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Guy Burgess - Donald MacLean
Pour approfondir le sujet
>> Gentleman Espion livre de M. Carter sur A. Blunt (lien Alapage)
>> Mes camarades de Cambridge livre de Youri Modinet (lien Alapage)
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Ce 24 mai 1951, Guy Burgess et Donald MacLean, diplomates de haut rang ayant accès aux dossiers les plus sensibles, disparaissent subitement. En faisant défection, Guy Burgess et Donald Maclean confirment aux services de renseignements qu'il existe bien un réseau du NKVD (l'ancêtre du KGB) à la fois au Foreign Office et au MI 5.
Le KGB a réussi un coup de maître en recrutant à Cambridge, entre 1934 et 1936, cinq jeunes membres de la gentry. Guy Burgess et Donald Maclean, tous deux diplomates, se réfugieront à Moscou en mai 1951. Kim Philby finira lui aussi par se réfugier à Moscou en 1963. Les noms des deux derniers seront connus beaucoup plus tard: Anthony Blunt, historien d'art, proche de la reine, a été démasqué en 1979 par l'écrivain Andrew Boyle. Il avait avoué sa trahison aux services britanniques. John Cairncross, enfin, paisible retraité écossais vivant en France, a été identifié en 1990 seulement.On les appelés " Les cinq magnifiques" par référence au film " The seven magnificent ", " Les sept mercenaires " en français. Pourquoi " Les cinq magnifiques " ? Parce que ces cinq hommes étaient flamboyants, intelligents, cultivés… Parce que jamais encore une telle brochette d'espions n'avait pu infiltrer les plus hautes instances d'un pays… Et enfin parce que ces espions ont trahi par idéal et qu'ils n'ont jamais accepté d'être rémunérés par ceux pour lesquels ils travaillaient, c'est à dire les Soviétiques…
Burgess et MacLean se sont connus à Cambridge au début des années 30.
Rejetons de grandes familles qui ont donné officiers
supérieurs et ministres à Sa Gracieuse Majesté. La haine des
hypocrisies de leur caste, et le spectacle des ravages de la grande
crise font d'eux d'eux les enfants perdus de l'Empire, avec toutes les
caractéristiques pour intéresser les recruteurs de la Loubianka :
carrière brillante promise au sein de l'establishment et une
homosexualité en but au rejet hypocrite et répressif de la société
anglaise de l'époque, idéologie communiste d'autant plus ferme qu'ils
continuent à rouler en Rolls et à fréquenter les garden-parties pour
la cause. Burgess est le plus énigmatique : charmeur, brillant,
intensément séducteur, passablement destructeur, il est le grand
Tentateur, mais aussi bien le bouffon, alcoolisé et défait,
imprévisible et dangereux. WH Auden, poete anglais émigré aux Etats Unis, et condisciple de Burgess déclarera : ”Je sais exactement
pourquoi Burgess est parti à Moscou. Etre un pédé et un ivrogne ne lui
suffisait plus. Il lui fallait se révolter encore plus, rompre avec
tout ça. C’est exactement ce que j’ai fait en devenant citoyen des
Etats-Unis“.Burgess meurt à Moscou en 1963, MacLean en 1983. Mais Burgess et MacLean n'auraient pas été de si
efficaces espions sans le contrôle d'un homme que les services secrets
enrageaient de ne pouvoir localiser, malgré l'efficacité légendaire de
leur chef, cet anticommuniste enragé de Kim Philby. Or, il y avait une
raison aussi simple qu'inimaginable à l'échec de ces recherches et dont
l'intéressé révéla la fracassante nouvelle en s'enfuyant à son tour à
Moscou dix ans plus tard : le troisième homme, ancien de Cambridge
également, où il avait agi comme recruteur, c'était Philby lui-même.
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Kim Philby (à droite) lors de la guerre d'Espagne aprés le bombardement de son véhicule
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Philby était le fils d’un orientaliste de tout premier ordre, diplomate et... déjà espion, officier de l'armée des Indes, puis véritable Lawrence d'Arabie bis, qui préféra les Wahhabites aux Windsor et qui livra le pétrole du Golfe à la Standard Oil américaine plutôt qu'à ses compatriotes. Entre le pére conseiller d'Ibn Sa'ud et le maître espion de Staline les ressemblances sont nombreuses : même intelligence supérieure, même énergie, même mépris pour leurs semblables, mêmes motivations idéologiques: au socialisme du père (Le colonel Lawrence le qualifia de "plutôt rouge, encore que tout à fait convenable") correspond le communisme du fils. Et même perversité. Contrairement à son père, Kim Philby ne reçut ni argent ni concubines pour le prix de ses obligeants services r mais il goûta comme lui "la saveur exquise du pouvoir personnel exercé sans scrupule au moyen de la trahison".
Kim Philby entre en 1929 au Trinity College de Cambridge, il y étudie l’économie et l’histoire. Il y rencontre le Groupe de Cambridge ou "Magnificent Five" (Donald Maclean, Guy Burgess, Anthony Blunt et John Cairncross).Il est recruté par les services soviétiques.Son officier traitant lui demande de se constituer une couverture politique, en représentant le très conservarteur Times de Londres en Espagne pendant la guerre civile. Il y est blessé et décoré par Franco lui-même.Puis il entre en 1941 au MI5, le contre-espionnage, où il rencontre Graham Greene, l'ami fidèle. Fin 1944, il devient le patron de la section chargée des activités anti-communistes.Il transmet des informations confidentielles aux Soviétiques qui permettent d’écraser une insurrection anti-communiste en Albanie. Plusieurs agents britanniques, en plus de résistants albanais, disparaissent dans l’opération et Philby n’en éprouvera jamais le moindre remord ; il se contentera de déclarer qu’ils savaient les risques qu’ils prenaient.
