ACCUEIL arrow ........ ELLES ET EUX arrow Beauvoir et Algren "l'amant transatlantique"
Beauvoir et Algren "l'amant transatlantique"
Elles et eux dans les années 50
algren_beauvoir_1.jpg
Nelson Algren - Simone de Beauvoir

Pour approfondir le sujet
>> Lettres à Nelson Algren Simone de Beauvoir (lien Alapage)
>> Les Mandarins  Simone de Beauvoir (lien Alapage)
>> L'Amérique au jour le jour Simone de Beauvoir (lien Alapage)
>> Tête à Tête : Beauvoir et Sartre  Hazel Rowley (lien Alapage)
>> Tricoté comme le diable  Roman de Nelson Algren (lien Alapage)
>> La rue chaude  Roman de Nelson Algren (lien Alapage)


 
 
"Je raconterai un peu notre histoire, parce que c’est une histoire très moderne et j’aime me remémorer toutes ces choses même si cela me rend infiniment triste" Beauvoir à Algren

En 1947 l'écrivain Philippe Soupault organise pour Simone de Beauvoir, alors âgée de 39 ans, une série de conférences dans les universités américaines. En France la guerre froide divise les intellectuels français. Les relations Sartre - Camus sont tendues. Le 24 janvier 1947, Beauvoir s"envole pour New-York. De là elle écrit à Sartre "Si je veux déchiffrer New-York, je dois m'adresser à des New-yorkais. Il y'a des noms sur mon carnet, mais ils n 'évoquent pour moi aucun visage. Il va falloir parler au téléphone, en anglais, à des gens qui m'ignorent et que j'ignore". L'écrivain noir américain Richard Wright l'introduit dans son cercle d'amis, elle y rencontre entre autres Bernard Wolfe ex-secrétaire de Trotsky au Mexique et auteur de "La rage de vivre". En février elle se trouve, pour sa tournée de conférence à Chicago, elle y contacte Nelson Algren dont des amis  New-yorkais lui avait donné l'adresse. Algren, qui habite un taudis dans le quartier polonais de Chicago, la promène dans le quartier du Bowery : club de strip-tease, bar de truand...  La communication n'est pas aisée, Beauvoir parle l'anglais avec un fort accent français et Algren a celui du Midwest.

Beauvoir continue sa tournée de conférences à Los Angeles, puis Santa Fe, Houston....
Elle est étonnée de trouver les femme américaines moins libres qu'elle ne le pensait : "D'abord, comme je l'ai dit, les toilettes m'ont étonnée par leur caractère violemment féminin, presque sexuel ; dans les journaux féminins, bien plus encore que dans ceux de France, j'ai lu de longs articles sur l'art de la pêche, de la chasse au mari, sur l'art de prendre un homme au piège (...) Les rapports entre les deux sexes se situent sur le plan d'une véritable lutte."

 

algren_beauvoir_2.jpg

Nelson Algren et Beauvoir Chicago 1947 -  Olga Kosakiewicz, Algren et Beauvoir Paris  1949
 

algren_beauvoir_6.jpg



Nelson Algren et Marcel Marceau, © Art Shay - Nelson Algren 1951, © Art Shay
 
Elle ne revient à New-York que trois semaines plus tard, à la mi-avril. Sartre plongé dans son histoire avec Dolores Vanetti lui demande de repousser son retour à Paris. Beauvoir se tourne alors vers Algren, elle lui propose de passer quelques jours à Chicago avec lui. Le 10 mai elle y débarque.

Le soir même, après une journée à désespérer que cela arrive,  elle partage le lit d'Algren
et comme elle le raconte dans "Les Mandarins" : "Soudain il n'était plus ni gauche ni modeste. Son désir me transfigurait. Moi qui depuis si longtemps n'avait plus de gout, plus de forme, je possédais de nouveau des seins, un ventre, un sexe, une chair...". Elle le surnomme son «doux crocodile» ou  "Local Youth" qu'elle prononce "local use" (à usage local) déclenchant l'hilarité d'Algren qui la surnomme lui «folle grenouille»..  Beauvoir doit revenir à New-York, Algren l'accompagne. Ils y vivront deux semaines passionnées.

