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| Un Douglas C-54 décolle de l'aéroport dee Tempelhof
Pour approfondir le sujet
>> Archives audivisuels INA sur le coup d'état de 1958 en Irak
>> Irak 1958 livres et documents sur Abebooks.fr
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"Tous les peuples ont le droit de choisir la forme de gouvernement sous laquelle ils entendent vivre" Accords de Yalta A 0 heure une, le 12 mai 1949, à la levée du Blocus de Berlin, parmi les premiers véhicules qui passent, le contrôle soviétique à Helmstedt, en direction de Berlin-Ouest, on peut voir un autobus quiporte une pancarte proclamant "Hourra nous sommes toujours vivants! ". La levée du blocus par les soviétiques donne lieu à une explosion de joie populaire et à une belle pagaille sur la route entre Helmstedt et Berlin. "L’autostrade Hanovre-Berlin se transforma cette nuit en autodrome. Massée derrière la barrière britannique de Helmstedt une file ininterrompue de voitures attendaient, encombrant les quatre chaussées inutilisées depuis dix mois. A minuit et une minute la barrière fut levée. A 1h46, les premières voitures alliées venant de Helmstedt apparaissaient sur l’autostrade. Six cent personnes étaient venues les acclamer" Le Monde - 13 mai 1949
Tout a commencé le 24 juin 1948 par un dépêche de 'agence ADN : "A la suite d'un incident technique sur la voie ferrée, l'office des transports de l'administration soviétique en Allemagne a été contrainte de suspendre dans la nuit du 24 juin 1948 le trafic voyageurs et marchandises dans les deux sens sur le parcours Berlin-Helmstedt". Berlin est alors une enclave en zone d'occupation soviétique, enclave elle-même partagée en deux secteurs l'un occidental, l'autre soviétique. Durant un an routes, vois ferrées, reliant Berlin Ouest aux zones occidentales de l'Allemagne vont se trouver coupées. Washington décide alors d'organiser un pont aérien : Berlin sera reliée à l'Ouest par une noria d'avions. (Contrairement aux liaison terrestres les liaisons aériennes entre Berlin et l'Ouest sont garanties par des accords interalliés).
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Le président américain Truman - Le général Lucius D. Clay - Le ministre Molotov et Staline
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C-47 à Tempelhof en 1948
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Cet événement est le paradigme de la guerre froide : l'après-guerre voit deux puissances s’affirmer : les États-Unis et l’URSS. Alliés durant la guerre, leurs intérêts vont très vite se retrouver en opposition, et ils vont chacun adopter des politiques visant à diminuer l’influence de l’autre dans le reste du monde. Coté américain, cette politique va trouver son application à travers la doctrine Truman du "containment" exposée par le président américain en mars 1947 : "contenir le communisme en accordant une aide économique et financière, mais aussi militaire, aux pays considérés comme menacés par celui-ci" et le Plan Marshall.
Les soviétiques répondront par la doctrine Jdanov et la création du Kominform dont le rôle est de mettre en liaison lespartis communistes de différents pays pour lutter contre l’expansion de l’idéologie américaine, c'est-à-dire le capitalisme. Staline dira que « quiconque occupe un territoire impose son propre système social. Tout le monde impose son système aussi loin que son armée peut avancer " Moscou entend donc imposer son système politique, par tous les moyens possibles, en développant une sphère d’influence.
Le 5 mars 1946 à Fulton, aux États-Unis, winston Churchill prononce son célèbre discours : "Une ombre est descendue sur les scènes si récemment éclairées par la victoire alliée… De Stettin dans la Baltique à Trieste dans l’Adriatique, un rideau de fer est tombé sur le continent. Derrière cette ligne se trouvent toutes les capitales des anciens États de l’Europe centrale et de l’Est, Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia, toutes ces illustres villes, avec leurs populations, se trouvent dans ce que je dois appeler la sphère soviétique, et toutes sont soumises d’une manière ou d’une autre non seulement à l’influence soviétique, mais à un contrôle très étroit et, dans certains cas, croissant de Moscou… "
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Salle de repos des pilotes à Wiesbaden
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Chargement du ravitaillement
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En Allemagne la crise a commencé en décembre 1947 avec l'échec du conseil des ministres des affaires étrangères qui avait pour mission de préparer un traité de paix avec l'Allemagne, échec à la suite duquel États-Unis, France et Angleterre tiennent à Londres une conférence pour lancer le processus de création d'un État ouest-allemand. Les alliés occidentaux décident de réunir leurs zones, pour y établir une assemblée constituante et de créer une monnaie commune le Deutschemark. La préoccupation des Américains et des Anglais étant de permettre la reconstruction d'un état économiquement viable (pour ne pas avoir a l'aider financièrement indéfiniment) , et de mettre en place un système politique démocratique à même de résister au communisme, à l'opposé la préoccupation de Moscou est de maintenir l’Allemagne en état de faiblesse pour ne plus risquer d'attaques de sa part, d'utiliser ses ressources pour la reconstruction de l’URSS, et d'utiliser le territoire allemand comme base sécurisée ce qui selon la vision de Staline nécessite de maintenir l'unité de l'Allemagne sous la coupe d'un parti communiste local inféodé à Moscou.
