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Julius et Ethel Rosenberg pendant leur procès et après le verdict
Pour approfondir le sujet
>> Association pour le rééxamen de l'affaire Rosenberg
>> Affaire Rosenberg, un déni de justice (lien Alapage)
Article en rapport
>> Scènes de chasse à Hollywood : les listes noires
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Eisenhower was president,
Senator Joe was king,
Long as you didn't say nothing,
You could say anything."
Julius and Ethel,
Bob Dylan, 1983 Le 19 juin 1953, à 20 heures, à Sing-Sing, Julius Rosenberg meurt sur la chaise électrique. A 20 h 06, c’est au tour de sa femme, Ethel. Ils laissent deux orphelins : Michael, 10 ans et Robert, 6 ans. Ethel et Julius Rosenberg ont été condamnés à mort le 5 avril 1951 pour espionnage, ils étaient notamment accusés d'avoir transmis les secrets de la bombe atomique à l'URSS. Les présidents Truman puis Eisenhower refusèrent la grâce. Les époux Rosenberg sont les seuls espions à avoir jamais été exécutés aux États-Unis. Les aveux les auraient sauvés, le FBI avait installé une ligne de téléphone directe avec la prison espérant que Julius Rosenberg avouerait qu'il était un espion soviétique, mais ils s'y sont refusés jusqu'au bout.
La tragédie des Rosenberg, n'a pu exister que dans un contexte particulier. En 1949, l'URSS posséde à son tour la bombe atomique , la République Populaire de Chine est proclamée, la situation se tend en Corée. Pour les États-Unis, il était impossible que les Soviétiques aient pu arriver seuls à construire la bombe atomique. Il fallait donc trouver des coupables. Une violente campagne de presse contre "les espions américains qui ont volé le secret atomique pour le donner aux Russes" a lieu. Le FBI dresse une liste de "suspects" (communistes, progressistes, pacifistes) et d’organisations "subversives".
Julius Rosenberg, ingénieur électricien, né le 12 mai 1918 à New York et son épouse Ethel née le 28 septembre 1915 à New York sont un couple américain juif. Julius avait été en 1946 licencié des services de transmission de l’armée où il travaillait comme civil, depuis 1940, sous l’accusation d’être un communiste. Il fonde alors un atelier de mécanique avec son beau-frère David Greenglass.
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Klaus Fuchs physicien - Irwing R Kaufman, juge - Irving Saypol, procurreur
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En février 1950 Klaus Fuchs, physicien travaillant à Los Alamos, réfugié de l’Allemagne nazie, est arrêté. II reconnaît avoir transmis des informations à ses confrères soviétiques, pour donner le maximum de chances au camp antinazi. Le 15 juin, c'est au tour de David Greenglass, le frère d’Ethel Rosenberg, qui a travaillé à Los Alamos durant la guerre comme mécanicien. Greenglass avoue avoir volé, en 1945, des documents sur l'arme atomique, qu'il aurait transmis à son beau-frère Julius Rosenberg. Le 17 juillet, quelques jours après le déclenchement de la guerre de Corée , l’ingénieur-électricien Julius Rosenberg, est a son tour arrêté en tant que "chef d’un réseau d’espionnage au profit de l’Union soviétique". Ce fut ensuite au tour de son épouse Ethel d'être appréhendée.
Le procès commença le 6 mars 1951 à New York. Le jury se prononca en faveur de la culpabilité le 29 mars et, le 9 avril, la condamnation à mort fut prononcée malgré une absence de preuves et de sérieux doutes sur la culpabilité d'Ethel. L'accusation ne repose que sur le témoignage de Greenglass, qui avait tout intérêt a charger les Rosenberg pour se sauver, et qui avait par ailleurs avec ceux ci des différends financiers.
L'iniquité d'un procès où les circonstances avaient pesées plus que la recherche de la vérité provoqua une vague de protestation et une campagne en faveur de la révision du procès, en partie orchestrée par les partis communistes, qui réunit des personnalités aussi diverses que Pie XII et Albert Einstein, François Mauriac, le Joliot-Curie. La famille du colonel Dreyfus envoya à Eisenhower un télégramme : "Au nom de la famille du colonel Dreyfus auquel protestation mondiale - entre autres celles du peuple américain - et la justice française assurèrent l'éclatante réhabilitation après une condamnation obtenue malgré ses protestations d'innocence, grâce à fuax témoignages, documents forgés, prétendus aveux, nous vous conjurons d'empêcher l'irrémédiable afin que soit permise, les Rosenberg vivants, l'inévitable révision de leur procès"
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Ruth et David Greenglass
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Michael et Robert Rosenberg lisant le journal annonçant l'éxécution de leurs parents le lendemain
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Le juge Kaufman pour justifier la condamnation à mort déclara: " Je crois qu’en remettant aux mains des Russes la bombe A, des années avant la date prévue par nos plus grands savants pour que la Russie mette au point sa propre bombe, vous avez, par votre conduite, causé, à mon avis, l’agression communiste en Corée avec, pour conséquence, des pertes dépassant 50 000 morts. Et qui sait combien, de millions d’autres innocents paieront le prix de votre silence. "
Or d'après Pavel Soudoplatov, ancien bras droit de Beria, chargé par ce dernier des missions les plus délicates d’assassinats politiques, d’infiltration et d’intoxication dans les milieux les plus divers, les Rosenberg auraient bien été été recrutés en 1938 mais ne furent que des "comparses". "Un couple naïf, coupable d'excès de zèle dans son désir de coopérer avec nous, mais qui ne nous avait jamais révélé aucun secret dont nous puissions tirer parti." déclare t'il dans ses mémoires.
