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Fulgencio Batista en 1933 et en 1952
Pour approfondir le sujet
>> Adieu Cuba film d'Andy Garcia (lien Alapage)
>> Hemingway à Cuba de Cortanze (lien Alapage)
Article en rapport
>> Baie des cochons baie de tous les desastres
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A la pauvreté s'oppose l'île des villégiatures sur fond de mambo, de cha-cha-cha, Cuba incarne alors le glamour, Fulgencio Batista y Zaldívar, (1901 - 1973) est né à Banes dans la province de Santiago à Cuba Son père, Belisario Batista Palerma, était un simple paysan. Ses deux parents sont morts avant qu'il atteigne l'âge de 13 ans. Il quitta alors l'école pour devenir apprenti couturier. Finalement, il s'engagea dans l'armée à l'âge de 20 ans
Il joue un rôle décisif dans "la révolte des sergents" de 1933, résultat du mécontentement existant dans l’armée à cause des bas salaires, du mauvais état des camps, de la lenteur de l’application d’une loi de 1923, qui donnait aux sergents la possibilité de devenir officiers.. La conspiration militaire est déclenchée par le sergent Pablo Rodriguez, président du Club des Sous-officiers. La révolte dépose le dictateur Machado et met en place un gouvernement dit des "Cent jours" avec à sa tête Grau San Martin qui n'aura que quelques mois d'existence.
Le 15 janvier 1934 une junte militaire présidée par Batista, devenu colonel renverse Grau San Martin, pour mettre en place un gouvernement pro-américain. Batista dès ce moment, devient en fait maître du pouvoir, sous les présidents Carlos Mendieta et Miguel Mariano Gomez, dont il avait assuré l'élection.
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Exécutions en 1935 |
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Très tôt Batista a établi des rapports durables avec le crime organisé, et La Havane a rapidement gagné son surnom de "Las Vegas latine". En 1938 Batista charge Meyer Lansky, dit «The Ganglang finance chairman», trésorier du Syndicat national du crime - avec Lucky Luciano, Frank Costello et Bugsy Siegel de relancer des entreprises «sous contrôle militaire»: deux casinos - dont le Nacional - et le champ de courses d'Oriental Park, qui battent de l'aile. Lansky s'installe avec son équipe et ses grands principes: stopper l'arnaque au craps; arrêter de doper les chevaux; luxe, fleurs, élégance, le business rebondit. On y verra Gary Cooper, Ava Garner et Franck Sinatra entres autres. Errol Flynn fait escale à La Havane avec son compère le réalisateur Victor Pahlen pour les casinos et les filles qu'il aime jeunes.
Élu président en 1940, Batista introduit une Constitution modelée sur celle des États-Unis et dut accepter, en 1944, des élections libres qui le chassèrent du pouvoir au profit de son vieil adversaire, Ramón Grau San Martín. Fulgencio Batista s'exile aux États-Unis d'où il fomentera un nouveau coup d'état.
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Meyer Lansky - Frank Costello |
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Lucky Luciano - Bugsy Siegel |
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Noël 1946: Lucky Luciano, expulsé des Etats-Unis resurgi à Cuba. Le gratin de New York et de Chicago le retrouve au Nacional. Frank Sinatra chante. Un sommet à l'hôtel Nacional de La Havane, avec des truands tels que Frank Costello, Vito Genovese, Santos Trafficante, Moe Dalitz et d'autres, confirme l'autorité de Luciano et décide de l'exécution de Bugsy Siegel qui dilapidait l'argent du syndicat dans son établissement de Las Vegas (en outre le bruit courait que la maîtresse de Siegel, Virginia Hill, faisait des allers-retours vers la Suisse, avec des valises de billets). Le gouvernement américain obtiendra l'expulsion de Luciano.