En signe de mécontentement, Le Maréchal Sokolovski, commandant en chef des forces soviétiques en Allemagne, quitte le 20 mars 1948, le Conseil de contrôle allié. Dès le début d'avril les Soviétiques perturbent les liaisons entre Berlin et les zones occidentales, soumettant à l'autorisation de la Kommandatura russe, autorité gouvernementale chargée de l’administration de Berlin, le départ de tout chargement de marchandises de Berlin par voie ferrée.
Le 23 juin, devant l'impossibilité de trouver un accord sur un contrôle tripartite de la monnaie, les trois zones occidentales adoptent le Deutsche Mark en remplacement de la monnaie d’occupation et les alliés annoncent leur intention d’unifier les zones occidentales pour fonder un État ouest-allemand. Le général Sokolovski écrit au général anglais Robertson "Compte tenu de ma situation ainsi provoquée, le commandement socialiste est amené à prendre les mesures nécessaires pour assurer la protection des intérêts de la population allemande dans la zone d'occupation soviétique et sur le territoire du Grand Berlin qui se trouve en zone soviétique dont il est économiquement une partie intégrante." Les soviétiques engagent eux aussi une réforme monétaire, et ils suspendent la fourniture de courant et de charbon dans la partie ouest de la ville et le 24 juin ils bloquent tous les accès terrestres et fluviaux à Berlin-Ouest, en prétextant des difficultés techniques. Le bras de fer commence.
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Les survivants d'un krach en zone soviétique - 1949
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Un c-54 dont les freins ont lachés est sorti de la piste et heurté des immeubles
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Dans un premier temps, les Alliés envisagent de forcer le blocus, selon la proposition du général américain Lucius Clay. mais ils reculent devant le risque de provoquer un conflit armé. Pour sauver la ville de l’asphyxie, Britanniques et Américains décident finalement de mettre en place un pont aérien
The Berlin Air Lift
Dès le 25 juin, les premiers avions de l'US Air Force se posent, mais il n'apportent qu'un trentième des besoins de la ville Peu après la RAF commence sa propre opération de ravitaillement. Par la suite des C-54 sont amenés d’Alaska, de Panama et d’Hawaï, d’une vitesse et d’une capacité de chargement nettement supérieure aux avions en place, en juillet 1948, ils sont au nombre de 160. Les deux aéroports utilisés Tempelhof (pour les Américains) et Gatow (pour les Britanniques ) vont être agrandis, un troisième sera sera même construit en zone française à Tegel. Les avions volaient à partir de 4 aéroports d Allemagne de l'Ouest, le long de corridors larges de 34 km, déterminés lors des accords quadripartites de 1945. Rapidement l'opération emploiera 50 000 personnes (dont 50% d'Allemands) En octobre ce sont désormais 5000 tonne/ jours qui transitant par le pont aérien, 6 mois plus tard on atteindra 8 000 tonnes jours (le charbon représentant les deux tiers et les vivres le tiers restant). Le tout sur des pistes étroites, avec des avions de faibles tonnages, par tous les temps (à l'aide des installations de GCA – Ground Controlled Approach – pour l'atterrissage au radar), des chargements et déchargements manuels.
