu au couvent des Ursulines, dont la mère supérieure était Marie Jeanne des Anges et le confesseur Urbain Grandier. Trois années plus tard, de nouvelles rumeurs accusent Grandier d’avoir introduit le diable dans le corps de ces malheureuses ursulines. Le prêtre sera arrêté en février 1634 et durement questionné. Jugé le 8 août 1634, il sera condamné à être brûlé vif sur la place devant l’église Sainte-Croix le 18 août 1634.

 

urbain_grandier.jpg

Le supplice d'Urbain Grandier

 

Ces prétendus ensorcellements se sont avérés être une machination de Richelieu pour éliminer le prêtre libertin jugé trop laxiste envers les protestants

En 1950 beaucoup de Loudunais ont cherché une similitude entre Urbain Grandier et Marie Besnard. Vers 1950 avait ainsi été composée sur ce sujet une chanson sur l’air de la Paimpolaise :

La bonne ville de Loudun
Célèbre par Urbain Grandier
Se réveilla un beau matin
Avec sa super Brinvilliers
Une femme assassin, pire que la Voisin.



 
Frédéric Pottecher
 

pottecher.jpg

 

Chroniqueur judiciaire pendant soixante ans il a été le témoin des plus grands procès politiques et criminels. Il mettra sa voix grave et ses talents de conteur au service de la justice faisant vivre avec passion, au micro ou à l'écran, les plus grands procès comme les affaires Dominici, Petiot ou Marie Besnard, "un vrai roman de Balzac" selon lui

Son premier grand reportage en tant que chroniqueur judiciaire, Frédéric Pottecher sera à la Libération le procès Pétain. Il rendra compte notamment de l'enquête sur l'assassinat de Kennedy et couvrira aussi les procès de Christian Ranucci et Patrick Henry. Parmi les affaires qui l'ont marquées, il retient le procès du curé d'Uruffe, un drame qui a secoué l'opinion publique des années cinquante. Une jeune femme enceinte éventrée par ce curé qui sera finalement condamné à la réclusion à perpétuité alors que la foule du palais de justice de Nancy réclamait la peine de mort.