Le mandat de Ramón Grau San Martín est marqué par des scandales financiers, la corruption, le marché noir, le gangstérisme au sein des syndicats… Ce système se poursuit sous le président Carlos Prio Socarras, ancien ministre du Travail de Grau San Martin, au pouvoir de 1948 à 1952. Le mécontentement populaire est à son comble et l’on dénonce la corruption généralisée.
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Les troupes de Batista lors de l'attaque de Moncada par Fidel Castro en 1953
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En 1952, Batista profite du support de l'armée pour déposer le président Prio Socarras à la suite d'un coup d'État qui se fait sans affrontement majeur. Il impose sa "dictature démocratique" : la Constitution est supprimée, il suspend les libertés, tout en s’assurant du soutien des États-Unis et de la majorité de la classe dominante. L’État entretient de bonnes relations avec les organisations syndicales qu’il contrôle en grande partie. La paix sociale est artificielle : la pauvreté ne cesse de s’accroître ; le jeu et la prostitution, contrôlés par les gangs nord-américains, se développent dans des proportions encore jamais atteintes. Cuba cesse définitivement de vivre dans un régime constitutionnel.. Batista offre pratiquement le pays aux capitaux Américains qui contrôlent 90% des mines de nickel et des exploitations agricoles, 80% des services publics, 50% des chemins de fer et, avec le Royaume-Uni, toute l'industrie pétrolière.
En 1953, Batista écrase une tentative de soulèvement dirigée par un certain Fidel Castro, un jeune avocat. L'attaque prévue, une caserne échoue lamentablement. Trois partisans de Castro meurent au combat, 68 autres seront exécutés sommairement. Castro finira par être dénoncé et arrêté. Grâce à l'intervention de l'archevêque de Santiago, il évitera l'exécution. Il bénéficiera de la loi d'aministied e 1955 et partira au Mexique.
Meyer Lansky contrôle les jeux au Montmartre, au Nacional, au Monseigneur. Batista confie le monopole des machines à sous à son beau-frère. En décembre 1956, Batista et Lansky posent la première pierre du Riviera, casino des casinos. Lucky Luciano a reconnu dans ses mémoires que la mafia versait des centaines de millions de dollars a Fulgencio Batista pour les concessions du jeu mais le chef de la police, les officiers et les simples agents touchaient aussi leur part
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Entrée des rebelles à La Havne en 1959
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Le Mandat de Batista est renouvelé en 1954 après des élections truquées (il était le seul candidat). Le 2 décembre 1956, Castro débarque près de Santiago, il recoit un soutien croissant , même des groupes de la bourgeoisie, surtout dans la province d’Oriente. L' ensemble de la population ne souffrait pas seulement de la détérioration de la situation économique, mais de la rigueur d’une dictature sanglante. La police de Batista réprime férocement et torture, on pend le long des routes , on créve les yeux...
Mai 1958. Batista croit pouvoir en finir avec la guérilla et lance contre elle 12000 hommes lors de "l’offensive d’été" qui échoue trois mois plus tard. La contre- offensive lancée par Castro en aout est en revanche couronnée de succès...
En décembre 1958, la guerre civile s’étend de la Sierra Maestra dans l’est jusqu’au centre du pays, empêchant de procéder à la zafra (récolte de la canne à sucre). Devant ce danger, la bourgeoisie du sucre, unanime, balaie toute hésitation : que Batista tombe.Le 28 décembre, début de la bataille de Santa Clara où la population apporte son aide aux rebelles. Le 30, les insurgés s’emparent de grandes quantités d’armes et le 31 des points stratégiques de la ville, à minuit, Fulgencio Batista s'enfuit à Saint-Domingue avec la caisse.
Le départ du dictateur est suivi par l'entrée à La Havane de quelques milliers de rebelles favorables à Fidel Castro. Une junte qui tente de s'emparer du pouvoir est vite écartée et le docteur Manuel Urrutia accède à la présidence du pays. Après avoir été nommé commandant en chef de l'armée en janvier, Fidel Castro devient premier ministre le 16 février 1959. Batista passa le reste de sa vie en exil d'abord au Portugal puis en Espagne, où il mourut le 6 août 1973.