Les mémoires d'un colonel du KGB Aleksandr Feklissov, confirme ce fait, alors qu'il était en poste à New-York il aurait rencontré à de nombreuses reprises Julius Rosenberg, qui aurait servi d'agent d'influence, mais n'aurait jamais livré de secrets nucléaires.
Les Rosenberg ont certainement voulu contribuer à la défaite du nazisme et à la victoire de l'URSS en transmettant à l’allié soviétique des informations mais ils n’ont jamais pu disposer de données vitales. Greenglass, simple mécanicien, qui n'avait aucune formation scientifique, a beau avoir prétendu au cours du procès reconstitué de mémoire des croquis de la bombe atomique, et "rédigé un texte de douze pages pour en expliquer le fonctionnement", cela semble inconcevable. Greenglass a d'ailleurs reconnu, le 5 décembre 201 au cours d'une émission de télévision, avoir menti sur les rôles de son beau-frère et sa soeur, en échange de la mise hors de cause de sa femme Ruth et d’une peine plus clémente (après avoir été libéré en 1960, il vit sous un nom d'emprunt) et il ajoute que, s'il venait à rencontrer ses neveux, il ne formulerait aucune excuse pour son rôle dans l'exécution de leurs parents. “C'est la stupidité qui les a tués”, affirme-t-il, en estimant que les Rosenberg auraient dû collaborer avec les autorités. Malgré le caractère odieux du personnage et de sa déclaration, on peut s'interroger sur la personnalité de Julius Rosenberg, qui lui a sans doute fait choisir la mort du martyr, pour lui et pour sa femme, plutot que de reconnaitre sa participation à un réseau d'espionnage.
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Manifestation de protestation contre le verdict
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Les archives du FBI ont depuis révélées que huit jours avant le début du procès, l'opinion du juge Irwing Kaufman était faite et que au cours d'un entretien avec au ministère de la justice avec le chef du FBI, Edgar Hoover, la peine de mort avait été décidée.
L’Amérique infectée par le maccarthysme a sacrifié les Rosenberg, victimes de l'hystérie anticommuniste, dans un procès que le procureur Irving Saypol qualifia lui-même de "sous-produit nécessaire de la guerre froide". McCarthy a longtemps utilisé le cas Rosenberg pour montrer combien les communistes étaient prétendument dangereux et ennemis de la nation. Certains y ont vu un coup monté à double détente : soit les accusés expliquent que les communistes les ont endoctrinés, mais qu’ils rompent avec le communisme à cause du sort fait aux juifs dans l’URSS de Staline, soit ils ne coopèrent pas et on démontre au monde entier que les Soviétiques s’appuient sur une cinquième colonne formée de communistes, d’apatrides et on musèle tout mouvement progressiste ou pacifiste.
Les deux enfants d'Ethel et Julius, Michael et Robert, furent adoptés par Anne et Abel Meeropol..
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Funérailles des Rosenberg le 21 juin 1953 à New York
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Le Président Truman - Clic pour zoomer |
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Le Président Eisenhower - Clic pour zoomer |
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J.E. Hoover directeur du FBI - Clic pour zoomer |
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Le projet Venona
Le projet Venona fut initié en 1943 par les services de renseignement de l'armée. Il s’agissait d’une opération de décodage des messages soviétiques. Le travail de décryptage s’effectue à Arlington Hall en Virginie. En 1946 l'équipe d'analyste comprenait 500 personnes. En septembre 1949, le FBI parvenait identifiait le scientifique qui se cachait derrière les noms de code Rest et Charles que les analystes avait découverts dans plusieurs cryptogrammes soviétiques. Il s’agissait de Klaus Fuchs. Le nom de Julius Rosenberg figurerait dans vingt des quarante-neuf messages rendus publics par la CIA, après la déclassification des documents, sous le nom de code d’“Antenne” d’abord, puis de “Liberal”, mais la preuve n'est pas faite que ces pseudonymes le désigne rééllement et le doute subsiste.
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Abel Meeropol
Abel Meeropol (1903 - 1986) enseignant juif d’origine russe vivant dans le Bronx et membre du Parti communiste des États-Unis d'Amérique, adopta les enfants des Rosenberg, Ethel et Julius, après leur exécution.
Il est l'auteur, sous le nom de Lewis allan. de la chanson "Strange Fruit" popularisée par Billie Holiday. "Je me rappelle une fois où une femme a suivi Billie aux toilettes. Billie portait une robe sans bretelles et elle a essayé de repousser cette femme aux sanglots hystériques - 'Ne chantez plus jamais cette chanson! Je vous le défends' hurlait-elle - et elle a déchiré (la robe de) Billie. Je lui ai demandé de partir. Elle s'est remise à pleurer. Elle a expliqué qu'elle était venue au Café Society pour s'amuser et que, en entendant Billie évoquant la chair en train de brûler, elle avait repensé à un lynchage auquel elle avait assisté dans le Sud quand elle avait sept ou huit ans."David Margolick. Cette chanson devint bientôt l'hymne des militants contre la discrimination raciale. Time Magazine a dénoncé la chanson comme un morceau de propagande honteuse pour la NAACP
Meeropol a écrit le poeme à l'origine de cette chanson en 1937 après avoir vu une photographie du lynchage de Thomas Shipp et Abram Smith
Meeropol a composé d’autres chansons par la suite, notamment un grand succès pour Frank Sinatra.
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Lynchage de T. Shipp et A. Smith- Clic pour zoomer |
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