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Discours de Gaulle après le putsch des généraux en 1961 - Délagation algérienne à Evian 1962
Pour approfondir le sujet :
>> Archives video INA sur l'attentat du Petit-Clamart
>> Dossier Historia sur l'OAS
>> Tuez de Gaulle ! Histoire de l'attentat du Petit-Clamart (lien Alapage)
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"Cette fois c’était tangent… Ces gens-là tirent comme des cochons." Général de Gaulle après l'attentat du Petit-Clamart Le général De Gaulle, considéré comme traître par l'OAS depuis les accords d'Evian, accusé d'avoir "bradé" l'Algérie, devient la cible de plusieurs attentats. L'un d'eux en particulier a lieu le 8 septembre 1961 à Pont-sur-Seine (département de l'Aube) : dirigé notamment par deux hommes du nom de Henri Manoury et Martial de Villemandy, cet attentat se solde par une explosion manquée de peu. Le général De Gaulle, descendant de la DS pour constater les dégâts, se contente de déclarer avec flegme : "Ce n'est pas un attentat. C'est tout juste une mauvaise plaisanterie".
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lAprès l'attentat de Pont-sur-Seine le sable ou était dissimulé l'explosif - septembre 1961
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22 aout 1962. Ce jour-là, comme tous les mercredis il y a eu Conseil des Ministres à l'Élysée. Un Conseil tout entier consacré à la question algérienne et aux séquelles de la guerre. Le gouvernement a mis au point une série de mesures pour tenter de mettre fin aux menées des activistes. En effet, les hold-up, les attentats se multiplient, soldats "perdus", anciens de l'O.A.S. veulent poursuivre le combat clandestin en métropole contre ceux qu'ils accusent d'avoir trahi.
Au soir de ce 22 août 1962, à 19h45, deux voitures accompagnées de motards quittent le palais présidentiel en direction de Villacoublay, où le général De Gaulle doit prendre un avion qui le ramènera à sa résidence de Colombey- les-Deux-Eglises. Dans la première voiture se trouvent le général et sa femme, ainsi que le colonel Alain de Boissieu, gendre du général, et le gendarme Francis Marroux, le chauffeur. Dans la seconde voiture se trouvent un médecin militaire et des policiers chargés de la sécurité du chef de l'état.
Un informateur prévient Bastien-Thiry du choix de l'itinéraire fixé au dernier moment par les services de sécurité parmi les trois possibles. Lajos Marton l'un des conjurés du Petit-Clamart dévoile dans son livre Il faut tuer de Gaulle" qu' il s'agissait du contrôleur général de la Police, Jacques Cantelaube, décédé en 1993. "Alain de La Tocnaye nous avait dit avant l'attentat que nous avions un informateur à l'Elysée. La seule chose que je savais, c'est qu'il s'agissait d'un commissaire de police. Il nous a donné la liste des plaques d'immatriculation des DS 19 du parc automobile présidentiel. Nous étions aussi au courant des différents itinéraires empruntés par de Gaulle. Nous connaissions enfin la composition du convoi: deux voitures et deux motards. C'est Cantelaube qui appelait, ou faisait appeler Bastien-Thiry. Je crois, mais je n'affirme pas, que Cantelaube n'était pas seul à l'Elysée."
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Propagande de l'OAS en 1962
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Lorsqu’elle aborde le rond-point du Petit-Clamart, la DS du Général est mitraillée par les tireurs du commando de Bastien-Thiry. Le gendre du Général de Gaulle crie à son beau-père de se coucher en même temps qu’il ordonne au chauffeur d’accélérer. "Nous avons ramassé exactement cent douilles de trois calibres différents", racontera le grand patron de la Criminelle au procès. Sur la voiture du général, une balle a brisé la vitre arrière gauche, une autre est entrée dans l'aile, à hauteur du réservoir d'essence, une troisième s'est arrêtée dans le dossier à quelques centimètres de Mme de Gaulle. Il y a aussi des points d'impacts sur les pare-chocs et le bas des portières. Plusieurs balles ont aussi frappé le bas de caisse de la voiture d'escorte et une, enfin, a traversé le casque du motard Robert Herry."
Le plan des auteurs de l'attentat prévoyait dans un premier temps d' immobiliser la voiture présidentielle bloquant aussi la deuxième voiture et les motards. Le général sera alors pris au piège. A ce moment-là interviendra le deuxième groupe de tireurs qui abattra le président de la République.
