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| La "triste dame" et la découverte de la structure de l'ADN |
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Le cliché 51 de Rosalind Franklin
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Pour approfondir la question :
>> Une analyse animée du cliché 51 (en anglais)
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Le 25 avril 1953, un article dans la revue scientifique Nature "A Structure for Deoxyribose Nucleic Acid" décrit pour la première fois la structure de la molécule d'ADN (acide désoxyribonucléique), support du patrimoine génétique des êtres humains. Les auteurs James Watson, 25 ans et Francis Crick, 36 ans écrivent : "Nous désirons proposer une structure pour le sel de l'acide desoxyribonucléïque (ADN)... Il n'a pas échappé à notre attention que 'appariement spécifique que nous avons proposé suggère immédiatement un mécanisme possible pour le réplication du matériel génétique". Jim Watson est un biologiste américain et Francis Crick un physicien britannique. Dans le même numéro de Nature paraît un autre article sur des études cristallographiques de l'ADN cosigné par Rosalind Franklin et son assistant Raymond Gosling
Dès les années 40 l'ADN est reconnu comme vecteur de l'hérédité, et à la fin des années 40 le biochimiste américain Edwin Chargaff avait établi que l'ADN se décomposait en quatre types de molécules ou "bases" (A, C, T, G), attachées les unes aux autres comme les perles d'un collier. Mais sa structure tri-dimensionnelle reste mystérieuse.
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Rosalind Franklin au Laboratoire Central des Services Chimiques de l'État à Paris - Raymond Gosling son assistant à King's College
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| Rosalind Franklin |
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Plusieurs laboratoires travaillent sur le sujet, entre autres, une équipe de King's Collège à Londres, autour du cristallographe Maurice Wilkins, cherche à définir la structure de l'ADN à l'aide des rayons-X. Maurice Wilkins après avoir travaillé sur le projet Manhattan sur le développement de la bombe atomique revient en Grande-Bretagne et se tourne vers la biophysique. C’est lui qui, a l’idée d’étudier la diffraction aux rayons X de l’ADN. Les premiers travaux ne sont guère concluants, c'est une jeune chercheuse anglaise Rosalind Franklin (qui a rejoint l'équipe en 1951) qui met au point la technique qui permettra d'aboutir au fameux cliché 51.
Rosalind Franklin a été formée aux techniques de de la diffraction des rayons-X et à la cristallographie au Laboratoire Central des Services Chimiques de l'État à Paris. Elle arrive en 1951 à King's Collége dans une institution masculine, sinon machiste, les femmes chercheurs n’étaient pas admises au restaurant du College et devaient se contenter de la cafétéria des étudiants. De plus elle ne s'entendait guère avec Wilkins, celui se plaignait souvent auprès de Watson et Crick, prétendant que Rosalind était une entrave dans ses travaux ; les trois (Watson, Crick et Wilkins) l’avaient surnommée «La Dame triste».
On est désormais certain que Wilkins communiqua, à 'insu de Franklin, les clichés qu'elle a obtenu à James Watson, Ils lui confirment l'existence d'une double hélice. Les scientifiques s'accordent , aujourd'hui, à reconnaître que c'est ce le cliché 51, obtenu par diffractométrie aux rayons X, qui a permis la construction du modèle moléculaire de l’ADN.
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Maurice Wilkins - Rosalind Franklin
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Franklin quitte en 1953 King's College dont elle ne supportait plus l'ambiance pour Birbeck College ou elle travaille sur la cristallographie des virus. Celle qui disait que "les joies de la science résident dans le travail lui-même et que la récompense finale est le progrès du genre humain" se retire ainsi de la course. Elle meurt d'un cancer en 1958.
De leur côté Watson et Crick entre leurs travaux sur les cristaux de l'hémoglobine pour l'un et sur le virus de la mosaïque du tabac pour l'autre s'acharnent à coup de fil de fer et boules de laiton à construire leurs modèles atomiques. Il leur faudra un an de tâtonnements pour aboutir à "une double hélice dont les barreaux, formés de paires de base complémentaires, se succèdent à 'infini"
«C'était tellement beau que cela ne pouvait pas être vrai... C'était simple ; on pouvait exposer cette idée à n'importe qui - il n'était pas nécessaire d'être un génie pour comprendre le mode de réplication du matériel génétique», écrira plus tard James Dewey Watson |
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James Watson et Francis Crick devant leur modèle
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Crick et Watson n'ont pas seulement construit modèle en trois dimensions, dans l'année 53 ils ont décrit, à travers pas moins de sept article dans Nature, la façon dont l'information s'encode et ouvert la voie au décodage du génome humain 50 ans plus tard. Même si sur le coup il semble bien que sur le coup l'importance de la découverte passa inaperçue du monde scientifique, probablement parce que les moyens techniques du début des années 50 ne permettaient pas de l'exploiter.
En 1962 Wilkins, Watson et Crick reçoivent le prix Nobel de Médecine, Rosalind Franklin, décédée ne peut conformément au statut du Nobel être nominée. Et les trois nouveaux nobellisés ne jugèrent pas utile de mettre en avant sa contibution essentielle à leur découverte. Watson poussera même l'inélégance jusqu'à en offrir un portrait peu flatteur dans son livre «La Double hélice» paru en 1968, l'appelant la terrible Rosy et la décrivant comme un personnage irascible et peu féminin, tout en reconnaissant dans le même livre que le modèle de la double hélice ne reposait sur aucune donnée expérimentale autre que l'analyse des résultats de Franklin. |
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Prix Nobel 1962
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