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Le Mans 1955
Faits divers des années 50/60
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Pierre Levegh - 1905-1955

Pierre Levegh

De son vrai nom Pierre Bouillon, En hommage à son oncle Alfred Velghe (un pilote automobile de la fin du XIXe siècle qui courait sous l'anagramme "Levegh"), Bouillon décide de prendre lui aussi le pseudonyme "Levegh". Avant guerre il trouve se forger une jolie réputation au niveau national dans des épreuves de type "sport", ainsi qu'en Grand Prix.A la fin de la guerre, Pierre "Levegh" peut reprendre sa carrière. Au volant d'une Talbot, il participe ainsi à plusieurs Grand Prix du nouveau championnat du monde de Formule 1, en 1950 et 1951
En 1952, il fut la vedette des Vingt-Quatre Heures du Mans. Avec une Talbot préparée par lui-même, il mena la course pendant vingt-quatres heures sans jamais demander le changement de conducteur, tenant en échec toute l'équipe Mercedes. Une bielle coulée l'empêcha de remporter le succès. C'est cet exploit qui lui valut, trois ans plus tard, de figurer dans l'équipe officielle Mercedes des Vingt-Quatre Heures du Mans.


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La 300 SLR avec son dispositif de freinage aérodynamique

Les trois voitures engagées au Mans seront particulièrement soignées car Mercedes doit gagner cette course. Elles sont incroyablement fiables et rapides, on en chronomètre une à 286 km/h sur la ligne droite des Hunaudières. La presse française (L'Automobile) croit à un match Ferrari-Jaguar mais titre: "L'outsider Mercedes devra forcer pour risquer sa chance"...


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La Mercedes de Pierre Levegh a percuté l'arrière de l'Austin Healey de Lance Macklin

A consulter sur le sujet
>> Le Mans : 11 juin 1955: la tragédie livre de Christopher Hilton (lien alapage)
>> Le Mans un siècle de passion livre de Michel Bonté (lien alapage)

Créé depuis 2 ans, le Championnat du monde des marques ouvert aux voitures dites de "sport" connait le succès auprès des constructeurs. Pour cette édition des 24 Heures du Mans 1955, le plateau réuni Jaguar, Maserati et Ferrari, auxquels est venu se joindre Mercedes. Les pilotes embauchés par les usines sont les meilleurs du moment. Fangio en équipe avec Stirling Moss sur la Mercedes n°19 a complétement raté son départ. Il mettra plus de 2 heures a refaire son retard sur les hommes de têtes, à coup de records du tour,.

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Reconstruit après la guerre, le circuit de la Sarthe était à la pointe de la sécurité avec des fascines de branchages et un fossé séparant la piste du public. Mais ce samedi 11 juin, alors que la pendule indique 18h27, ce frêle rempart n'est d'aucune utilité lorsque la Mercedes de Pierre Levegh s'envole. Hawthorn, en pleine bagarre avec Fangio, dépasse l'Austin Healey de Macklin attardée à l'entrée de la ligne droite des tribunes, puis soudain, freine et décide de se rabattre pour ravitailler... Surpris, le pilote anglais fait un écart vers la gauche, sans s'apercevoir que deux Mercedes lancées à pleine vitesse fondent sur lui: dans la première, le Français Pierre Levegh, avec un tour de retard. Derrière lui, Juan Manuel Fangio.

Pierre Levegh sur la Mercedes n° 20 va entrer dans la foule, suite à la collision avec l' Austin Healey, tuant et décapitant les spectateurs sur plus de cinquante mètres. C'est l'accident le plus effroyable de toute l'histoire de la compétition automobile. Le journal Inter-Auto écrit : «...Des centaines de poitrines ont poussé un cri terrifiant. En explosant comme une bombe dans la foule, la Mercedes n° 20 a créé un vide de chair et de sang. C'est une vision de guerre. De ce parterre de corps torturés surgissent quelques blessés hagards. Le corps de Levegh retombé sur la piste, le crâne fracassé, brûle dans les lambeaux de vêtements qui restent collés à sa peau. De l'amas de ferrailles tordues monte une épaisse colonne de fumée qui cache aux spectateurs des tribunes cette scène de carnage. » Il y aura plus de 80 morts et de nombreux survivants, handicapés, portent aujourd'hui encore dans leur chair la trace de cette tragédie. Fangio qui menait la course avec plusieurs tours d'avance s'arrête à son stand ignorant tout de la mort de Levegh qu'il avait doublé quelques secondes avant le drame sans se douter de ce qui allait se passer.

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Lorsque Fangio s'arrêta à son stand de ravitaillement et que Neubauer lui demanda comment il avait pu passer, l'Argentin expliqua : "Je suivais Levegh... Je l'ai vu lever la main. C'est son geste qui m'a sauvé la vie." Alors que Levegh savait l'accident inévitable pour lui; il avait pensé à ceux qui le suivaient. Son geste avait sauvé la vie de Fangio. Fangio refuse de repartir, le coeur n'y est plus. La course n'a plus de sens. Neubauer, chef de l'écurie Mercedes, est de son avis, il abandonne. L'ACO en laissant continuer la course a évité la panique parmi tous les spectateurs restant présents, risquant ainsi d'encombrer les routes nécéssaires à l'acheminement des secours.

Sur les lieux où avaient été fauchés les spectateurs par les débris de la Mercedes, c'était un spectacle de désolation avec des corps inertes et des blessés qui geignaient partout. A la suite de cet accident, les courses automobiles furent interdites pendant un an en France. Mercedes se retira de la compétition et n’y revint qu’en 1987.