Ce qui aurait mis en fâcheuse posture tout autre véhicule n'empêche pas le chauffeur de garder le contrôle de la voiture et d'accélérer à fond pour prendre la fuite et ainsi sauver la vie du président. Heureusement pour le général, la DS constituait un véritable concentré de techniques toutes plus originales les unes que les autres. Au Petit-Clamart, la fameuse suspension hydraulique fit un miracle. Malgré les deux pneus crevés, l'assiette de la DS présidentielle resta constante; la voiture ne s'affaissant pas sur l'une ou l'autre des deux roues concernées, elle put poursuivre sa route. Les occupants de la voiture n’auraient pas dû en réchapper. Cette fois-ci, de Gaulle a eu beaucoup de chance. "Personne n’a rien eu ?" demande-t-il en arrivant à Villacoublay où l’attend l’hélicoptère qui doit l’emmener à Colombey. "Cette fois c’était tangent… Ces gens-là tirent comme des cochons."
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Les impacts de balles sur la DS présidentielle
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Le soir même une gigantesque chasse à l’homme est lancée. Les policiers possèdent témoignages et trouvent de nombreux indices sur place car, en voyant qu'ils ont échoué, les conjurés se sont enfuis trop précipitamment pour effacer toute trace de leur passage. Moins d'une demi-heure après le début de l'enquête, l'Estafette est retrouvée à un kilomètre du lieu de l'attentat, avec un véritable arsenal de commando: des fusils-mitrailleurs, des chargeurs de F.M. vides, des grenades, du plastic.
Deux semaines plus tard, les enquêteurs ont arrêté ou identifié onze conjurés. Mais il leur manque le principal responsable, l'organisateur. Quatre autres personnes sont identifiées, trois Hongrois et Louis de Condé mais la tête reste introuvable. Mais le signalement que les enquêteurs possèdent permet à la Sécurité militairede trouver un jeu de photos de plusieurs officiers correspondant au signalement La photo qui correspond le plus exactement est celle tement est celle d'un homme qui est présenté comme l'un des plus brillants officiers de l'armée française, le lieutenant-colonel Bastien-Thiry. Cinq des conjurés, Magade, Varga, Buisines, Ducasse et Prévost déclarent le reconnaître formellement sur la photo.
Le lieutenant-colonel Bastien Thiry est arrêté et 48 heures après le 17 septembre, il déclare : "Monsieur le Commissaire, vous m'avez mis devant certaines évidences. Il est inutile de nier l'évidence des faits. J'ai effectivement participé à l'attentat. J'en ai été l'instigateur, le réalisateur et je vais m'expliquer ".
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Attentat de l'OAS en 1962 en Algérie
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Devant la Haute Cour, le 28 janvier 1963 Ils sont neuf dans le box des accusés : Pascal Bertin, 20 ans, étudiant ; Pierre Magade, 20 ans, mécanicien, Pied-Noir ; Etienne Ducasse, 23 ans' étudiant; Alain Bougrenet de la Tocnaye, 36 ans, officier de la Légion, déserteur Jacques Prévost, 31 ans, électricien Alphonse Constantin, 34 ans, chaudronnier; Lazlo Varga, 20 ans, Hongrois, ouvrier; Gérard Buisines, 36 ans, sans profession ; et Jean-Marie Bastien-Thiry, 36 ans, lieutenant-colonel. Six accusés sont jugés par contumace: Georges Watin, Serge Bernier alias Murat, Louis de Condé, Lajos Marton, Jean-Pierre Naudin et Sari. Gyula Sari et Jacques Prévost sont des rescapés de l'enfer de Dien Bien Phu ; Jean Bichon, est un comploteur obsessionnel ; Alain de la Tocnaye, ancien chef de harka en Algérie, est un Chouan égaré dans son siècle.
Bastien-Thiry, Bougrenet de la Tocnaye, Prévost sont condamnés à la peine de mort, Buisines à la réclusion criminelle à perpétuité, Magade à quinze ans de réclusion criminelle, Constantin à sept ans de réclusion criminelle, Varga à dix ans de réclusion criminelle, Bertin à quinze ans de détention criminelle, Ducasse à trois ans d'emprisonnement.Le général de Gaulle grâcie les tireurs mais non leur chef.
