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A consulter sur le sujet
>> Archives video INA sur la catastrophe de Fréjus
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La rupture catastrophique du barrage de Malpasset a provoqué dans le monde entier une remise en cause systématique des pratiques en vigueur La construction d'un barrage dans la région de Fréjus est envisagée juste après la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre des grands projets d'équipement du pays. Son principal objet est de constituer un réservoir d'eau permettant d'irriguer les cultures dans une région où les pluies sont très irrégulières. Les travaux commencent le 1er avril 1952. L'ouvrage achevé en 1954 est une réussite architecturale et technique. Il retient un lac de 4 kilomètres de long sur 2 kilomètres de large. La capacité de retenue de 50 millions de m³ d'eau, dont 25 millions utilisables en fait le plus grand barrage d'irrigation en Europe. Le mur, de type voûte mince, a une hauteur de 66 mètres. Son épaisseur de 6.78 m à la base et 1.50 m à la crête, en fait le barrage le plus mince du monde.
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La mise en eau commence avec les pluies de l'automne de 1954. Mais l' administration doit faire face à une longue procédure judiciaire avec un entrepreneur qui refuse de se laisser exproprier, en effet dans le périmètre du lac se trouvaient les mines de Spath fluor la direction de la mine demande pour terminer l'exploitation du minerai en aval du plan d'eau du barrage que la cote maximum du niveau d'eau du barrage reste au-dessous de la cote 85.Pour ne pas envenimer la situation, qui risque de devenir coûteuse, l'administration fait en sorte que la cote 85 ne soit pas atteinte. Ainsi la mise en eau complète n'avait jamais été faite.
En 1959, la Côte d'Azur reçoit des pluies diluviennes, le niveau de l'eau monte très rapidement - trop rapidement pour permettre un contrôle convenable des réactions du barrage. D'autant qu'il est impossible, à ce moment, de lâcher de l'eau : la construction de l'autoroute juste en aval du barrage interdit d'ouvrir les vannes - sauf à endommager les piles d'un pont dont le béton vient d'être coulé. Vers la mi-novembre, alors que le niveau de l'eau était environ 7 m sous la crête, des suintements apparurent sur la rive droite. Ils s'accentuèrent rapidement au point de devenir de véritables sources au fur et à mesure de l'élévation du niveau qui approchait rapidement du sommet de l'ouvrage. Ces suintements, dûs à la mauvaise qualité de la roche, créent des forces de sous pression. C'était le premier remplissage, la phase la plus critique de la vie d'un barrage. Le 2 décembre à 18 heures, les responsables du barrage décident tout de même de laisser s'écouler un peu d'eau, la capacité maximale de l'ouvrage étant atteinte.
Vers 21 heures 10 minutes, le niveau ayant baissé de quelques centimètres, le gardien Ferro rentre vers sa maison située à environ 1 500 mètres en aval du barrage. Il entend des craquements successifs, sent un souffle violent ouvrant portes et fenêtres. Une grande lueur est visible et l'électricité s 'éteint. Le barrage s'est rompu en un instant. Une gigantesque vague de plus de 40 m de haut déferle dans l'étroite vallée à la vitesse de 70 km/h. Balayant tout sur son passage, elle débouche sur Fréjus 20 minutes plus tard, avant de se jeter dans la mer. D'énormes blocs de béton, constituant le gros œuvre du barrage pesant plusieurs dizaines de tonnes sont roulés sur des centaines de mètres.
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Les barrages-voûtes sont réputés pour leur exceptionnelle solidité, la poussée de l'eau ne faisant que renforcer leur résistance. Malgré la très faible épaisseur du barrage de Malpasset : 6,78 m à la base et 1,50 m à la crête, ce qui en fait le barrage le plus mince d'Europe, la voûte elle-même est entièrement hors de cause. Mais ce type d'ouvrage doit s'appuyer solidement sur le rocher, à Malpasset une série de failles sous le côté gauche du barrage, "ni décelées, ni soupçonnées" pendant les travaux de prospection, selon le rapport des experts, faisait qu'à cet endroit la voûte ne reposait pas sur une roche homogène. Le 2 décembre 1959, le rocher situé sous la rive gauche a littéralement "sauté comme un bouchon", et le barrage s'est ouvert comme une porte...
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Le plan ORSEC - plan d'organisation des secours - est immédiatement déclenché. Les militaires des bases locales ainsi que des hélicoptères de l'armée
américaine basés dans les environs s'occupent de porter secours aux
survivants, mais aussi de dégager les corps des victimes. Le général de
Gaulle, président de la République, venu sur place quelques jours plus
tard, découvre une zone totalement sinistrée. La catastrophe a fait 423
victimes. La vague avait soufflé 50 fermes, détruit 951 immeubles,
arraché 2,5 km de voie ferrée avec le train qui y circulait et 1,5 km
de route.
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