Le 17 mai Beauvoir  regagne la France.
Algren lui a fait cadeau d'une bague mexicaine et de son roman sur les bas-fonds "Le matin se fait attendre". Le retour est difficile, Sartre est toujours sous l'emprise de Dolores Vanetti. Beauvoir s'installe provisoirement à Saint-Lambert dans la vallée de Chevreuse, Sartre y passera deux semaines avec elle, entrecoupées de retour à Paris (et à Vanetti). C'est la que commence l'échange épistolaire avec Algren (Beauvoir entre 1947 et 1964 rédigera, en anglais, trois cents lettres) correspondance amoureuse mais aussi sur le féminisme,  la société, la  politique et la culture.

Et s'il lui arrive d'écrire en femme amoureuse 
« Je serai sage, je ferai la vaisselle, je balaierai, j’irai acheter moi-même des œufs et du gâteau au rhum, je ne toucherai pas vos cheveux, vos joues ni votre épaule sans autorisation. […] Jamais je ne ferais des choses que vous ne voudriez pas que je fasse.»  et de décorer ses lettres de baisers de rouge à lèvres,  la combattante n'est jamais loin, ainsi dans une lettre d'octobre 1947 elle fait part de sa haine viscérale de la famille, que Sartre et elle appelait  "cette poche à merde.".« Quand j’étais enfant, comme mes parents étaient pauvres et déclassés à la façon moche, mesquine des petits bourgeois, je haïssais notre appartement triste et presque crasseux... dès que nous étions levées (ma sœur et moi), la place manquait... » et  en décembre elle écrit à Algren  : «Je pense sincèrement que le mariage est une institution pourrie et que lorsqu’on aime un homme il ne faut pas tout gâcher en l’épousant».
 

algren_beauvoir_7.jpg

Nelson Algren
 

algren_beauvoir_3.jpg


Algren et  Beauvoir Lac Michigan1951 - Beauvoir en 1949
 
En septembre 1947 elle passe deux semaines à Chicago avec Algren. Ils écument les bars, explorent la ville, prison, chaise électrique et confrontation de suspects dans un commissariat comprises. Algren voudrait qu'elle reste à Chicago et l'épouse, pour Beauvoir c'est impossible, sa vie est à Paris, des amours  contingentes qu'Algren accepte mal «Par ici, les putains appellent ça simplement une passe!» lui écrira-t-il.

A Paris fin septembre Beauvoir retrouve Sartre aux prises avec une nouvelle intrigue amoureuse
avec une journaliste américaine, Sally Wing, rencontrée au Festival de Cannes. En janvier 1948 Beauvoir remet le manuscrit de "L'Amérique au jour le jour" à son éditeur.  Elle prévoit quatre mois de voyage avec Algren, de mai à septembre 1948. Elle lui écrit "Divisons les journées en deux, vous organiserez les nuits (il m'est revenu que vous n'y étiez pas mauvais) et je me soumettrai aveuglément, en revanche moi j'organiserai les jours...". Beauvoir, ne voulant pas finalement laisser Sartre durant quatre mois, décide seule de ramener la durée du  voyage à deux mois, sans toutefois en avertir Algren.

Elle fait une escale à New York où elle se fait poser un diaphragme, avant de commencer le voyage prévu :
descente du Mississippi jusqu'à la Nouvelle Orléans, puis Yucatan, Guatemala et Mexique. C'est à Mexico qu'elle annonce à Algren qu'elle doit écourter de deux mois son voyage. Le reste du voyage vit un Algren maussade et de fort mauvaise humeur et une Beauvoir en larmes.  De retour à Paris elle  se demande  si elle ne vient pas d'anéantir sa plus grande passion. Le 19 juillet elle écrit à Algren "Sartre a besoin de moi. Extérieurement il est très isolé, intérieurement très tourmenté, très troublé (....) Le quitter pendant des périodes plus ou moins longues oui, mais pas engager ma vie entière avec quelqu'un d'autre.(...) Je sais que je suis en danger - en danger de vous perdre - et je sais ce que vous perdre représenterait pour moi". Sartre dans le même temps accepte de passer un mois avec Dolores Vanetti, du coup Beauvoir envoie un télégramme à Algren lui proposant d'aller passer un mois à Chicago. La réponse est cinglante "Non. Trop de travail". Sartre de retour, elle part passer six semaines avec lui en Algérie.

