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23 octobre 1956 : l'insurrection hongroise
Ce jour là dans les années 50
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A consulter sur le sujet

>> Archives video INA sur la révolution hongroise
>> 1956 Budapest l'insurrection de François Fetjöe (lien Alapage)
>> Budapest 1956 Photographies d' Erich Lessing (lien Alapage)
>> Révolution R :Budapest 1956 DVD documentaire (lien Alapage)

 

 
 
"Dites-moi ce qui s’est passé là-bas. Les deux millions d’habitants de Budapest ont tout simplement oublié la peur. Et quel est leur état d’esprit aujourd’hui ? Il serait faux de parler d’un effondrement, monsieur le Président ; c’est plutôt un soulèvement. Ils sont tout simplement devenus fous furieux. Toute une ville, tout un pays devenus fous d’exaspération !" dialogue René Coty et le journaliste Paul Mathias

La mort de Staline, le 5 mars 1953 va provoquer une série d’événements, en Allemagne de l'Est avec la révolte de Berlin de juin 1953, puis en Pologne, qui conduiront à la révolte hongroise. Le XXème Congrès du parti communiste soviétique à la fin février 1956 critique Staline et le culte de la personnalité. Dans le bloc de l'Est, les conséquences vont se multiplier, en premier lieu en Pologne. La Pologne se libéralise petit à petit, suite à une série de révoltes dans le pays. Le 28 juin, de violentes émeutes ouvrières amènent les Soviétiques à placer à la tête du pays le dirigeant réformiste Wladyslaw Gomulka, emprisonné quelques années plus tôt sur ordre de Staline.

Les étudiants hongrois décident une grande manifestations de soutien à la Pologne le 23 octobre.
Les étudiants ont investi la capitale, défiant les staliniens au pouvoir. On distribue les revendications où figur ent le multipartisme, les élections libres, le retrait des troupes soviétiques "Russkik haza!" (Les Russes dehors!) le slogan parcourt les rues. Vers 21 heures, les premiers coups de feu éclatent, le premier martyr de la révolution tombe: Janos Vizi, 18 ans. La troupe est envoyée sur place. Le gros des effectifs refuse de tirer sur la population. Certains donnent leurs armes aux manifestants, d'autres les rejoignent. L
a faucille et le marteau sont arrachés des drapeaux hongrois. La statue de Staline est déboulonnée. Les combats font rage avec les agents de l'AVO, la police politique.
 
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Budapest 1956
Le Comité Central se rassemble devant l'urgence et rappelle Imre Nagy, communiste modéré à la tête de la présidence du conseil, mais décrète en même temps la loi martiale et demande aux troupes soviétiques qui stationnent autour de la capitale de rétablir l'ordre. Vers 3 heures du matin, 6 000 hommes et 250 chars soviétiques pénètrent dans la capitale, ouvrant le feu sur les insurgés. Le 24 octobre, on recense 350 morts et plusieurs milliers de blessés. A la radio Nagy, qui a refusé de signer la demande d'intervention de l'Armée rouge, s'adresse au peuple hongrois : "Sur l'ordre du comité central, j'ai été nommé président du Conseil. Hongrois, amis et camarades, je vous parle dans un moment grave... Je puis vous garantir qu'il m'est possible de remplir mon programme politique fondé sur le peuple hongrois conduit par le Parti communiste... Je suis président du Conseil et nous aurons bientôt la possibilité d'établir la démocratie dans tout le pays. Je prie chaque homme, chaque femme, chaque enfant de ne pas perdre la tête."

En plusieurs endroits, les tankistes russes fraternisent avec les manifestants. La grève gagne tout le pays.
les ouvriers forment des conseils qui prennent en main la gestion des entreprises, une centaine de conseils ouvriers sont créés dans tout le pays, ils réclament les libertés politique et syndicale, la gestion ouvrière des usines et l'amnistie. Le Conseil de Sécurité de l'ONU condamne l'intervention de l'armée rouge. Sans commandement central, se battant pour les motifs les plus divers - pour l'indépendance nationale, contre Moscou, pour la démocratie ou contre la terreur stalinienne - les combattants hongrois parviennent à tenir l'Armée rouge en échec. Le 28 octobre, une vaste offensive contre les bastions insurgés tourne court. Un cessez-le-feu est proclamé. Moscou s'incline, les troupes russes se retirent. Le 30 octobre, l'immeuble de la fédération communiste du Grand Budapest est pris d'assaut ; ses occupants sont massacrés (une cinquantaine de personnes) dans une grande violence.
 

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Char soviétique capturé et gardé par des soldats hongrois ayant rejoint la résistance
 
Nagy abolit le système du parti unique et souhaite revenir à un gouvernement de coalition tel qu’il existait dans le pays en 1945. Le 1er novembre, la Hongrie se retire du pacte de Varsovie et Imre Nagy proclame la neutralité du pays. Dans le plus grand secret, Moscou prépare l'invasion, baptisée "opération Tornade". Dès le dimanche 4 novembre, l'Armée Rouge investit Budapest. Minutieusement préparée, la seconde intervention russe fut autrement plus efficace que la première, 200 000 hommes et 2 000 chars entrent dans le pays. Nagy dénonce l' "intention évidente" des forces soviétiques de "renverser le gouvernement démocratique et légal de la Hongrie. Nos troupes sont au combat. Le gouvernement est à son poste". Pendant toute la durée des événements, la station de radio Radio Free Europe, inspirée par les services secrets américains (la CIA), a encouragé les Hongrois à l'insurrection, les assurant que les armées occidentales seraient à leurs côtés en cas d'intervention militaire soviétique. Cependant, lorsque celle-ci survient, et malgré un appel pathétique d'Imre Nagy à la radio, les Occidentaux restent l'arme au pied.
 

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Soldats et officiers soviétiques à Budapest

 
"La seule chose qui m'effraie c'est l'idée d'être réhabilité par ceux qui m'ont trahi"
derniere déclaration de Nagy

Nagy se réfugie à l’ambassade yougoslave. János Kádár, que Nagy avait nommé en remplacement de Gerö à la tête du Parti, annonce la création d’un gouvernement hongrois révolutionnaire, ouvrier et paysan. Il renoue avec l’URSS. Kadar, après avoir cautionné au début de l’insurrection toutes les mesures prises par le gouvernement Nagy, telles que la fin du système de parti unique ou le retrait de la Hongrie du pacte de Varsovie deviendra l’”homme des occupants”. Trompé par de pseudo-garanties de sécurité, Nagy sortira le 22 novembre de l'ambassade pour être aussitôt arrêté et transféré en Roumanie, où il sera tenu au secret durant dix-huit mois. En juin 1958, Imre Nagy est exécuté par pendaison.


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Les derniers mots d'Imre Nagy
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