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Kim Philby lors de la conférence de presse de 1955 ou il dément "les rumeurs grotesques"
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| En 1949 Philby est affecté à Washington et y retrouve McLean et Burgess, diplomates.
Les Américains les soupçonnent d’avoir transmis aux Soviétiques des
informations confidentielles sur le programme nucléaire militaire.
McLean et Burgess font défection en 1951, probablement informés par
Philby, et les soupçons de la CIA commencent à se porter sur Philby
lui-même. Ecarté de son poste, il fait l’objet d’une enquête
approfondie et est blanchi par Harold Macmillan, Secrétaire au Foreign
Office, devant les Communes en octobre 1955. Au cours d’une conférence
de presse célèbre, il dément "es rumeurs grotesques" de sa trahison.
Cependant il est définitivement exclu du MI6,il s’installe à Beyrouth
comme correspondant de l’Observer puis de The Economist. Il y couvre la
crise de Suez en octobre-novembre 1956. En janvier 1963, il passe
définitivement en Union soviétique, probablement avec l'accord tacite
du gouvernement britannique, pour éviter un procès à scandale. |
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Kim Philby (au centre) au quartier général du KGB - A Moscou avec sa femme Roufa Poukhova
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En URSS Il travaille en qualité de consultant du KGB sur l’activité des services secrets occidentaux." L’agent de renseignements Mikhail Bogdanov qui connaissait Kim Philby raconte : Le "Séminaire Philby" a eu lieu de 1976 jusqu’à la mort du Maître. Environ quinze jeunes spécialistes des questions britanniques y ont été formés.L’importance du "Séminaire Philby" pour ses auditeurs était inestimable. Il inculquait non seulement l’intuition du chasseur, mais aussi la sagesse de la vie et l’ABC des contacts directs avec divers Britanniques. C’était aussi la possibilité unique en son genre de "délier la langue" et de s’entraîner à mener des entretiens avec un "véritable Britannique". Dans un domaine plus privé. il tombe amoureux de Roufa Poukhova, employée d’un Institut de recherche de Moscou, et l'épouse. Il meurt le 11 mars 1998 à Moscou.
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L'invraisemblable Anthony Blunt
Anthony Blunt est l'historien d'art le plus brillant et le plus respecté d'Angleterre, il dirige durant un quart de siècle le célèbre Institut Courtauld dont il fait un centre de recherche envié, écrit d'innombrables ouvrages, et devient, enfin, inspecteur des tableaux de la collection royale et chevalier de l'Empire britannique de sorte que ses amis lui donnent du «sir Anthony», réservant à John Gaskin, son amant, majordome, cuisinier et chauffeur, le sobriquet de "lady John".
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Anthony Blunt en compagnie de la Reine
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Anthony Blunt naît en 1907, sa famille appartient aux classes moyennes, mais plutôt du côté "upper class". A treize ans, il entre dans une public school renommée pour sa dureté. A Cambridge, il est coopté au "Club des apôtres" qui réunit les plus brillants et les plus snobs des étudiants. Il y fréquente les membres du groupe de Bloomsbury et côtoie Virginia Woolf, John Maynard Keynes et Bertrand Russell.
Son adhésion communiste, au-delà de l'attente messianique de la Révolution, est d'abord un combat antifasciste partagé avec les démocraties. Après que ses amis, au milieu des années 1950, sont découverts et doivent fuir, Anthony Blunt rompt, d'ailleurs, avec ses officiers traitants du NKVD.
Mais en 1963 commence l'épisode le plus singulier de ses doubles vies. Démasqué comme le quatrième homme des espions de Cambridge, voici qu'il passe aux aveux en échange... de l'immunité totale et du secret gardé! Sir Anthony continuera donc de transporter dans le monde des arts son élégante silhouette, jusqu'en 1979 où, là, madame Thatcher jugera bon de tout dévoiler. Seule, d'ailleurs, madame Thatcher pouvait à ce point détester ce que représentait aussi Anthony Blunt: "Un privilégié, donc trop gâté, un érudit, donc élitiste et snob, un homosexuel, donc prédateur et adepte du secret." Il meurt en 1983.
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Le dernier :
John Cairncross |
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Le cinquième homme, John Cairncross, est le plus secret de tous, au point que son existence ne sera dévoilée qu'au début des années 90. L'Écossais John Cairncross, par ailleurs spécialiste de Molière, a réussi à intégrer l'un des organismes les plus secrets de Grande-Bretagne, Bletchey Park : un laboratoire où les meilleures têtes d'œuf du royaume déchiffrent jour après jour les communications codées des armées du III° Reich. En 1943, plusieurs messages décryptés indiquent que l'armée allemande préparent une grande offensive pour l'été, dans la région de Koursk, en Union soviétique… Les autorités britanniques préviennent Staline. Mais sans donner aucun détail. Cairncross, lui, envoie à Moscou l'ensemble du plan allemand. Les Soviétiques, surmontant leur méfiance vis à vis de leur source, attaquent les premiers… Des dizaines de milliers de soldats de l'Armée rouge sont ainsi épargnés et plusieurs centaines d'avions allemands sont détruits au sol. La dernière grande offensive militaire du III° Reich sur le front de l'Est se traduit par un échec. Grâce à Cairncross ! Il est mort le 8 octobre 1995.
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