De retour à Paris la correspondance avec  Algren reprend e
t ils conviennent qu'il viendra à Paris en Mai 1949. Elle décide de finir de finir "Le deuxième sexe" avant l'arrivée de son "amant transatlantique", et  le livre parait en juin 1949, il fait l'objet de violentes attaques  François Mauriac écrit  "Nous avons littérairement atteint les limites de l'abject", Camus l'accuse d'avoir ridiculisé « le mâle français »,  mais il rencontre un succès immédiat : 20 000 exemplaires se vendent dès la première semaine. Elle sort beaucoup à Paris avec Algren, qui heureusement ne parle pas le français et ne comprend pas ce que l'on dit sur elle.  Elle sera soulagée lorsqu'ils partiront en voyage à travers l'Italie, l'Algérie, le Maroc et la Tunisie durant deux mois.
 

algren_beauvoir_8.jpg

National Book Awards :  William Carlos Williams, First Lady Eleanor Roosevelt, Nelson Algren, Ralph L. Rusk - 1950
 
Nelson Algren de retour aux États Unis à la mi-septembre 1949 reçoit le First Book Award, la plus prestigieuse récompense littéraire américaine pour son roman "L'homme aux bras d'or". De son côté Sartre entame de nouvelles péripéties amoureuses avec Michelle Vian, la femme de Boris Vian et il rompt avec Dolores Vanetti. En juin 1950 Beauvoir rejoint Algren à Chicago, mais quelque chose est mort, Algren est indifférent et ne la désire plus. "C'était tellement minable que ça m'a fait horreur. J'ai cuvé cette horreur un bon bout de nuit et puis au premier réveil d'Algren j'ai essayé de lui parler, mais il hait les explications, il fuit". En Aout ils séjournent au bord du Lac Michigan ou ils passent l'été, Beauvoir manque de se noyer travaille sur son roman "Les Mandarins" en s'aidant de corydrane.

En septembre 1951 Beauvoir retourne à nouveau à Chicago, elle passe un mois avec Algren
au Lac Michigan. Algren lui écrira à la fin du séjour que tout est désormais fini entre eux. En 1952 commence la liaison de Beauvoir avec Claude Lanzmann, ("une sorte de fils incestueux plutôt qu'un amant"écrit-elle à Algren) qui partage sa vie jusqu'en 1958. Nelson Algren se remarie en 1952 avec son es-femme Amanda Kontowitch. En 1953 il jouera un rôle actif dans le Comité de Soutien aux Rosenberg, tout en estimant qu'il étaient morts pour un mensonge, l'Union Soviétique n'ayant rien d'une démocratie de travailleurs.

En 1954 paraissent "Les Mandarins" une transposition transparente du couple Beauvoir-Sartre et de la liaison de Beauvoir avec Algren.
Beauvoir avait d'ailleurs écrit en 1951 à Algren au sujet du livre qu'elle projetait « Je raconterai un peu notre histoire, parce que c’est une histoire très moderne et j’aime me remémorer toutes ces choses même si cela me rend infiniment triste ». Les critiques sont élogieuses et l'ouvrage un succès " Tout le monde fait l'éloge de l'histoire d'amour américaine" écrit Beauvoir à Algren. Malgré tout celui-ci fut un temps irrité par le livre lors de sa parution aux États Unis en 1956.
 

