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Joséphine Baker, l'engagement des années 50
Elles et eux dans les années 50
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Joséphine Baker aux Etats Unis en 1951

Pour approfondir le sujet
>> Archives audivisuelles de l'INA sur Joséphine Baker
>> Un interview de la télévision suisse en 1961
>> Coffret 2 CD enregistrement et vie de J. Baker (lien Alapage)
>> La revue des revues DVD (lien Alapage)
>> Les Mémoires de J. Baker Biographie de Marcel Sauvage (lien Alapage)

 

 
 
"Hitler ne m'a pas fait peur, le Stork Club non plus" Joséphine Baker

Joséphine Baker est née Freda McDonald à Saint-Louis (Missouri) le 3 juin 1906 et décédée à Paris au moment le 12 avril 1975. En 1925 elle débarque à Paris avec la Revue Nègre au Théâtre des Champs Elysées. Son ascension est irrésistible. Elle deviendra « la première star à se montrer presque nue ». En 1937, elle épouse un industriel Jean Lion, et prend la nationalité française. Pendant la seconde guerre mondiale, s'engage dans la Résistance. et joue un rôle important dans les services de contre-espionnage,le Général de Gaulle la décorera à la fin de la guerre de la Médaille de la Résistance.

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La revue Nègre
Après-guerre, avec Jo Bouillon, qu'elle épouse en 1947, Josephine Baker, s'installe avec ses chiens, ses chats, ses perroquets et sa famille qu'elle a fait venir des États-Unis dans le château des Milandes, dans le Périgord. En 1948, après une tournée à Cuba, elle se lance aux Milandes dans de gigantesques travaux. Elle chante pendant plusieurs mois au Club 48 à Paris En 1949, après une longue période d'hésitation elle fait sa rentrée aux Folies Bergères, le 1er mars. Le spectacle est une suite de tableaux ou l'on voit Joséphine en Marie Stuart, Joséphine de Beauharnais ou en danseuse de Cancan. Elle remporte un énorme succès.
 

Baker_-1949.jpgJoséphine Baker en 1949 aux Folies Bergères

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Joséphine Baker en 1950
 
Aux Milandes la situation est difficile, les sommes nécessaires aux travaux entrepris dépassent de loin ses possibilités financières. Elle va donc entreprendre à partir de 1950 une série de tournée à l'étranger confiant la surveillance des travaux sur place à Jo Bouillon. Après la Belgique, la Hollande, l'Espagne, l'Italie, elle se rend à Cuba. Elle y rencontre un tel succès qu'on lui propose un engagement au Copa City, un club chic de Miami. Après avoir obtenu que les noirs puissent venir la voir chanter au même titre que les blancs, elle signe le contrat et elle s'y produit en janvier 1951. Le succès est immense, la presse la compare à Édith Piaf, alors au sommet de sa notoriété américaine. En mars, elle passa au Strand, un grand cinéma de New York, puis elle se produit à Chicago, Boston et Hollywood. Josephine obtient enfin le succès qu'elle avait toujours espéré aux États-Unis. Elle signe un contrat pour 3 ans s'engageant à chanter neuf mois par an aux États-Unis

En mai 1951 est organisé le "Baker Day" à Harlem,
pour saluer son combat contre la ségrégation. Après un retour aux Milandes à 'été ou elle décide de la construction d'un hôtel qu'elle baptise "Hôtel Arc en Ciel" , elle repart aux États-Unis ou un jour d'octobre elle fait un scandale au "Stork Club", un restaurant de New-York après qu'on ait refusé de la servir parce qu'elle était noire. L'affaire fait la une des journaux, Joséphine est attaquée, elle reçoit des menaces de mort. Winchell, un célèbre journaliste, accuse Baker de faire partie d'un complot communiste, et d'avoir été fasciste. Les clubs ou elles devaient se produire, de peur de représailles, annulent les uns après les autres ses contrats. Après une tournée au Brésil, elle retourne a Cuba, mais la les choses ont changées, Fulgencio Batista a pris le pouvoir et imposé une dictature militaire, Joséphine Baker n'y est plus la bienvenue, elle y est même arrêtée quelques heures.
 

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Joséphine Baker aux Milandes en 1959

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Olympia 1959 - Jo Bouillon, Charles Trenet, Joséphine Baker - Zizi Jeammaire Joséphine Baker
 
Elle passe l'année 1953 aux Milandes, supervisant les travaux. Ceux-ci terminés, le site devait comporter deux hôtels, un golf miniature, des courts de tennis, des terrains de volley et de basketball, un musée de la cire présentant des scènes de la vie de Josephine, des écuries, une fabrique de foie gras, une station essence et un bureau de poste.

