ACCUEIL arrow ........ ELLES ET EUX arrow Edgar Maufrais , "Père courage"
Edgar Maufrais , "Père courage"
Elles et eux dans les années 50
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Edgar Maufrais - © AAERM

Pour approfondir le sujet
>> Site de l'Association des Amis de l'explorateur Raymond Maufrais
>> Livres de Raymond Maufrais, Journal de voyages de son père, Livres sur l'aventure des Maufrais
>> "Au nom du fils" vidéo de Philippe Jamain
>> "Le vieil homme et la forêt" Archive video INA

 

 
 
"Je cherche mon fils. Je ne cherche que lui."

En 1949, Raymond Maufrais, un jeune Toulonnais de 22 ans, décide de relier la Guyane française et le Brésil par les monts Tumuc-Humac, puis de redescendre le rio Jary jusqu'à la ville de Bélem. Il se donne dix mois pour réaliser, seul, cette expédition. "Pour ceux qui, au milieu du siècle dernier connaissaient la forêt, ne serait-ce seulement de réputation, l’issue d’une telle aventure ne faisait aucun doute". Daniel Thouvenot. En novembre 1949, avec son chien Bobby, Raymond Maufrais remonte en Pirogue l'Ouaqui pui s'engage sur le sentier des indiens Emerillons qui doit le conduire à la rivière Tamouri.

Raymond Maufrais n’est jamais arrivé au Brésil.
Le 1er janvier 1950 épuisé il a atteint enfin le Tamouri et le Dégrad Claude (nom guyanais pour petit embarcadère). A bout de forces, il abat son chien et le dévore. Il décide de rejoindre à la nage le village créole de Bienvenue, à 70 kilomètres. Raymond Maufrais se jette à l'eau et disparaît dans les remous. Personne ne le reverra plus. Six mois plus tard un indien découvre son dernier campement sur le Tamouri et retrouve ses carnets de voyages. Ce n'est que 6 juillet que l'agence de presse de Guyane hollandaise annonce la nouvelle de la disparition. Le lendemain, la presse française s'en fait l'écho, et c'est le début de "l'Affaire Maufrais".

"C'est le 7 juilet 1950 que j'ai su...
Je vais à mon bureau de l'Arsenal comme d'habitude et, comme d'habitude, je demande à mes collègues de me prêter leursjournaux pour les parcourir. Ce matin là, tous sans exception, me répondent sans me regarder qu'ils n'en ont pas, qu'ils ont oublié de les acheter... J'en trouve finalement un et je comprends tout. Une dépechede Maraïbo signale qu'on a découvert les bagages de Raymond abandonnés et le squelette de son chien." Edgar Maufrais
 

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Raymond Maufrais - Edgar Maufrais à son départ de Toulon montre la photo de son fils - © AAERM
 
Des journaux à sensations, affabulent sur une prétendue découverte de Raymond par des Indiens itinérants, inconnus qui l'auraient emmené avec eux pour le soigner et le nourrir. Rétabli, il serait devenu leur chef, ou, amnésique, les aurait suivis dans leurs déplacements... Plus venimeux certains affirment qu'il s'agit d'un coup monté dans le seul but de se faire de la publicité.

Pendant deux ans, les autorités françaises de Guyane,
organisent plusieurs expéditions pour tenter de le retrouver. En vain.

C’est alors que le père de Raymond, Edgar Maufrais, aide-comptable de l’arsenal de Toulon, décide, à 52 ans, de se lancer à la recherche
de son fils. Il dispose de moyens dérisoires mais, convaincu que son fils est prisonnier d'Indiens inconnus, il part seul à sa recherche. Il a demandé un congé sans solde à l'Arsenal. Ses voyages n'ont pu être organisés qu'avec la vente des bijoux familiaux et les droits d'auteur des deux livres de son fils ("Aventures aux Matto-Grosso" et "Aventures en Guyane", tous deux édités après sa disparition) et plus tard de celui qu'il a écrit et intitulé "A la recherche de mon fils". Le 18 juilet 1952, Edgar Maufrais s'embarque à destination du Brésil. Exploitant le moindre indice, montrant la photo de son fils à des dizaines d'Indiens, gravant son nom sur des centaines d'arbres. On le verra partout en Guyane comme au Brésil. De 1952 à 1964, il va faire quatre voyages successifs en Amérique (1952, 1956, 1959 et 1962) Il entreprendra, plus de 16 expéditions qui ont fait de lui un explorateur aguerri, mais aussi un homme malade et désespéré.

