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| Fayçal II avec son oncle Abdul Illah, régent, dans les années 1940
Pour approfondir le sujet
>> Archives audivisuels INA sur le coup d'état de 1958 en Irak
>> Irak 1958 livres et documents sur Abebooks.fr
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l’Irak est un état pas une nation, un État dans lequel cohabitent trois populations antagonistes : les Kurdes, les Arabes sunnites et les Arabes chiites Le 14 juillet 1958, en Irak, un groupe d'officiers dirigés par le général Abdel Karim Kassem mènent à bien un coup d'État qui aboutira au renversement et à l'assassinat du roi, Faycal II, ainsi qu'à celle du prince héritier Abdul Illah et au suicide du premier ministre Nouri Saïd
L'Irak dont les frontières ont été tracées arbitrairement lorsque Britanniques et Français se partagent, sous forme de mandats, les territoires arabes de l’ancien empire ottoman, est un État dans lequel vivent des populations différentes, et antagonistes : les Kurdes au Nord-Est, les Arabes sunnites au Centre et les Arabes chiites au Sud.
C'est pour donner une compensation à la famille Hachémite chassée des lieux saints par Ibn Seoud le Grand, et pour éviter une administration directe couteuse, que les Britanniques installe Faycal, fils de l’émir Hussein, roi de Syrie mais, chassé de Damas par les troupes françaises. Fayçal I est proclamé roi, d'une monarchie parlementaire, le 23 aout 1921.
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Le furur Fayçal I à Paris en 1919 de gauche à droite : Rustum Haidar, Nuri as-Said, Prince Fayçsal, Captain Rosario Pisani (derrière Fayçsal), T.E. Lawrence
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De 1921 à 1958, l’Irak se caractérise par une grande instabilité politique, 58 cabinets ministériels vont se succéder, 14 seront dirigés par Nouri Saïd. Les débuts de l'économie pétrolière, entrainent de profondes mutations avec l'émergence d'une classe moyenne urbaine tandis que le monde rural sous la coupe de féodaux subit la misère. Le protectorat britannique s'appuie de façon exclusive sur l’élite arabe sunnite, et il étendra sa "protection" en 1925 à la région de Mossoul (territoire Kurde), imbriquant durablement Irak et problème Kurde.
L'Irak accède à "l'indépendance" le 3 octobre 1932, sous tutelle britannique. Fayçal I meurt en 1933. Son fils Ghazi qui lui succède, meurt dans un accident aux conditions mystérieuses en 1939. Fils de Ghazi Fayçal II devient roi d'Irak à l'âge de trois ans, c'est son oncle Abdul Illah , régent, qui dirigera le pays jusqu'en 1953.
Au lendemain de la guerre le traité de Portsmouth signé en 1948 maintient des troupes britanniques en Irak. Des émeutes éclatent à Bagdad et dans l'ensemble des grandes villes, dès la publication du texte en janvier 1948, les troubles dureront jusqu'en mai où la loi martiale est proclamée.
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Fayçal II en 1950 et 1956 lors d'une visite officielle à Londres
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Fayçal II et le général Kassem avant le coup d'état
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En février 1952 débute une grève générale qui réclame la nationalisation du pétrole et proteste contre le déploiement de forces anglaises en vue d'une intervention contre l’Iran (après nationalisation du pétrole iranien par Mossadegh ). Le premier ministre Nouri Saïd démissionne. La prise du pouvoir par les «Officiers libres» en Égypte en juillet a un fort retentissement en Irak
En 1953 le roi Fayçal II atteint sa majorité, des élections législatives ont lieu, elles sont remportées par Nouri Saïd qui redevient premier ministre. En 1954 il interdit tous les partis. Ce régime autoritaire et pro-occidental suscite l'insatisfaction, le mécontentement grandit.