Josephine adopte ses deux premiers premier enfant au Japon, lors d'un congrès contre le racisme ou elle état invitée, au printemps 1954.
Après la sixième adoption Jo Bouillon s'inquiète, la propriété est un gouffre financier. Il pense qu'il faudrait réduire les projets ambitieux pour le château et en rester là en matière d'adoption. Joséphine Baker ne veut rien entendre, le projet doit continuer. En l'espace de quelques années, elle adoptera 12 enfants d'origines différentes, au cours de ses tournées en Scandinavie, en Amérique du Sud, au Canada ou en Israël. C'est ce qu'elle appelle sa «tribu arc-en-ciel», la dernière adoption aura lieu en 1959.

En 1956 Joséphine fait sa rentrée à l'Olympia pour une série de récitals d'adieu.
Elle approche de ses cinquante ans et estime qu'il est temps d'arrêter sa carrière artistique pour se consacrer à sa tribu et à son projet touristique des Milandes. De retour au château, elle distribue toutes ses robes de scène aux habitants de la région. Mais devant les propositions de tournées internationales qui affluent, Joséphine cède, après tout elle n'a fait ses adieux qu'à Paris, elle doit donc les faire maintenant au monde entier. Débutée en septembre la tournée passe par Alger en pleine guerre, Joséphine en ramènera deux nourrissons.

A la fin des années cinquante, le domaine des Milandes accueille 300 000 visiteurs par an.
Mais Joséphine à chaque passage aux Milandes engage de nouveaux travaux, sans attendre l'amortissement des premiers, les recettes n'y suffisent plus, le trou financier s'agrandit.
 

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Olympia 1959
 
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Olympia 1959
Et en 1959 elle remonte sur scène à 'Olympia en vedette de la revue "Paris mes amours". Une partie de la presse ironise sur ces nouveaux adieux trois ans après les premiers. Mais le public se rue sur les billets dès leur mise en vente. La trame du scénario de la revue est l'évocation chronologique de sa carrière, de la Revue Nègre à la guerre en passant par les Folies Bergère et le Casino de Paris. La première a lieu le 27 mai 1959, le public fait une standing ovation à Joséphine Baker. Les représentations se poursuivront, à guichet fermé, jusqu'au 17 janvier 1960.

Mais Jo Bouillon est épuisé par la gestion du domaine,
par ses désaccords sur le sujet avec Joséphine, par des efforts qui se révèlent souvent inutiles il décide de se séparer de son épouse. Il s'installe à Paris. Joséphine présente son spectacle aux États-Unis sous le titre "The fabulous Josephine Baker" jusqu'en avril 1960. A son retour aux Milandes la situation est catastrophique, avec le départ de Jo les choses ont empirés. De plus les touristes sont moins nombreux à se rendre au domaine, les Milandes ne sont plus à la mode.

En 1962, avec l'aide de Bouillon, Joséphine monte aux Milandes "L'Arlésienne",
le spectacle monté sans budget (il n'y a pas d'orchestre, c'est un enregistrement qui est utilisé et Joséphine chante en play back) grâce à l'amitié des uns et des autres, est un véritable triomphe. Bruno Coquatrix lui propose de reprendre le spectacle à l'Olympia. Mais dans un salle les approximations et les défauts de ce spectacle sont flagrants et il ne dure que quelques représentations.
 

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Joséphine Baker 1968 - Parisienne de photographie

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Joséphine Baker expulsée de Milandes en 1969 - Josephine Baker à Bobino en 1975
 
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Olympia 1968
En 1963 Jo bouilon quitte la France pour prendre la direction d'un restaurant à Buenos Aires. Joséphine participe cette année là la "Marche de Washington" manifestation pour obtenir davantage d'emplois et de liberté pour les noirs. Elle se produit au Carnegie Hall de New York puis au Strand et au Brooks Atkinson Theater. Pendant ce temps Les Milandes se trouvent au bord de la faillite. En avril 1964 Joséphine est à l'Olympia pour trois semaines. Les huissiers sont aux Milandes, Brigitte Bardot lance un appel à la télévision pour «sauver la maman du monde» et envoie un chèque d'un million de francs de l'époque à Joséphine. Les donateurs se multiplient et Baker peut remettre un chèque pour faire patienter les huissiers, mais il est loin d'apurer les dettes accumulées.