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Errol Flynn
Errol Flynn (1909- 1959) fait sa première apparition au cinéma en 1933, il devient célèbre avec son troisième film Capitaine Blood en 1935. Il devint spécialiste des films de cape et d'épée : Les Aventures de Robin des bois (1938) (considéré comme le meilleur film du genre, un classique d'Hollywood), Les Conquérants (1939), L'Aigle des mers (1940) et Les Aventures de Don Juan (1948).
Sa vie privée est pour le moins mouvementée, buveur invétéré, dragueur et un fêtard. En 1942, il est inculpé pour détournement de mineur (puis acquitté). De beuveries en libations sa santé se détériore, et pour plusieurs de ses derniers films, les producteurs, s'accommodant de son état, lui confient des rôles d'alcooliques (entre autres, dans l'adaptation du livre d'Ernest Hemingway, Le Soleil se lève aussi). Ses ultimes années se passeront le plus souvent à bord de son yacht, avec le quel il écume les Caraïbes, de la Jamaique à Cuba. Il est alors totalement alcoolique. Dans ces années 1950, Errol Flynn et Victor Pahlen séjournent régulièrement à Cuba - avant tout pour le casino et les jolies filles, selon Kyra Pahlen, la fille du réalisateur. Il est par ailleurs propriétaire d'un cinéma avec Victor Pahlen à La Havane
Il a assuré le commentaire d'un documentaire intitulé "L'histoire de Cuba" (Cuban Story ) défendant la révolution cubaine peu avant sa mort. "Pour une fois qu'il existait un vrai Robin des Bois dans le monde, déclara-t-il, j'ai voulu faire sa connaissance" Réelle conviction ? flagornerie pour rester persona grata sur l'île, alors qu'il s'accomodait fort bien du régime précédent ?
Errol Flynn est mort le 14 octobre 1959, il partage son cercueil avec six bouteilles de whisky, un cadeau d'adieu de ses compagnons de beuverie.
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Frank Sinatra
Frank Sinatra (1915 -1998 ), Consacré meilleur chanteur de l'année 1942, Le succès de celui qu'on appelle 'The Voice' n'a plus de limites : il règne sur New York et Hollywood lui ouvre ses portes. Déjà vedette, il se fit porteur de valises pour Lucky Luciano à Cuba.
Jerry
Lewis, un ami de Sinatra depuis très longtemps, rapportera plus tard
que Sinatra a transporté de l'argent pour la mafia à plusieurs
occasions. Une fois, il aurait presque été pris : selon Jerry Lewis,
Frank serait passé à la douane avec une mallette contenant 3,5 millions
de dollars en liquide mais les officiers se seraient résolus à ne pas
la fouiller à cause de la foule qui criait et qui poussait autour de
Frank…
En 1946 il est à La Havane pendant la réunion des principaux chefs de la Mafia. Lucky Luciano dit "si quelqu"un demande la raison d'une telle réunion, elle a lieu en l'honneur d'un jeune italien du New-Jersey appelé Frank Sinatra, l'idole des adolescents aux Etats Unis, il a fait la traversée vers La Havane pour rencontrer son ami Charlie Luciano et donne un gala pour lui. Frank est un bon garçon..."
Dans les années 1950 sa carrière de chanteur s'essouffle, ses déboires sentimentaux se multiplient. Brisé par sa rupture avec Ava Gardner, attaqué dans la presse de droite pour son engagement plutôt à gauche, la Mafia lui aurait remis le pied à l’étrier : en faisant pression pour qu’il obtienne un rôle dans "Tant qu’il y aura des hommes", ce qui lui vaudra un oscar salvateur.
Plus tard, à Las Vegas, il animera les casinos tenus par les gangs, et s’associera à Sam Giancana pour en diriger un.
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