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La soucoupe volante de René Couzinet
Elles et eux dans les années 50
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La maquette au 3/5 de "L'aérodyne a ailes multiples" RC-360 de René Couzinet

A consulter sur le sujet :
>> Site Fondation A&M Dossier consacré à René Couzinet
>> René Couzinet, de Lindhberg à Mermoz E. Calovanni (Alapage)


 
Homme de caractère, ingénieur à l'ego surdimensionné, René Couzinet, tout au long de sa carrière, s'est en permanence affronté à l'administration de l'aéronautique. Incompréhension, parfois lutte impitoyable, qui laissa des traces des deux cotés.
Le dimanche 16 décembre 1956 René Couzinet se suicide après avoir tué sa femme. On dit souvent de l'aviation qu'elle est une passion qui ronge jusqu'à la moelle ceux qui l'ont embrassée. Né en 1904, Couzinet fait des études à l ‘Ecole Supérieure d’Aéronautique et entre en 1925 dans l’armée de l’air en tant qu’officier. Il est le père de l'Arc-en-Ciel, ce trimoteur qui, en 1933 rallia Paris à l'Argentine, il sacrifia sa vie entière aux avions, sans concessions , sans regrets non plus.

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L'arc en ciel

En 1937, il fonde la "Transocéanique" il répare des avions militaires et place ses usines près du terrain de La Roche-sur-Yon. Le 20 septembre 1940, il part au Brésil à cause de la guerre, et s’engage dans les forces françaises libres. Il rentrera en France 4 ans plus tard, et, après avoir reconstruit et récupéré ses usines, il travaillera sur d’autres modèles d’avion, mais aussi d’hydroglisseurs, il construit notamment le premier bateau à réaction de l’histoire.

couzinet-aeroglissuer.jpgLe 27 septembre 1946 dans la baie de Rio de Janeiro, il lance l'hydroglisseur 125. En France il construit plusieurs modèles. Ainsi l'hydroglisseur type 60 mû par un petit réacteur Turbomeca présenté au salon de l'aviation en 1951. C'est le premier bateau à réaction construit en France. Malgré toutes ces innovationsil ne trouvera pas de commandes pour les hydroglisseurs. Les hydroglisseurs Couzinet coûtaient cher à la construction mais aussi à la maintenance. Quant aux tentatives du constructeur pour vendre le concept en Afrique ou en Amérique du sud, toutes échouèrent, les fleuves de ces contrées lointaines mal entretenus ne pouvant assurer une navigabilité en toute sécurité

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René Couzinet travaillant sur une maquette du RC 360 - Le Brevet déposé

L'esprit créatif de René Couzinet explore encore d'autres voies.Dès 1923 (il n'avait que 18 ans) il déposait un brevet concernant un projet "d'avion hélicoptère".En 1955, il reprend l'idée et présente la maquette de l'Aérodyne à ailes multiples ou RC 360, un engin qui a la forme d'une soucoupe volante et qui permet à la fois le décollage vertical et le déplacement latéral. Mais la " soucoupe volante " de René Couzinet ne vola point, l'administration ayant estimé qu'elle n'avait pas à investir dans un projet pour le moins utopique. Fortement ébranlé par une série d'échecs injustifiés sur plus d'un quart de siècle, assailli de dettes, il est découragé. Ces nouvelles désillusions expliquent au moins en partie sa fin de vie tragique, le dimanche 16 décembre 1956, il mit fin à ses jours en entraînant dans la mort son épouse, Gilberte, l'ancienne femme de Jean Mermoz. Tragique destin pour cet écorché vif qui rêvait de marquer l'histoire de l'aviation mais qui, finalement, ne laissera que le sentiment d'un terrible gachis d'un talent incontestable.




Couzinet et Mermoz,

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Couzinet et Mermoz -1936

Le constructeur et le pilote se sont rencontrés pour la première fois en août 1932, ont rapidement sympathisé bien que Couzinet à la recherche d'un aviateur pour traverser l'océan Atlantique sud, ne souhaite pas que ce soit Jean Mermoz déjà très célèbre. Il veut la réussite de son avion et craint que la personnalité du pilote ne masque la réussite technique. Couzinet changea vite d'avis. Et le Couzinet 70 (Arc-en-Ciel n°3) fait son premier vol le 11 février 1932 et le 16 janvier 1933, piloté par Jean Mermoz et accompagné par Couzinet lui-même, il franchit l'Atlantique Sud de Saint-Louis du Sénégal à Natal en moins de 15 heures. Le retour s'effectue du 15 mai au 21 mai où l'arrivée au Bourget est triomphale devant 15000 personnes. L'avion fut ensuite exploité par Air France jusqu'en 1937

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Le Couzinet 70 - Arc en Ciel en vol

René Couzinet et Jean Mermoz comprirent vite que leur combat respectif se rejoignait sur de très nombreux points. Ils n'avaient qu'une idée : améliorer la qualité des avions et la sécurité des vols. Comment ? En faisant admettre une fois pour toutes au ministère de l'Air et à ses services techniques que même au-dessus des mers et des océans l'avion terrestre, du fait de ses performances, était supérieur à l'hydravion.



C'est à bord d'un Latecoere, la Croix-du-Sud, que Mermoz disparaît en mer le 7 décembre 1936 avec à son bord : Alexandre Pichodou, pilote ; Henri Ézan, navigateur ; Edgar Cruvelhier, radio et Jean Lavidalie, mécanicien. À 10 h 47, son dernier message radio est "coupons moteur arrière droit".

René Couzinet ne se remettra jamais vraiment de la disparition prématurée de son ami, qui était également son meilleur soutien au sein d'Air France. C'est aussi par fidélité qu'il épousera, en octobre 1939, sa veuve, Gilberte.