En 1966 et en 1967 Joséphine Baker va multiplier les tournées pour tenter de sauver Les Milandes qui sont sans cesse menacés de confiscation par des créanciers. Mais la cote artistique de Baker a baissé et entre deux galas de prestige, elle doit se contenter de cabarets inconnus. En 1968, elle revient à l'Olympia, avec l'aide de Bruno Coquatrix et de la firme de disques Pathé Marconi elle édite un 33 tours vendu au profit des Milandes. Dalida vint la voir et la soutenir dans ce dernier combat. Mais le 3 mai, alors que Joséphine est en Suède, le domaine et tous ses biens sont vendus aux enchères, le domaine bradé au tiers de sa valeur. Joséphine parvient à retarder son expulsion, mais le 15 mars 1969 le nouveau propriétaire la met dehors par la force, et elle s'installe avec ses douze enfants dans un deux pièces à Paris. En aout 1969 la princesse Grace de Monaco lui avance les premiers fonds pour l'achat d'une villa à Roquebrune.

"Tout, chez Joséphine Baker, est démesuré et paradoxal. Ses colères et ses attachements, ses caprices et ses engouements, ses prodigalités et ses mesquineries. Elle a trop combattu pour être raisonnable. Trop souffert pour ne pas blesser à son tour ...) confrontée à la fatalité du rejet, et de nouveau hantée par son propre abandon, Joséphine Baker continuait néanmoins de vouloir panser toutes les plaies du monde, depuis celles de ses compatriotes lynchés à celles des enfants mal-aimés et maltraités. Jusqu’à son dernier souffle, sous son enveloppe flétrie, la star aura été une petite fille incapable de verser une larme sur son propre malheur, bien trop grand pour son petit coeur innocent." Marie Desjardins

De 1970 à 1973 Joséphine Baker continua à se produire à travers le monde. En 1973, âgée de 67 ans elle se produit quatre jours au Carnegie Hall de New York, avec succès. En 1974, la Société des bains de mer de Monte-Carlo lui demande d'être la vedette du gala annuel au profit de la Croix Rouge, à travers un show évoquant sa vie. ce fut une nouvelle fois un succès

Le spectacle est repris en 1975 à Bobino.
Il débute le 8 avril, le 10 avril Joséphine est victime d'une hémorragie cérébrale, elle meurt le 12 avril. Plus de 20.000 personnes accompagneront le cortège funèbre dans les rues de Paris. Elle est enterrée au cimetière de Monaco.
 

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Grace de Monaco aux funérailles de Joséphine Baker Paris 1975 - Parisienne de photographie
 
Jo Bouillon (à gauche) en 1956- Clic pour zoomer
 

Jo Bouillon

Jo Bouillon (1908-1984) est chef d'orchestre, tout comme Ray Ventura, Raymond Legrand, Jacques Hélian... qui à la même époque, entre les deux guerres, dirigèrent de grands orchestres. Son père était professeur de musique, lui même a suivi le conservatoire et un premier prix de violon.

Il a accompagné Mistinguett et Maurice Chevalier. En 1944 il accompagne Joséphine Baker dans sa tournée qui lui fait suivre le général de Lattre de Tassigny et chanter dans les villes qu'il libère l'une après l'autre. En 1946 il prend la direction du club parisien "Le Boeuf sur le toit" alors en perte de vitesse. Il épouse Joséphine Baker en 1947 et ils achètent le domaine des Millandes. Tous les enfants que le couple adoptera porteront le nom de Bouillon.

Jo Bouillon a joué un rôle important dans la vie de Baker en l’aidant à relancer sa carrière et en gérant tant bien que mal ce qui pouvait l'être du domaine des Milandes. Il dira de Baker "Cette femme me fait penser à la fois à un torent à un incendie et à un rossignol". Dépassé par la tâche et les caprices de Joséphine il renoncera en 1957 et partira en 1960 en Argentine.

A la mort de Joséphine Baker c'est lui qui recueillera les douze enfants adoptés. Il meurt en 1984 à Buenos Aires et est enterré à Monaco aux côtés de Joséphine Baker.



 
J. Baker en uniforme des troupes auxiliaires de l'armée de l'air - Clic pour zoomer
 
J. Baker à Chicago en 1960 auxiliaires de l'armée de l'air - Clic pour zoomer
 
J. Baker en 1949 - Clic pour zoomer
 
J. Baker en 1951 avec Eubie Blake et Noble Sissle - Clic pour zoomer
 
J. Baker en 1956 - Clic pour zoomer
 
J. Baker en 1974 -Londres  - Clic pour zoomer
 
J. Baker à Amsterdam en 1964 avec ses enfants - Clic pour zoomer