Le 22 février 1958, la Syrie et l'Égypte s'unissent pour créer la République arabe unie, en réponse, pour renforcer le bloc antinationaliste arabe, le 14 février la Jordanie et l'Irak s’unissent pour fonder la Fédération arabe d'Irak et de Jordanie. En Jordanie des manifestations réclament le rattachement à la République Arabe Unie, Fayçal ordonne l'envoi d'unités blindés vers Amman, lesquelles en profitent en fait pour entrer dans Bagdad le 13 juillet au soir . L'ambassade britannique est incendiée, Fayçal II et son oncle Abdul Illah sont exécutés. Le corps du roi sera enterré, celui d'Abdul Illah , détesté, sera livré livré à la foule, promené dans les rues, pendu devant e ministère de la défense et dépecé. Le premier ministre, Nouri Saïd, «l'ennemi de Dieu» et l'homme-lige des Anglais, réussit d'abord à se cacher, déguisé en femme, le 16 juillet reconnu il se suicide, son corps subira le même sort que celui d'Abdul Illah .
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Le général Kassem et son gouvernement
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L'Irak est alors un pays dépourvu d'équipements, d'infrastructures de transport, agricole à 80%. La terre appartient à quelques féodaux. 23 familles détiennent 60% du capital industriel et commercial.
La République est proclamée, un tribunal révolutionnaire instauré. Le brigadier Abdelkrim Kassem est nommé Premier Ministre, ministre de la défense et commandant des forces armées. Le nouveau gouvernement comprend une majorité de militaires. Les communistes sont associés au pouvoir car leur influence sur les masses populaires chiite est grande.
Les Intérêts de la puissante Irak Petroleum Company sont menacés, l'agitation atteint le Liban et la Jordanie. Le président américain Dwight D. Eisenhower considère la révolution irakienne comme "la plus grande crise depuis la guerre de Corée". En vertu de la "doctrine Eisenhower" formulée en 1957 par le président américain; les États-Unis s'octroyaient le droit d'intervenir au Proche-Orient en cas de "danger communiste". Dès le 15 juillet, les barges de de la VIeme flotte débarquent Marines et matériel sur le plages de Beyrouth. Pour soutenir le président libanais Chamoun, en danger après le coup d'État irakien. Les britanniques eux lâchent leurs parachutistes en Jordanie. La crise dura peu, mais marqua un tournant, l'Irak n'est plus l'alliée de l'occident et rallie le camp soviétique.
Hostile aux nationalistes panarabes, aux baasistes et à Nasser, Kassem s'appuie sur le Parti Communiste et sur les Kurdes. Il promet aux Kurdes de les reconnaitre en tant qu’entité et interdit toute discrimination à leur égard. La constitution de 1958 fait des Kurdes la «deuxième communauté principale» du pays. Mais les séparatistes kurdes continuèrent à réclame la création d’un État kurde indépendant.
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Les Marines Us à Beyrouth en 1958
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Saddam Hussein en 1959 - Saddam Hussein au caire après son attentat manqué contre Kassem
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Abd-es-Salam Aref, vice-Premier ministre de Kassem, décide d’intégrer l’Irak dans la «République arabe unie» , Kassem l'écarte en février 1959. Le 7 octobre, a lieu un attentat contre Kassem à Bagdad, son chauffeur est tué, sa voiture criblée de balles, il est seulement blessé à l’épaule. Parmi les conjurés figure Saddam Hussein alors un âgé de 22 ans; blessé il se réfugie en Syrie. En Irak militants et leader du Baas sont arrêtés et emprisonnés..