algren_beauvoir_4.jpg

Sartre, Boris Vian, Michelle Vian et Beauvoir - Café Procope - 1948
 

algren_beauvoir_5.jpg

Beauvoir et Claude Lanzmann - Paris - hiver 1952-53
 
En 1958 Beauvoir se retrouve seule pour la première fois depuis des années, sa laison avec Lanzmann est terminée, les relations avec Nelson Algren sont de plus en plus floues, Sartre multiplie les liaisons et s’éloigne. En février 1960 Nelson Algren  revient à Paris, il est hébergé dans l'appartement de Beauvoir qui est à Cuba avec Sartre, de retour à Paris elle part en voyage avec Algren en Espagne et  en Grèce. En aout elle repart avec Sartre cette fois pour le Brésil. A son retour Algren, qui ne lui a pas écrit,  est parti.

Beauvoir a 56 ans  quand elle envoie, en 1964,  sa dernière lettre à Algren.
«Donnez de vos nouvelles, chère vieille bête, demande-t-elle , à moins que vous ne soyez trop occupé à vous habiller beau. Comme toujours, avec grand amour. Votre Simone.»

En 1965 Sartre et elle  projettent un voyage aux États-Unis, S
artre étant  invité pendant une semaine par une université proche de New York, ce voyage finalement ne se fait pas, la traduction aux États-Unis de «la Force des choses», le tome III des Mémoires de Simone de Beauvoir «déclenche chez Algren une réaction publique d'hostilité, de hargne, difficile à justifier. Il ne tentera pas même de s'en expliquer par lettre, directement.» , écrit Sylvie Le Bon-de Beauvoir. A vrai dire la patience d'Algren avait déjà été éprouvé par "Les Mandarins". "Prête à tout sauf à risquer sa propre liberté, Mme de Beauvoir a senti qu'elle pouvait se fier à l'infidélité de Jean Paul Sartre. La belle astuce" écrit-t-il dans une critique des Mémoires de Beauvoir.

Neson Algren meurt en mai 1981, à 72 ans. Il n'avait plus aucun contact avec Beauvoir
depuis presque 20ans. Elle meurt en 1986, elle est enterrée dans sa robe de chambre rouge, portant au doigt l’anneau d’argent que lui avait offert Nelson Algren.
 

algren_beauvoir_9.jpg

Beauvoir, Sartre et Guevara - Cuba 1960
 

Nelson Algren

Nelson Algren est né en 1909 à Detroit, Michigan, et décédé le 9 mai 1981. Alors qu'il est âgé de trois ans ses parents s'installent à Chicago dans le quartier ouvrier de South Side.  Il  fait ses études à l'Université de l'Illinois et exerce diverses petits métiers.

En 1933 il écrit son premier récit "So Help Me".  En 1935 parait son premier roman "Somebody in Boots", puis en 1942 "Never Come Morning" qui décrit les derniers jours d'un condamné à mort.

Il est Lauréat du premier National Book Award en 1950 pour "The Man with the Golden Arm",  l’adaptation cinématographique du roman  (avec  Frank Sinatra et Kim Novak) par Otto Preminger eut un immense succès (Algren lui, détesta ce film). En 1955 parait "Chicago, City on the Make". Il a publié en tout et pour tout 16 ouvrages : des romans, un long poème en prose, un recueil de nouvelles (The Neon Wilderness) et des ouvrages mêlant récits de voyages, poésie et autobiographie. 

Passionné par le jeu et adonné à l'alcool, il s'est surtout intéressé la face sombre de la société américaine, mettant en lumière les obscurs recoins de l'american way, ce qui lui valut un dossier fourni auprès du FBI en ces temps de McChartysme florissant.


 
Dolores Vanetti- Clic pour zoomer
 

Dolores Vanetti

Dolores Vanetti, née en 1912 est une journaliste, actrice, poétesse franco-américaine. Mi-italienne mi-éthiopienne de naissance elle a grandi en France  et y a été actrice avant guerre. Sartre la rencontre  aux États-Unis en 1945, elle est l'épouse de Edward Ehrenreich, un médecin. Breton avait publié quelques un de ses poemess dans sa revue surréaliste VVV (publiée à New York de 1942 à 1944). 

