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Jean Royère, l'audace joyeuse
Design des années 50
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Dessin pour l'aménagement d'un salon de l'hotel Saint-Georgesà Beyrouth - 1950

A consulter sur le sujet
>> Jean Royere,decorateur à Paris un livre de JL Olivie (lien Alapage)
>> Jean Royere un essai de PE Martin-Vivier (lien Alapage)

 

 
 
"Le travail de Jean Royère est le lien esthétique entre les lignes classiques et restreintes des meubles produits par des décorateurs français à la fin des années 30 et au début des années 40 tels que Jean-Michel Franck et André Arbus, et la plus flamboyante expression de style qui allait devenir à la mode dans les années 50... La démarche de Royère était unique. Ses pièces de métal travaillé, par exemple, possèdent le lyrisme de Gilbert Poillerat mais témoignent aussi d’un sens de la fantaisie qui leur est propre. La fascination du créateur pour les configurations organiques, surtout dans ses pièces capitonnées, en fait visiblement un précurseur des formes sinueuses de Pierre Paulin dans les années 60. La malice et l’exubérance de Royère frôlent souvent le kitsch. Son excentricité et son enthousiasme enfantin sont cependant irrésistibles" dit Tom Ford
 

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Jean Royère - Dessin pour la Maison Dutilleul - Croquis de cheminée
 
Jean Royère est un autodidacte. Il n'a suivi aucune formation professionnelle, telle que l'Ecole Boulle ou l'Ecole des Arts décoratifs où ont été formés la plupart des créateurs de sa génération. Il élabore, pendant les dix premières années de sa carrière, un vocabulaire de formes qui n'appartiennent qu'à lui. Par la suite, il réutilise, multiplie, agrandit, diminue et transforme ces formes pour aboutir à des résultats toujours différents. Il affiche un évident plaisir à tirer un parti décoratif des différents usages que l'on peut faire d'un matériau et manipule indéfiniment le métal, le bois ou le rotin. A partir de ces jeux formels, il invente une écriture très riche et encore très vivante. A une époque où la modernité est synonyme de sévérité et de sérieux, Jean Royère ose développer une ornementation variée à laquelle on peut reconnaître la paternité des formes qui caractérisent le design actuel.
 

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Jean Royère - fauteuil Ambassador - Tabouret - 1940
 
L'incessante rivalité entre ceux qui croient au métal et ceux qui croient aux bois les plus précieux se poursuit jusque dans ces années 50, avec d'un côté Jean Royère et de l'autre Jean Prouvé , inventeur de meubles jansénistes destinés à favoriser la concentration intellectuelle dans les cités universitaires et dont raffolent aujourd'hui, paradoxalement, quelques milliardaires américains en mal d'austérité.Tandis que le travail de Royère a souvent inclus, voire même devancé la modernité et l’optimisme de l’après-guerre, son attachement au grand artisanat a permis de perpétuer les traditions des arts décoratifs français plutôt que la production de masse des meubles, qui a plus tard caractérisé cette époque.

 

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Jean Royere - Dessin pour la légation française d'helsinski - Luminaire Liane
 
Les motifs décoratifs, éléments clés chez Royère, composés de graphismes simples – croisillon, chevron, cercle et surtout sinusoïde – donnent naissance à de nouvelles familles de formes, en trois dimensions, à la fois sculpturales et fonctionnelles. Ainsi, de la sinusoïde naît, en 1939, le fauteuil « Eléphanteau », forme exploitée par la suite par nombre de designers et de décorateurs. Cette sinusoïde, en quittant son rythme régulier, fait resurgir tout un registre de formes organiques, comme les luminaires « liane », en accord avec la présence de la végétation : plantes vivantes en pots ou décors imprimés des textiles d’ameublements. La liberté des influences, l’indépendance et la culture très internationale de cet autodidacte, grand voyageur, lui donnent une place à part dans l’histoire de la décoration intérieure, place qui apparaît à notre regard actuel comme une proposition originale à redécouvrir entre la tradition française et la modernité internationale.
 

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Jean Royere - 1950
ours_polaire_1946.jpgFauteuil Ours Polaire -1946
 

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Table -1950

 
Jean Royère
 

Issu d'un milieu aisé, Jean Royère ne devient décorateur qu'à l'âge de 29 ans. Sans formation particulière mais animé d'un goût inné pour la décoration, il débute sa carrière dans une fabrique du Faubourg Saint-Antoine et obtient sa première grande commande (le bar du Carlton sur les Champs-Élysées) en 1933. Son succès est immédiat et lui permet de collaborer jusqu'en 1942 avec Pierre Gouffé dans la création d'un mobilier original et de grande qualité.

Au sortir de la guerre, ayant fondé sa propre entreprise, il décide d'ouvrir des agences dans de nombreux pays : Liban, Égypte, Syrie, Pérou... Jean Royère devient à cette époque le décorateur des souverains du Moyen-Orient, affirmant un style unique, fait de motifs déclinés avec imagination et démesure, audace dans l'utilisation des couleurs et des matériaux. Ses décors féeriques en font l'un des décorateurs les plus étonnants de l'après-guerre, s'inscrivant en marge des grands courants, proposant des solutions uniques mais toujours fonctionnelles.

Avant de quitter définitivement la France pour les États-Unis, en 1980, le décorateur offrit l'intégralité de ses archives au Musée des Arts décoratifs de Paris



 

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Table Semelle - marqueterie paille - 1955

 

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Canapé Boule - Fauteuil Oeuf
 

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Meuble d'enfilade
 

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Fauteuil 1958
 

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Chaises - 1955