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Queneau photomaton 1928
Pour approfondir le sujet
>> Zazie dans le métro de Raymond Queneau (lien Alapage)
>> Zazie dans le métro film de Louis Malle (lien Alapage)
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" Qu’est-ce que c’est au juste qu’une tante ?... Une pédale ? une lope ? un pédé ? un hormosessuel ? Y a des nuances ?" Zazie Publié en 1959, Zazie dans le métro a révélé au grand public l'existence de Raymond Queneau... qui avait pourtant déjà publié dix-huit livres. Zazie dans le métro raconte la folle journée de Zazie de passage à Paris. Zazie est un sacrée délurée. Jeanne Lalochère étant occupée d'un jules ( "C'est comme ça qu'elle est quand elle a un jules, dit Zazie, la famille ça compte plus pour elle."), entrepose sa fille Zazie chez Gabriel (le relais se fait à la gare d'Austerlitz). Gabriel, dit Tonton Gabriel, est danseuse de charme. Zazie va parcourir la capitale, mais non pas découvrir le métro, car celui-ci est fermé pour cause de grève."Ah les salauds [...]. Moi qui étais si heureuse, si contente et tout de m'aller voiturer dans l'métro." Du fameux "Doukipudonktan ?" qui ouvre le récit comme jusqu’au "J’ai vieilli" qui le clôt,le lecteur découvre un Paris comme il ne l’avait sans doute jamais vu, populaire et interlope.
Pourquoi ce succès ? Peut-être les Français étaient-ils lassés d'une littérature qu'ils considéraient comme ennuyeuse ? Peut-être l'attaque du livre, "Doukipudonktan", ou les exclamations de la jeune Zazie : "Napoléon, mon cul !", etc., déclenchèrent-elles une rumeur qui porta dans l'ensemble des couches de la population ? Queneau ne s'attendait pas au succès de Zazie. Dans son Journal, le 16 septembre 1960, il note : [il fut] "un choc qu'il m'a été difficile de supporter. Je disais en ne disant pas, seulement pour les happy few je disais, et voilà que la foule s'écrie j'ai compris même si c'est faux c'est impressionnant."
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Rymond queneau usager des bus de la RATP - Queneau en 1955 à la remise du prix des deux magots à Pauline Réage (masquée) auteur d'Histoire d'O
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En fait , dans une première mouture du roman ecrite 15 ans avant, Zazie prenait bien bien pris le métro. Justement titré "Y a pas grève" on peut lire dans cette version : "Zazie descendit quelques marches et demeura là, plantée au milieu de l'escalier, émue de descendre cette voie sacrée. Un garçon un peu plus âgé qu'elle la bouscule au passage en lui demandant si elle ne pourrait pas se grouiller, non? Cocu, qu'elle lui réplique". Fidèle à son goût pour l'absurde, Queneau a donc mélangé les titres et les histoires... Toujours est-il que dans la version définitive, Zazie et son oncle déambulent à pied dans la capitale, découvrant un monde étrange et pittoresque, voire absurde, dont la découverte est régulièrement commentée d'un impertinent "Mon cul!" lâché par la peste métaphysicienne à la langue bien pendue.
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Catherine Demongot "zazie" dans le film de Louis Malle 1960 |
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Queneau affirme avec justesse que les romans, que ses romans sont des oignons. Roland Barthes écrira dans un article sur Zazie et la littérature : "Les formes de duplicité sont ici innombrables". Gabriel se fait passer pour veilleur de nuit, mais on apprendra qu’il est en réalité "danseuse de charme"dans une boîteà Pigalle, sous le nom de Gabriella. Il est dûment marié avec Marceline, mais Zazie se demandera tout au long du récit s’il n’est pas "homosessuel". Les dénégations de Gabriel et de ses camarades sont contrariées par l’apparition finale de Marceline sous l’appellation de Marcel. Zazie s’échappe, se défend toute seule contre les "meussieu" qui voudraient la raccompagner au logis, en les faisant passer pour des satyres, jusqu’à ce qu’elle trouve plus fort qu’elle, en la personne de Pédro-surplus, alias Trouscaillon, alias l’inspecteur Bertin Poirée, alias Aroun Arachide, figure déléguée de l’auteur manipulant ses personnages. Jusqu’à la fin Zazie s’interrogera, sans qu’aucun adulte daigne lui répondre : " Qu’est-ce que c’est au juste qu’une tante ?... Une pédale ? une lope ? un pédé ? un hormosessuel ? Y a des nuances ? " A la fin du roman Jeanne Lalochère quitte
son jules qui dort et va chercher sa fille à la gare. Elle apprend que
sa fille n'est pas allée en métro. Qu'est-ce qu'elle a fait alors?