"Il a rencontré de nombreuses tribus indiennes qui n’avaient jamais été contactées.
Il raconte la surprise de ces indiens qui voit débarquer un vieux blanc. Alors, ils viennent lui toucher les cheveux, comment il est fait… Et en même temps Edgar, lui, il s’intéresse petit à petit. Autant, au début c’est l’obsession, c’est le fils qu’il faut absolument retrouvé et il ignore complètement tout ce qu’il y a autour de lui, il fonce, mais au fil des années, il s’intéresse à ces indiens qui deviennent finalement un peu ses amis. Il a fait ce qu’aucun explorateur de Pleyel de l’époque n’a fait. Pour un petit bonhomme comme ça, plutôt gringalet, pas très grand et pas très fort, il a fait des choses incroyables" Philippe Jamain
 

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En 1956, raconte Daniel Thouvenot, "Trois ans d’enfer vert au Brésil, ne l’ayant pas convaincu, ni de la mort de son enfant, ni de l’inanité de ses efforts, Papa Maufé comme l’appelèrent plus tard Amérindiens, noirs marrons et créoles, revenait en Guyane – il y était passé à deux reprises l’année précédente – pour se rendre au Dégrad-Claude. Sur place, il souhaitait se placer, avec le nouveau compagnon de route que j’étais, dans les mêmes conditions que son fils six ans plus tôt et fouiller un vaste secteur désormais situé en territoire interdit : naviguer sur le haut-Camopi pour atteindre les Monts Belvédère et Saint-Marcel, remonter jusqu’à leurs sources respectives, le Grand Tamouri, la Crique Farouche et le Petit Tamouri, avec, en prime, l’escalade du Sommet Tabulaire. Un sacré programme réalisé entre le 4 août 1956 au départ du poste de Camopi au 24 décembre, à l’arrivée à Maripasoula, au terme d’une traversée d’est en ouest par le Chemin des Emerillons, le Tampoc et l’Ouaqui. Avant de repartir, en février, à partir de l’Oyapock, pour une deuxième expédition, moins longue mais tout aussi délicate, en raison de la saison des pluies, sur le Yaroupi…"
 

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Edgar Maufrais - © AAERM
 
En 1962 lors de son dernier voyage Edgar Maufrais écrit dans son Journal de route "Me voici donc à pied d'oeuvre pour la quatrième fois depuis que Raymond a disparu il y a quatorze ans. Sur ces quatorze ans, j'en ai passé les deux tiers ici en Guyane et au Brésil, à pied sur les sentiers indiens, en pirogue le long des criques. J'ai vu des villages que personne ne connait, des tribus non recensées, Je n'ai pas fait de communiqués aux sociétés et aux académies. Ce n'est pas mon travail. On dit que je suis devenu un "explorateur". Cela m'est aussi indifférent que d'être appelé "vieux fou", ce qui ne manque pas non plus. Je cherche mon fils. Je ne cherche que lui. Mais c'est trop difficle à comprendre pour certains qui, depuis quatorze ans, m'accusent de courir après l'or de l'Eldorado ou deme faire de la publicité, bien au frais dans un endroit tranquille... Ceux qui depuis quatorze ans, répandent ces infamies peuvent continuer. Je n'ai même pa s à leur pardonner. Ils ne m'ont jamais atteint."

Edgar Maufrais rentre en France définitivement après on l'ait retrouvé en juin 1964 au bord de l'inanition, en compagnie d'une famille indienne tout aussi affaiblie; sauvé de justesse, il accepte de mettre fin à ses recherches et de rentrer à Toulon. Il y mourra dix ans plus tard.
 
Raymond Maufrais - Clic pour zoomer
 
Edgar Maufrais - Clic pour zoomer
 
Edgar Maufrais lors de son retour définitif en France en 1964 - Clic pour zoomer
 

La Guyane française

la Guyane est une parcelle de l'immense forêt amazonienne. La Guyane a obtenu le statut de département d'outre-mer le 19 mars 1946. Elle reste célèbre pour le bagne de Cayenne qui fit sa sinistre réputation.

Située au nord-est du continent sud-américain, la Guyane s’étend sur 84 000 km² (1/5 de la Métropole) entre le Surinam et le Brésil. Ses frontières naturelles sont le fleuve Maroni à l’ouest et l’Oyapock à l’est, les monts Tumuc-Humac au sud. La bande côtière longe l’océan Atlantique sur 350 km. Au-delà commence la très grande forêt amazonienne dont les seules voies de pénétration sont les fleuves et les cours d’eau, qui forment un réseau hydrographique très dense.

La population de Guyane est caractérisée par sa grande diversité :

Les Créoles guyanais (environ 40% de la population)
Les Amérindiens répartis en six ethnies (les Arawaks, les Palikus, les Galibis, les Wayanas ou Roucouyennes, les Oyampis ou Wayampis, et les Emerillons). Ils représentent environ 4 500 personnes.
Les Noirs-marrons, (les Saramacas, les Bonis ou Aluqus, les Djukas ). Ils représentent environ 4 000 personnes.
Les H'mongs, arrivés en 1977, représentent environ 2 000 personnes regroupées sur les communes de Cacao et Javouhey.
Les Métropolitains représentent actuellement environ 12% de la population.
Les autres populations (Chinois, Libanais, Brésiliens, Haïtiens, Surinamiens) représentent près de 40% de la population de Guyane.