Le 11 mars, à 6 h 39, la salve retentit au Fort d'Ivry. Bastien-Thiry vient d'être fusillé. Il est mort courageusement. Quelques jours après l'exécution, le chef de l'État aurait confié : "Les Français ont besoin de martyrs. Il faut qu'ils les choisissent bien. J'aurais pu leur donner un de ces crétins de généraux qui jouent au ballon dans la cour de la prison de Tulle. Je leur ai donné Bastien-Thiry. Celui-là, ils pourront en faire un martyr, s'ils le veulent, lorsque l'aurai disparu. Il le mérite." |
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Dans la Casbah d’Alger, après l’annonce des accords d’Évian - Départ des "pieds noirs" - 1962
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Bastien-Thiry
Issu d'une famille de militaires, élève de l'École polytechnique et diplômé de l'École nationale supérieure de l'aéronautique, il se spécialisa dans les engins air-air ; il devint ingénieur militaire principal de l'Air en 1957. Il a eu trois filles. A 35 ans, il est ingénieur en chef de deuxième classe, assimilé au grade de lieutenant‑colonel. Il vient d'être fait chevalier de la Légion d'Honneur. Il peut normalement espérer ses deux premières étoiles à 45 ans. C'est sans doute l'un des futurs grands chefs de l'armée française.
Comme beaucoup de militaires de sa génération, Jean Bastien-Thiry ne comprit pas les choix du général de Gaulle. Il les interpréta comme autant de trahisons à l'égard de la Nation, des Français d'Algérie et des musulmans fidèles à la France.
A la fin d'avril 1962, sa décision est prise: il entre en contact avec des clandestins du C.N.R. qui a pris le relais de l'OAS.
Tres croyant, il voit dans la théorie de Saint Thomas d'Aquin sur le tyrannicide une justification à l'acte qu'il veut entreprendre, pour lui de Gaulle est un tyran. Donc on peut tuer de Gaulle. C'est non seulement un devoir, pour des raisons politiques notamment, mais c'est aussi un droit. Bastien-Thiry s'engage librement dans l'engrenage. Il n'en sortira plus.
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Accords d'Evian
Les accords d'Évian, signés le 18 mars 1962, donnent la souveraineté à l'État algérien, Sahara compris. Le principe d'une coopération financière (intégration à la zone franc), culturelle et technique (mise en valeur des hydrocarbures) est adopté. Une partie des accords ne sera pas appliquée, par suite des orientations prises par le gouvernement algérien après l'indépendance (occupation des bases militaires, nationalisation des biens des colons, puis des hydrocarbures en 1971). L'indépendance de l'Algérie est solennellement proclamée le 3 juillet 1962.
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OAS
Organisation Armée Secrète
L’échec du putsch des généraux d’avril 1961 entraine l’émergence d’un mouvement clandestin qui tente, par l’action terroriste, de s’opposer à l’indépendance de l’Algérie : l'Organisation de l'Armée secrète (OAS). Créée le 11 février 1961 après une rencontre à Madrid entre Jean-Jacques Susini et Pierre Lagaillarde. Elle regroupait les partisans du maintien de l' "Algérie française" par le biais de la lutte armée. Le sigle OAS apparut sur les murs d'Alger le 16 mars 1961, accompagné du slogan "L’Algérie est française et le restera"
L'armée clandestine se divise en deux unités : l'OAS-Algérie, structurée, commandée, bien implantée dans la population européenne et disposant de moyens financiers et d'armes. Et l'OAS-Métro, qui ne trouvera jamais de soutien dans l'opinion publique qui rejette massivement le terrorisme.
Les services français de contre-espionnage pour lutter contre cette organisation créeront des réseaux secrets "les barbouzes"
Le 19 mars 1962, un cessez-le-feu est proclamé entre la France et les Algériens du FLN. Dans la clandestinité, le général Raoul Salan, fondateur de l'OAS, réagit : "Je donne l'ordre à nos combattants, dit-il, de harceler toutes les positions ennemies dans les grandes villes d'Algérie." Le 7 avril, chef des commandos Delta de l'OAS, le lieutenant Degueldre, est arrêté. Le 20 avril, ce sera le tour du général Salan. Le 8 avril, la France métropolitaine vote oui à 90,70% pour l'indépendance de l'Algérie. Le 17 juin, des accords entre l'OAS et le FLN mettent fin aux affrontements entre les deux organisations. Le 26, l'activisme de l'OAS cesse à Oran. Le 28, Degueldre est condamné à mort par un tribunal militaire.
Sur les 3 680 personnes jugées pour leur appartenance à l'OAS, 41 seront condamnées à la peine capitale dont 4 exécutées.
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