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Boris Vian
A consulter sur le sujet
>> borisvian.fr/ 400 pages de ou sur Boris Vian
>> J'irai cracher sur vos tombes le roman de B. Vian/V Sullivan (lien Alapage)
>> J'irai cracher sur vos tombes DVD du film de M. Gast (lien Alapage)
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Tout commence par un pari. L’éditeur Jean D’Halluin cherche un best seller. Et Boris Vian de répondre : "Un best seller ? Je t’en fabrique un en dix jours !". Chose promise, chose due : "J’irais cracher sur vos tombes", signé Vernon Sullivan, parait aux Editions du Scorpion en novembre 1946. Ce pseudonyme est formé du nom de son ami Paul Vernon (1921), saxophoniste (et dentiste) qui fut aussi, entre autres, guitariste de l'orchestre Abadie, et du nom de Joe Sullivan, un pianiste américain qu'ils admiraient à l'époque." C’est sur le livre qu’on peut cracher" titre la presse, l’affaire est lancée.
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Boris Vian avec Sartre et Beauvoir et avec Henri Salvador |
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J’irai cracher sur vos tombes connut un succès phénoménal puisque de novembre 1946 à décembre 1947, s’en vendirent cinq cent mille exemplaires ! Il poussa la mystification jusqu’à écrire lui-même une préface : "Sullivan songe plus à suggérer par des tournures et des constructions que par l’emploi du terme cru ; à cet égard, il se rapprocherait d’une tradition érotique plus latine..." Cet érotisme lui valut donc d’être poursuivi en justice pour atteinte aux bonnes mœurs par une ligue de vertu de l’époque. Le 7 février 1947, le Parquet ouvre contre J'irai cracher sur vos tombes, son auteur américain, Vernon Sullivan, et son éditeur une information sur plainte du Cartel d'action sociale et morale dirigé par un architecte puritain du nom de Daniel Parker. L'information s'appuie sur la loi du 29 juillet 1939 relative à la famille française. Le scandale est à son comble quand un représentant de commerce assassine sa maîtresse et se donne la mort après avoir déposé près de lui le roman de Sullivan ouvert à la page où le héros tue une jeune femme, décrivant exactement le meurtre qu’il vient de commettre..
Ce sera le début d’une série de plaintes et de nombreux débats quant à la responsabilité de l’auteur, de la liberté d’expression…Liberté et jeux de cache-cache pseudonymiques guère appréciés par le corps journalistique qui ne lui pardonnera jamais de s’être moqué de lui. Ainsi, une fois démasqué, Boris Vian perdra toute crédibilité auprès d’eux et par la même, toutes bonnes critiques quant à ses œuvres qui suivront.
Quant au roman, il sera interdit de publication à partir de 1949. Il faudra attendre 1973 et les éditions Bourgeois pour que le texte soit de nouveau réédité.
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Deux scenes du film de M. Gast.
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J’irai cracher sur vos tombes est en fait le premier roman noir français. Vian maîtrisait assez les thèmes et techniques du roman noir ainsi que la langue américaine pour parvenir à réaliser des pastiches non identifiables. Il demeure encore d’un très grand intérêt par son point de vue singulier sur l’existence qu’il voit comme une déroute, qui n’offre que cette alternative : y plonger corps et âme ou en rire... Sous le nom de Vernon Sullivan il écrira trois autres romans noirs : Les morts ont tous la même peau, 1947 ; Et on tuera tous les affreux, 1948 ; Elles se rendent pas compte, 1950. Ils furent tous les quatre taxés de pornographie.
Boris Vian mourra le 23 juin 1959 au cinéma Marbœuf où il assistait à la projection du film J’irai cracher sur vos tombes.
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Lee Anderson a vingt-six ans. Il a quitté sa ville natale pour échouer à Buckton où il remplace le gérant d'une librairie. Au bar d'en face, il sympathise avec quelques jeunes du coin. Lee est un type charmant. Il leur paie volontiers à boire. Il chante de temps en temps et joue de la guitare en accompagnement musical. Il réussit assez vite à séduire la plupart des adolescentes du groupe.. Anderson est noir, mais seulement à l’intérieur. Ayant un père blanc et une mère noire, il hérite de la peau de son père mais de l’âme de sa mère. Mais ses frères sont noirs. Un jour il rencontre Dexter, le rejeton d'une riche famille qui l'invite à une soirée où il fait la connaissance des soeurs Asquith, Jean et Lou, respectivement âgées de 17 et 15 ans. Elles ont des lignes à réveiller un membre du Congrès, selon lui. Lee les invite tour à tour à suivre les expéditions du groupe. Il les faire boire pour mieux les séduire et poursuit ainsi son sinistre dessein. Celui de venger la mort de son frère noir, fraîchement pendu pour avoir osé aimer une femme blanche.
Loin du style des autres romans de Vian, ce récit est le plus violent, le plus cru et le plus représentatif de la série "Sullivan" où Vian dénonce le racisme ambiant et la condition précaire des Noirs dans le sud des États-Unis.
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| Le Film de Michel Gast |
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Le scénario que Boris Vian écrira en 1958 fut son dernier grand rire devant la connerie et la mauvaise foi.
Le producteur, insatisfait du scénario, fera appel à d'autres adaptateurs, et hoisit en Janvier 59 un réalisateur débutant.
En février 1959, ce même réalisateur déclare à la presse : "On a commencé par faire subir d'incroyables transformations au roman lui-même. Les incongruités "faciles" et les outrances du film élaguées, l'adaptation s'est enrichie de nombreuses trouvailles cinématographiques : cela nous a coûté huit mois de travail." Boris contre-attaque et rachète le titre du roman pour les revendre à la CTI (Cinéma Télévision Internationale) pour en faire un autre film. Mais la CTI s'est liguée avec le producteur du film en cours, et s'allie contre Boris. Le matin du 23 juin 1959, Boris Vian est à la première de J'irai cracher sur vos tombes. Il a déjà publiquement dénoncé le film, annonçant qu'il souhaitait faire enlever son nom du générique. Quelques minutes après le début du film, il s'effondre dans son siège et meurt d'une crise cardiaque en route vers l'hôpital.
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