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Le procès d'Ilse Koch "la chienne de Buchenwald"
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Ilse Koch

Pour approfondir la question :
>> Le grand voyage
un roman de George Semprun (lien Alapage)

 
A Dachau, en 1947, se déroule devant le tribunal militaire américain le premier procès d'Ilse Koch, surnommée en raison de son sadisme "la chienne de Buchenwald". La "commandante", si elle n'occupait aucune fonction officielle dans le camp, exerçait une grande influence. "Avide de puissance et dépourvue de sentiment", selon les termes du tribunal,   elle excitait la brutalité des SS et assistait aux séances de torture.

Née en 1906 à Dresde, elle adhère en 1932 au parti nazi. En 1934 elle rencontre Karl Koch, cadre du parti, elle l'épouse en 1937.
Karl Koch de 1934 à 1942, travaille dans dix camps et en dirige sept dont Sachsenhausen, Esterwegen,Buchenwald et Majdanek. A Buchenwald Ilse Koch, que les prisonniers surnomment «la kommandeuse», «la sorcière» ou «la chienne» de Buchenwald, se promène à cheval dans le camp, frappant les détenus a coups de cravache, ou bien elle exhibe des tenues provocantes et signale à son mari les prisonniers qui ont osé la regarder pour qu'ils soient punis devant elle. Karl Koch, lui,  pratique  l’extorsion des prisonniers et détourne une partie des fonds destinés au camp, le couple se fait construire une superbe villa et elle un manège, à l'intérieur du camp,  pour ses exercices équestres.

 
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Karl et Ilse Koch - Bâtiment du tribunal militaire américain à Dachau en 1947
 
Harry Herder Jr, à l'époque caporal américain de 19 ans, racontera dans son témoignage "La libération de Buchenwald" : "Le sergent nous raconta quelques faits à propos du commandant de Buchenwald et de sa femme. De là où nous étions, nous pouvions voir la maison du commandant en bas de la colline, entourée d'arbres sans feuilles. Blowers nous fit une description de ces gens méprisables. La femme, Ilse Koch, adorait monter à cheval dans le camp, se promenant en botte et fouet à la main. Blowers nous raconta ceci: un jour elle ordonna que tous les prisonniers juifs du camp se déshabillent et s'alignent. Puis elle se promena entre les rangées de prisonniers et, à chaque fois qu'elle voyait un tatouage qui lui plaisait, elle le touchait avec sa cravache. Immédiatement, les gardes entraînaient le prisonnier vers l' infirmerie où les docteurs SS le tuaient, lui enlevaient le tatouage, puis le tannaient. Les tatouages étaient ensuite assemblés pour en faire des abat-jours. Dans les livres d'histoire, on a dit qu'on en avait trouvé deux. En fait il y en avait trois mais l'un d'entre eux disparut peu après notre arrivée. Quoi qu'il en soit, ceci vous donne une vague idée d'Ilse Koch, de son mari et des "docteurs" du camp."

"C'était une très belle femme avec le long cheveux roux,
mais un prisonnier surpris à la regarder pouvait être tué immédiatement" raconte Kurt Glass, un ancien détenu qui a travaillait  comme jardinier à la villa de Koch. "Elle s'est mis dans la tête d'avoir des abat-jour de lampe faits de peau humaine et un jour à l'appel on nous a ordonné de nous dévêtir jusqu'à la taille. Elle a choisi parmi les tatouages ceux qu'elles trouvaient les plus intéressants, ces gens étaient tués et leur peau transformée en abat-jour. Elle a aussi utilisé des pouces humains momifiés comme interrupteurs  électrique dans sa maison."
 
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Ilse Koch lors du procès de Dachau
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Ilse Koch lors du procès de Dachau - "La chienne de Buchenwald" fusain de Lorjou 1950
 
En septembre 1941 Karl Koch est transféré au camp de de Majdanek en Pologne. Ilse Koch restée à Buchenwald serait devenu la maitresse de Waldemar Hoven, médecin chef SS de Buchenwald (qui participe aux expériences médicales, aux assassinats de malades, aux sélections pour l’extermination) et de Hermann Florstedt le commandant adjoint.

Karl Koch est finalement accusé par la justice SS  de détournement de fonds,
faux et usage de faux, destruction de documents officiels en 1943.  Il sera fusillé en 1945, une semaine avant la libération de Buchenwald. Ilse Koch est acquittée "Devant les juges SS, j'ai fait de jolis sourires et j'ai menti. Je m'en suis tirée. Je ne suis pas encore trop mal fichue et il suffit de mentir avec conviction" expliquera-t-elle.

En 1947 Ilse Koch fait partie des  31 criminels de Buchenwald traduit devant un tribunal militaire américain à Dachau le 11 avril 1947.
Elle tentera la même tactique  non sans avoir pris la précaution supplémentaire de se faire mettre enceinte en prison (la grossesse évitant la condamnation à mort). Trois pièces de peau tatouée et une tête réduites sont présentées au tribunal le 13 décembre 1945. Le rapport médico-légal confirme la nature humaine de ces dépouilles.
 
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Au procès d'Ilse Koch l'accusation présente au tribunal trois peaux humaines tannées
 
Condamnée à la réclusion à perpétuité dans un premier temps, elle est libérée par le gouverneur militaire américain,  le général Lucius Clay,  après seulement deux ans (Dans un interview en 1976, le Général Lucius Clay expliquera qu'il avait cru que les peaux humaines tannées  étaient des peaux de chèvre)

Devant le scandale internationale un deuxième procès, devant la justice allemande,
a lieu a Augsbourg en novembre 1950. Ilse Koch nie toutes les accusations et se présente comme une mère et un femme ordinaire, victime d'une machination. Le tribunal relève  qu'il est avéré que des abat jour faits de peau humaine ont été trouvés à Buchenwald. Après l'audition de 243 témoins, elle est condamnée le 15 janvier 1951 à la réclusion à perpétuité. Elle se suicide en 1967 dans la prison pour femmes bavaroise de Aichach.
 
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Ilse Koch écoute de la sentance qui la condamne à perpétuité - Dachau 1947
 
 
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