"Elle m'a donné l'Amérique", disait Sartre
"Je l'aimais éperdument" confiait-elle. Simone de Beauvoir dans ses mémoires  la réduit à la lettre "M.". et la présente ainsi "une jeune femme, à demi séparée de son mari et, en dépit d'une situation brillante, médiocrement satisfaite de la vie". Elle dira a Sartre en 1974 "Vous avez énormément tenu à elle, c'est la seule qui m'ait fait peur d'ailleurs; Elle m'a fait peur parce qu'elle était hostile" Dolorès Vanetti s'est éteinte le 13 juillet 2008 à  96 ans.
 
Beauvoir - Art Shay- Clic pour zoomer
 

"La" photo de Beauvoir

Nelson  Algren, "l'amant transtlantique" habitait un appartementsans salle de bain, il prenait ses douches dans une salle de boxe du quartier et lors des visites de Beauvoir il s'arrangeait pour que celle ci puisse disposer d'une salle de bains chez des amis. A l'été 1950, un ami d'Algren le photographe Art Shay,  accompagne la Française chez une amie qui lui prête un appartement avec baignoire. Beauvoir laisse la porte de la salle de bains ouverte. Shay ne resiste pas, il sort son leica et la surprend nue de dos, en entandant le déclic Beauvoir lui dit "Naughty man".  "Elle m’a entendu déclencher, s’est retournée et m’a dit en riant : "Vilain garçon !" Elle n’était pas fâchée. Elle avait, comme Nelson, des moeurs très libres."

Art Shay fait ses débuts  au magazine Life.
A partir de 1948 Il vit et travaille à Chicago. Ses reportages, couvrant tous les domaines , paraissent dans Time, Life, Fortune, Sports Illustrated, le New York Times Magazine. Il est le photographe de scènes de rues avec en toile de fond le Chicago des années 1950  et de portraits
de personnalités comme  Marlon Brando, Frank Sinatra, Hugh Hefner, Hoffa, Timothy Leary, Hemingway, Saul Bellow, Mahalia Jackson, le pape, Kruschev, le mime Marceau, Simone de Beauvoir et Nelson Algren, les présidents des Etats Unis ainsi que quelques gangsters et mafieux.
 
Clic pour zoomer
 

L'Homme aux bras d'or

L'Homme au bras d'or (The Man With the Golden Arm) réalisé par Otto Preminger d'après le roman éponyme de Nelson Algren est sorti en 1955. C'est  Premier film hollywoodien à parler ouvertement de la drogue.

L’homme au bras d’or c’est Frankie Machine
(Frank Sinatra), un donneur de cartes hors pair : un bras. Frankie revient d’une cure de désintoxication, il voudrait devenir musicien de jazz. Mais sa femme Zosh (Eleanor Parker) préfère qu'il gagne sa vie comme croupier dans le tripot de Schwiefka (Robert Strauss). Bientôt, les dettes s'accumulent et Frankie, qui se drogue de nouveau, est accusé du meurtre d'un dealer. Machine est  partagé entre une amante, Molly-O (Kim Novak), forte  qui le valorise et son épouse invalide qui redoute tout changement dans la vie de son mari et l'infantilise. Sinatra, qui s’était passionné pour son personnage, trouve là un des meilleurs rôles de sa carrière.
 
Frank Siantra et Kim Novak - Clic pour zoomer
 
Preminger soumet un premier script à La Motion Picture Association of America (MPAA) qui demande de nombreuses modifications : pas de  prises de drogues montrées, aucun suicide et le personnage de Frankie devra connaître la rédemption grâce au courage de son épouse aimante. Preminger tient bon et impose ses arguments auprès du studio : "The man with the golden arm est unique et tabou, le public curieux et fatigué par tant de censure va se précipiter dans les salles pour découvrir ce pamphlet libertaire". Le film sort sans le label de la MPAA.