Au printemps 1961, des grèves éclatent, ainsi qu'une révolte kurde en septembre, ce qui contraint l'armée à intervenir. Les baasistes, influents dans l'armée, provoquent un coup d'Etat en février 1963. Kassem est a son tour renversé, puis exécuté. Le 18 novembre, un nouveau coup d’état militaire écarte le parti Baas du pouvoir et Abd-es-salam Aref est proclamé maréchal et président de la République. La répressions qui suit frappe surtout les chiites ceux affiliés au Parti Communiste comme ceux affiliés au Baas. Il meurt en 1966 et son frère, Abd al-Rahman, lui succède. La défaite de 1967 (lors de la guerre des six jours contre Israel, a la quelle l'Irak participait au sein de La Ligue Arabe avec L'Egypte, la Jordanie et la Syrie) met à mal l'image du régime. En juillet 1968 a lieu le nouveau coup d’État du général Ahmed Hassan al-Bakr, il sera remplacé en 1979 par Saddam Hussein.
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Le président Abd al-Rahman et sa femme en 1966 - Saddam Hussein et le général Ahmed Hassan al-Bakr en 1968 |
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Fayçal II en 1940 - Clic pour
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Fayçal II passe en revue des troupes britanniques stationnées en Irak - Clic pour
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Fayçal II
Fayçal II (1935-1958) régne sur l'Irak du 4 avril 1939 au coup d'État de 1958. Il devient roi à quatre ans mais n'assurera le pouvoir qu'a partir de 1953 à sa majorité. Il fait ses études en Grande Bretagne avec Hussein de Jordanie son cousin. Alors qu'il s'apprêtait à épouser la princesse Fazilet, pour laquelle il faisait construire un palais de 120 pièces, il est abattu avec 14 membres de sa famille lors du coup d'état de 1958.
Pour la petite histoire c'est une photo de Fayçal II d'Irak qui inspira Hergé pour le personnage d'Abdallah
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Fayçal II en bédouin - Clic pour zoomer |
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Abdallah - Clic pour zoomer |
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Saddam hussein
Saddam Hussein est né en 1937 près de Takrit, une petite ville de confession sunnite, à 160 kilomètres au Nord de Bagdad. Il est élevé par son oncle paternel, dont il épousera la fille, Sajida ; elle sera la mère de ses fils Oudaï et Qusay. Il adhère au parti Baas à 21 ans. Après l'attentat manqué contre Kassem en 1959, il se réfugie en Egypte puis en Syrie. Il est de retour à Bagdad en 1963 au moment du coup d'état d'un groupe d'officiers de Baas. C'est lui qui interroge et torture les prisonniers politiques. Le second coup d'état de 1963 le renvoit dans la clandestinité. Arrêté en octobre 1964, il passe deux années en prison. A sa sortie, il est élu secrétaire général adjoint du parti et en 1966 il en créé la police secrète.
Après le renversement en 1968 du président Abd al-Rahman il devient le numéro deux du régime, sous la présidence de Ahmad Hassan al-Bakr. Le Baas ne devient pas parti unique, mais domine largement les autres forces nationalistes. ( Parti Democratique du Kurdistan, Parti Communiste, National-Démocrate...). Saddam contrôle l'armée et les services de sécurité et il organise purges et répressions sanglantes. En 1979, il s'installe au sommet de l'Etat...
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Le Baas
Le mouvement Ba'as a commencé au début du XXe siècle, fondé par des penseurs syriens. Le Parti socialiste arabe Baas a été officiellement fondé lors du premier congrès du parti, tenu à Damas le 7 avril 1947. En 1953 il fusionne avec le Parti Socialiste Arabe, fusion qui donne naissance du Parti de la Résurrection Arabe et Socialiste – Hizb al ba'ath al arabi al ishtiraki. La doctrine du parti combine socialisme et nationalisme panarabe. S'il rejette les divisions confessionnelles il reconnaît le rôle de l’islam dans la formation de l’arabisme.
le Baas arrive au pouvoir en Syrie en 1963 et brièvement en Irak la même année il y reviendra en 1968. Deux directions panarabes rivaliseront l’une à Damas, l’autre à Bagdad, de scissions en purges les partis baasistes se videront de leur substance pour n'etre plus que des paravents du pouvoir en place.
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