"J'ai vieilli"
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Vittorio Caprioli en agent de police, Catherine Demongeot, Zazie dans le film de Louis Malle 1960
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Bande annoce de Zazie L'écrivain affirmait au sujet de l'adaptation cinématographique de son œuvre. "Le roman et le cinéma, ça fait deux comme chacun sait, et on le sait même si bien que pour beaucoup de représentants de la première activité nommée, le passage de l'un à l'autre est non seulement impossible mais de plus en plus sacrilège. [...] Entre les deux, il est difficile de faire quelque chose de personnel ; c'est pourtant ce que me semble avoir réussi Louis Malle. " Louis Malle lui disait : "Zazie, c'est vraiment l'ange qui vient annoncer la destruction de Babylone. J'aimerai que ce film dit comique (... ) transmette à l'arrivée cette idée qu'il est difficile d'être un homme dans une ville occidentale en 1960. [...] J'ai voulu montrer une image terrible de la vie dans les villes modernes : peut-être que, voyant le film, les parisiens, épouvantés, s'enfuiront à la campagne." Après avoir vu le film de Louis Malle, Nabokov, qui avait pour Zazie beaucoup d'admiration, regrettera que Catherine Demongeot n'ait pas été choisie par Kubrick pour sa version filmée de Lolita en 1962, alors que l'âge de la fillette aurait beaucoup mieux convenu que celui de Sue Lyon, une adolescente presque déjà femme.
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Noiret, Gabriel, au sommet de le tour Eiffel, Zazie de Louis Malle 1960
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Raymond Queneau
Son père était mercier et sa mère mercière. Raymond Queneau est né au Havre en 1903. Raymond Queneau fréquente le groupe surréaliste jusqu'à son exclusion en 1930.
C'est en 1936 qu'il publie son premier roman, Le chiendent. Ce roman très original lui vaudra le Prix des Deux-Magots. Suivront quatre romans d'inspiration autobiographique : Les derniers jours, Odile, et Les enfants du Limon, ainsi qu'un roman en vers, Chêne et Chien.
En 1947, paraissent les "Exercices de style", un court récit décliné en une centaine de styles, dont certains seront adatés au cinéma par Yves Robert. Sous le pseudonyme de Sally Mara, il publie un roman léger, "On est toujours trop bon avec les femmes", qui lui vaut quelques démêlés avec la censure.
À la Libération,son poème "Si tu t'imagines", mis en musique par Joseph Kosma à l'initiative de Jean-Paul Sartre, est un grand succès de Juliette Gréco. D'autres textes sont chantés par les Frères Jacques. Il écrit des paroles pour des comédies musicales, des dialogues de films dont "Monsieur Ripois" réalisé par René Clément avec Gérard Philipe et, également, le commentaire du court-métrage d'Alain Resnais "Le Chant du styrène"
Il entre à la Société mathématique de France en 1948. Raymond Queneau s'applique à créer des règles arithmétiques à la construction de ses œuvres.En 1950, il entre comme au Satrape au Collège de ’Pataphysique, et, est élu à l'Académie Goncourt en 1951.
En 1959 "Zazie dans le Métro" fait de lui un auteur populaire.
Il fonde en 1960, avec François Le Lionnais, un groupe de recherche littéraire et scientifique appelé l'Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle)
Avec « Cent Mille Milliards de Poèmes » (1961), Queneau offre au lecteur la possibilité de combiner lui-même des vers de façon à composer des poèmes répondant à la forme classique du sonnet régulier : deux quatrains suivis de deux tercets, soit quatorze vers.
Le roman Les fleurs bleues (1965), nouveau succès public pour Queneau, illustre l'apologue du penseur chinois Tchouang-Tseu se demandant s'il est Tchouang-Tseu rêvant d'un papillon ou un papillon rêvant qu'il est Tchouang-Tseu... Il publie également cette année-là un recueil d'études critiques et poursuit son oeuvre poétique.
Raymond Queneau meurt le 25 octobre 1976
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On est toujours trop bon avec les femmes
Film Michel Boisrond 1970
Avec Jean-Pierre Marielle, Robert Dhéry, Elisabeth Wiener
Durant l'attaque de la poste de Dublin des insurgés sont assiégés par l'armée britannique.Nous sommes en 1916 ..... Gertie, la fiancee du commandant britannique Cartwright,et employée du bureau de poste, est prisonniere de sept Irlandais, prets a tout ..... Ce qui n'est pas pour lui déplaire.
A la base de cette réalsation de Michel Boisrond, un roman de Raymond Queneau, publié sous le pseudonyme de Sally Mara en1947 : un roman coquin narrant sur un ton humoristique la sanglante insurrection Irlandaise de Pâques 1916 à Dublin.
Après quelques péripéties scabreuses Gertie s'en sortira bien. A la fin elle est libérée par son fiancé le Commodore Britannique Cartwright :
"Chérie, pardonnez moi de vous poser cette question, mais ces rebelles, ils ont été... Comment dire... corrects avec vous, n'est ce pas? Gertie regarda Dillon, Kelleher, puis les cadavres.
- Non, dit-elle.
Cartwright pâlit. Kelleher et Dillon demeurèrent impassibles.
- Non, dit Gertie. Ils ont voulu soulever ma belle robe blanche pour regarder mes chevilles...»
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