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Bonjour tristesse, Françoise Sagan
BD Litterature des années 50
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Françoise Sagan

A consulter sur le sujet
>> Documents vidéo INA sur Sagan
>> DVD Bonjour tristesse - Otto Preminger (lien alapage)
>> Bonjour tristesse - roman lu - Catherine Deneuve - 3 CD (lien alapage)

 


"Des flots d'alcool des éclats de rire" Arte radio - Christophe Rault

"Je suis futile, mais la futilité consiste à s'occuper de choses intéressantes" avait-elle coutume de dire. De son vrai nom Françoise Quoirez, née le 21 juin 1935 dans une famille d'industriels fortunés, elle a tout juste 18 ans quand elle achève en sept semaines, l'écriture du manuscrit qu'elle signe sous un pseudonyme emprunté à l'œuvre de Marcel Proust. Des millions d'exemplaires sont vendus à travers le monde (un million aux Etats-Unis) et toute une génération se passionne pour l'héroïne éprise de liberté et hantée par la solitude.

Cécile, adolescente insouciante, vit depuis deux ans avec son père. Elle mène une existence oisive et bénéficie d’une grande liberté. Son père a de nombreuses maîtresses auxquelles Cécile s’habitue assez facilement . L’été de ses 17 ans, Cécile , son père Raymond et Elsa, sa maîtresse du moment partent en vacances sur la Côte d’azur. Raymond a également invité Anne, une femme séduisante et brillante, qui était l’amie de son épouse. Très vite Anne prend en main la vie de Cécile et décide de la faire travailler, et regarde également d'un œil critique l’aventure que Cécile a avec Cyril, un étudiant qui passe ses vacances dans la région. Raymond devient l’amant d’Anne. Il est décidé à changer de vie pour elle et envisage même de l’épouser.

sagan_preminger_1957.jpgSur la côte d'Azur en compagnie d'Otto Preminger, l'été 1957. Le réalisateur de 'Rivière sans retour' est venu tourner en France l'adaptation de 'Bonjour tristesse'. Françoise Sagan a souhaité lui montrer elle-même les lieux de l'action à Saint-Tropez.

Cécile craint de perdre sa liberté. Jalouse, elle réussit à convaincre son petit ami de simuler une aventure amoureuse avec Elsa. Raymond ne parvient pas à résister à cette provocation. Irrité de voir Elsa se tourner vers un adolescent à peine plus âgé que sa fille, il se retrouve bientôt dans les bras de son ancienne maîtresse. Anne les surprend par hasard. Désespérée elle s'enfuit et se tue dans un accident de voiture. Cécile et son père reprennent leur vie insouciante, mais la jeune fille connaît à présent un sentiment nouveau : la tristesse : "Seulement quand je suis dans mon lit, à l’aube, avec le seul bruit des voitures dans Paris, ma mémoire parfois me trahit : l’été revient et tous mes souvenirs. Anne, Anne ! Je répète ce nom très bas et très longtemps dans le noir. Quelque chose monte alors en moi que j’accueille par son nom, les yeux fermés : Bonjour Tristesse."

Bernard Frank parlait ainsi de Bonjour Tristesse dans son hommage à son amie de toujours : "(en 1954...) Je devais être plus préoccupé de l’Indochine, de Mendès France dont c’était le seul et premier ministère, des accords de Genève que de Bonjour Tristesse. Longtemps, on a eu de la chance avec notre littérature. Elle couvrait nos reculs. Sartre et Les Temps Modernes, ce qui s’était passé sous l’occupation, Sagan, Robbe-Grillet, le nouveau roman, la perte de l’Indochine. Le début de la fin de notre empire colonial... Je me demande si Bonjour Tristesse, c’était avant ou pendant Mendès France. Enfin c’étaient deux signes assez forts qu’il se passait quelque chose sur le plan des mœurs et sur la scène politique. Que la IVe n’était pas éternelle. D’une certaine façon, la Nouvelle vague, c’était Mendès et surtout Sagan.
Pour la réalisatrice Michelle Porte, dès qu’il s’agit de Sagan, on entend parler d’argent, de voitures de course, de whisky et il serait grand temps de lui rendre justice [...] Françoise Sagan porte sur le monde un regard qui n’appartient qu’à elle. Même quand elle parle de ce qui lui tient le plus à cœur, la littérature, elle ne se prend, elle, jamais au sérieux, et son humour toujours présent donne à ses propos un ton très particulier... elle est, une personne attachante et vraie, lucide, sincère, libre et généreuse, en proie à une vraie grande passion, celle de l’écriture.

 

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"Bonjour tristesse" le film

La critique française se montra dans l'ensemble impitoyable. Les acteurs (mis à part Jean Seberg) étaient essentiellement britanniques Deborah Kerr, David Niven, Martha Hunt. Et le temps d'une courte chanson, Juliette Gréco, jamais très loin de Saint-Tropez.

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En France ces personnages anglo-saxons pour une histoire si typiquement française eurent du mal à passer, les lecteurs du roman ne retrouvèrent pas ses héros. Seule Jean Seberg parvint à faire accepter son personnage de Cécile.




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Jean Seberg

Reste que Preminger était un grand cinéaste, à qui on devait Laura (1944), Ambre (1947), Un si doux visage (1952), La lune était bleue (1953), Rivière sans retour.

"Cinéma Côte d'Azur" disait avec mépris Montherlant, Bonjour tristesse est tout cela, avec ses héros trop bronzés et noceurs, ses flots de whisky, ses belles villas, mais il n'est pas quet cela.
IPreminger a su voir plus loin que l'apparence superficielle de l'univers de Sagan, et l'intégrer à son propre univers cinématographique.