Jour et nuit, les pilotes américains, britanniques et français vont effectuer plus de 277.000 vols (environ 200 par jour), depuis Francfort, Wiesbaden, Hambourg ou Lübeck, ils achemineront ainsi 2,3 millions de tonnes de vivres, charbon, essence, etc, à 2,5 millions de Berlinois. Durant les onze mois que dure le blocus, pendant les périodes de pointe un avion transporteur atterrit en moyenne toutes les trente secondes à Berlin-Ouest, sur les aéroports de Tempelhof, Gatow et Tegel.
Le blocus de Berlin met fin à la coopération quadripartite, à l’unité de l’Allemagne et à celle de Berlin. Les soviétiques entretiennent en utilisant les communistes allemands une agitation permanente, entre autre à l'Hotel de Ville, qui se trouve à l'Est, devant l'ampleur des troubles organisés la municipalité se déplace en secteur anglais en septembre 1948. La division administrative et politique de la ville est consommée le 30 novembre 1948 lorsque les communistes désignent une municipalité séparée en secteur soviétique. En cet automne les occidentaux saisissent les Nations Unies, ils se heurtent au veto des soviétiques. Ceux ci pensent d'une part que l'hiver mettra en échec l' « Airlift » et d'autre part que Truman perdra les élections, ce qui provoquera une remise en cause de la politique américaine.
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Les enfants berlinois jouent au pont aérien
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Une fillette et la ration de pain de la famille - Attroupement autour d'un pilote américain
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Mais le pont aérien est un succès et il semble pouvoir permettre de ravitailler la ville indéfiniment, et Truman est réélu.
La guerre froide est un conflit idéologique où chacun des deux adversaires disposent d' "armes" spécifiques pour influencer l'opinion, les soviétiques utilisent le relais des partis communistes locaux, les américains avec leurs agences de presse contrôlent le circuit mondial des images d'actualités, ils surent utiliser cette hégémonie pour populariser l' exploit du pont aérien au niveau international. Sur le plan local en Allemagne de l'ouest ils utilisent le magazine filmé « Welt im Film ». Jouant la carte de la franchise en ne masquant pas les difficultés de l'entreprise, ni les accidents qui surviennent, ni les difficultés de la vie des Berlinois sous le blocus ils produisent des actualités dignes de foi aux yeux des allemands. Ils remportent aussi, haut la main, la bataille de la propagande, ils ont su montrer leur force sans l'employer et prouver ce dont ils sont capables. La première manche de la guerre froide vient de se dérouler et les soviétiques l'ont perdue.
Le 5 mai 1949 les quatre puissances occupantes parviennent à un accord et le 12 mai 1949, le blocus est levé. Il aura coûté 200 millions de dollars et coûté la vie à soixante seize personnes.
Le 23 mai 1949, la division de l’Allemagne devient officielle, par la promulgation de la Loi fondamentale, acte de naissance de la République fédérale d’Allemagne. Le 12 octobre, la zone soviétique se constitue en un État souverain, la République démocratique allemande, les deux entités refusant de se reconnaître
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Salle de contrôle du trafic aérien - 1948
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12 mai 1949 "Nous sommes toujours vivants" - Clic pour
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Poster de l'avionneur Douglas - Le lait nouvelle arme de la démocratie - Clic pour
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Dessin de presse - Clic pour zoomer |
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Dessin de presse - Clic
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Dora et Olga
Dora et Olga "...doivent leur nom au peuple berlinois, qui a ainsi baptisé, pour les différencier et faciliter les combinaisons du marché noir, les deux monnaies introduites dans la capitale par les Occidentaux et les Soviétiques. On s'est fondé sur la manière d'épeler les noms propres au téléphone. O, comme Olga, c'est la première lettre d'Ostwärhnung, ou monnaie orientale ; D comme Dora, est la première lettre de deutsch mark (...)
Découplées les deux monnaies suivirent des voies différentes qui parfois se rejoignent. Le deutsch mark est interdit dans le secteur soviétique, mais le mark oriental est autorisé dans le secteur occidental (...) Après des fluctuations souvent violentes un cours plus ou moins fixe s'est établi : il faut deux marks-roubles pour acquérir un deutsch mark, et trois si la somme est importante. Le plus curieux c'est que les anciens marks démonétisés se traitent encore au marché noir sur la base de trois cents marks soviétiques contre mille marks de l'ancienne monnaie..." Georges Blun - Le Monde - 18-19 juillet 1948 |
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Berlinoises devant une boucherie charcuterie - 1949 - Clic
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Distribution de secours - Berlin 1949 - Clic
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