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| Alain Bombard et le drame d'Etel en 1958 |
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Alain Bombard à la Barre d'Etel
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Pour approfondir la question :
>> Le Musée des thoniers à Etel
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Alain Bombard (1924- 2005) est médecin et biologiste. En 1952 il est chercheur au musée océanographique de Monaco et spécialisé dans les problèmes de survie en mer. Cette année là, "Naufragé volontaire", il embarque avec un anglais, Jack Palmer, a bord d'un canot pneumatique, "l'Hérétique", ils quittent Monaco avec une petite voile, un sextant pour la navigation, un filtre à plancton et du matériel de pêche. "l'Hérétique" touche terre à Tanger, Palmer jette l'éponge, mais Alain Bombard ne renonce pas. Il traverse en quatre mois l'Atlantique, ne se nourrissant que d'eau de mer mélangé a du jus de poisson. Au bout de cinquante jours il écrit dans son journal de bord "Je tiens à dire que mon expérience est valable pour cinquante jours. Ce n'est pas parce que j'arrive mort que les naufragés doivent désespérer." Il arrive à La Barbade le 23 décembre 1952 après 113 jours de mer, épuisé et santé gravement altérée, mais il a prouvé qu'un naufragé peut survivre en mer sans vivres.Il publie le récit de cette aventure en 1954, et devient célèbre.
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Alain Bombard, en1952 dans le port de Monaco, avant sa traversée - Retour à Paris d'Alain Bombard janvier 1923 (Parisienne de photographie)
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C'est en 1958 qu'il va s'affronter à la barre d'Etel. Alain Bombard a mis au point un nouveau type de canot pneumatique , pour prouver sa supériorité sur les modèles classiques il va tenter avec six compagnons de franchir la barre d'Etel : un haut fond formé par un banc de sable qui se déplace au gré des vents et des courants, la mer se brise sur toute la longueur de l'embouchure et crée des rouleaux particulièrement dangereux à certaines marées, quand le vent souffle du large.
La première tentative réussit, mais ne convainc guère, les conditions de mer étant trop favorables. Le 3 octobre 1958, la météo est mauvaise et "la barre est en croix", interdite de navigation. Bombard embarque à nouveau avec six volontaires. Le canot de sauvetage "Vice-Amiral Schwerer II", commandé par le patron Émile Daniel avec sept hommes d'équipage, assure la sécurité. "La Barre d'Étel présentait son aspect des plus mauvais jours, dans un impressionnant tumulte d'écume bouillonnante. A 10 h 20, tous les participants de l'expérience - sept hommes - prennent place, du quai de la Criée, sur le remorqueur Ville-d'Étel. La Barre est rapidement atteinte. Le remorqueur demeure légèrement en deçà des brisants, tandis qu'on jette à la mer le canot pneumatique à gonflage automatique dans lequel sautent Bombard et les six volontaires qui l'accompagnent" raconte le journaliste Yvon Guellec qui assistait a l'expérience.
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La barre d'Etel - Alain Bombard en 1956
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Après avoir réussi à franchir les premiers rouleaux, le canot est retourné par le dernier rouleau et les sept hommes sont projetés à la mer. Le "Vice-Amiral Schwerer" se porte au secours des naufragés, mais une aussière se prend dans son hélice, il se met en travers et chavire. Quatre hommes réusissent a se hisser sur la coque retournée, Alain Bombard et trois marins d'Etel. Ils seront recueillis par le remorqueur Ville-d'Étel. Un cinquième homme également repêché. Deux autres survivants, épuisés seront incapables de saisir l'échelle que traine un hélicoptère au ras des flots. Le bilan est lourd : neuf morts dont trois sur le canot de Bombard et six parmi les sauveteurs.
Aimé Kergueris, alors agé de 17 ans raconte : "Vers 17 h, ce jour-là, un artisan qui avait couru au moins trois kilomètres sur la dune nous a demandé d'aller avec nos petits tracteurs, le mien, celui d'Étienne Philippe et de Rémy Candalh pour tenter de retourner le canot renversé au bord du rivage. Mais dans le sable, on n'a jamais pu raidir le câble. Un engin avec treuil est venu du Polygone de tir de Gâvres. Le canot a été retourné, mais il n'y avait plus personne à l'intérieur. Plus loin, à côté du sémaphore d'aujourd'hui, les corps des victimes étaient allongés sous des couvertures. Personne ne disait rien" (in Ouest-France).
Bombard porta la croix de ce drame jusqu'à sa mort, même si les canots "Bombard" contribuèrent par la suite a sauver de nombreuses vies. Le nouveau canot de sauvetage d'Etel fut baptisé en 1962 "Patron Emile Daniel" en souvenir du patron du "Vice-Amiral Schwerer II" péri en mer lors de la tragédie.
Un documentaire sur le drame d'Etel, "La Barre" a été réalisé par Jean-François Pahun |
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Le Naufrage d'Alain Bombard et du canot de sauvetage
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