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La "trabi"
Automobiles des années 50
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Trabant P50 Kombi

Pour approfondir le sujet
>> The Trabant driver Le blog d'un propriétaire de Trabant (anglais)
>> Site sur la marque Sachsenring (anglais)

 
 

C’est une Trabant qui rate son virage et atterrit sur une bouse de vache. "Mais qui es-tu toi ?" demande la bouse. "Je suis une voiture", répond la Trabant. Et du tac au tac la bouse de répliquer : "Si tu es une voiture, moi je suis une pizza !". Résumé de la dérision qu’affichait l’Allemagne de l’Ouest pour les voitures fabriquées à l’Est.

Auourd'hui tel le canard boiteux qui attire l'attention des passants et leur affection, la Trabant (Trabi pour les intimes) est devenue objet de curiosité et de collection, surtout dans les pays où elle ne fut jamais importée. Petite précision, Trabant n'est pas une marque automobile ce n'est en fait que le nom d'un modèle. La marque de ces automobiles se nomme Sachsenring.

Avant la Deuxième Guerre mondiale, les usines de Zwickau produisaient des grosses voitures de luxe sous les bannières Horch et Audi, toutes deux membres du groupe Auto Union. À la fin des hostilités et à la suite du partage de l'Allemagne, Zwickau se retrouve à l'Est, sous domination communiste, et se consacre à la construction de tracteurs et de camions. En 1947 les instances du Parti Dirigeant décident la construction d’une voiture qui devait être à l’Allemagne Démocratique ce qu’était la Volkswagen à la zone ouest (on ne parlait pas encore de RFA ni de RDA... !).

 

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Trabant - P50

 
Le cahier des charges ressemble à celui de la 2CV : 4 places, entretien minimum, longue durée de vie. A ela s'ajoutait une autre contrainte :f aire face à la pénurie de matières premières due d’une part aux suites de la guerre, d’autre part à la volonté des instances dirigeantes de ne pas dépendre d’importations des pays "capitalistes". Devant l’absence de tôles, les chimistes mettent au point le "Duroplast" un matériau composé de résine phénolique renforcée avec des fibres de coton. On pouvait facilement créer des formes variées en plaçant les toiles de coton sur des moules. Il y avait cependant quelques inconvénients : les plaques étaient cassantes et brûlaient assez facilement en dégageant des fumées fortement chargées en souffre. "Du papier mâché renforcé de résine synthétique", lit-on dans L'Encyclopédie illustrée de l'automobile. "De la pâte de râperie mécanique- pâte de bois-, le tout trempé dans de la résine synthétique", voit-on ailleurs. "Du carton de course", renchérit un troisième ouvrage! Qu'importe. l'essentiel, c'est que ça ne rouille pas. La production automobile reprend et c'est en 1957 que naît la Trabant P50
 

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Animée par un moteur bicylindre à deux temps de 500 cc en aluminium, et refroidi à l'air, cette traction avant développait 18 chevaux. C'est le 4 octobre 1957 que la P50 prendra officiellement le nom de Trabant (qui signifie "satellite" en allemand). En effet ce jour là le Grand Frère Soviétique vient de mettre en orbite le premier Spoutnik ("satellite" en russe). C'est le 7 novembre 1957, jour anniversaire de la révolution de 1917, que la première Trabant sortira des chaînes de constructions. Cependant la production ne démarrera que le 1er août 1958 avec plusieurs mois de retard (le premier d'une longue série). Il fallait alors 400 heures pour produire une voiture. Il fallait payer comptant pour commander une Trabant et attendre avant qu'elle ne soit livrée. Presque comme une Rolls!

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Fait intéressant à noter, depuis 1955, le moteur de la Trabant est disposé en position transversale, une configuration "révolutionnaire" que l'on attribue à la Mini, née en 1959.
Livrable en trois versions de base (berline, familiale et cabriolet), la Trabant existait aussi en version tout-terrain destinée aux forces armées, la Kubelwagen. La Trabant satisfait clairement au précepte "rien de trop". Quelques exemples : pas de pompe à eau ni de liquide de refroidissement, pas de pompe à huile ni de circuit de lubrification, pas même de pompe à essence puisque la gravité assure l'alimentation du carburateur. La suspension à lames transversales, certes un peu sommaire, s'accommode assez bien des modestes performances du véhicule. Le freinage est d'une efficacité surprenante, car conçu en tenant compte de l'absence totale de frein moteur, du fait de la présence d'une roue libre destinée à éviter les serrages de pistons sur ce moteur fonctionnant au mélange.

Malheureusement le vieillissement des équipements de production a au fur et a mesure dégradé gravement la qualité et l'absence de développement ultérieur pérennisait le manque de fiabilité et d'endurance de certaines pièces en matériau synthétique. Les suspensions étaient sujettes à de multiples avaries, de même que l'équipement électrique. Mais la voiture pouvait s'entretenir et se réparer avec un outillage manuel simple. Le cycle deux-temps retenu pour le moteur en raison de la simplicité et de l'économie de fabrication, a le défaut d'une consommation exorbitante, compte tenu des performances fournies. Quant à sa pollution, mieux vaut n'en pas parler... En dépit de de tout cela la Trabi est exemple d'astuce et d'intelligence technique.
 

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Trabant P601

 
En 1961, la Trabant évolue et la cylindrée passe de 500 à 600 cc, le moteur deux temps étant cette fois-ci refroidi à l'eau. Cette "grosse" cylindrée est suivie en 1964 de la P601 "restylée" et agrandie, les formes sont plus anguleuses. La voiture est déclinée en deux versions : berline (Limousine) et break (Universal). Ces deux modèles resterons pratiquement inchangés jusqu’à la fin de la production, le 24 avril 1991, soit un an et demi après la chute du mur de Berlin.

Après la chute du mur, on modifia génétiquement une bactérie pour l'utiliser dans la dégradation des carrosseries de Trabant qui encombraient les casses automobiles. Cette bactérie a été surnommée la "trabicille".

Durant toutes ces années,les retards de production s’accumulent et on atteindra des délais de livraisons records de 10 à 15 ans ! Le prix de base avait été fixé au debut de la production ne devant pas augmenter selon les instances dirigeantes du Parti, on eut alors recours aux "options" pour réajuster les prix : officiellement la Trabant coûtait toujours 1000 Marks hors options. En réalité, le prix moyen d’un véhicule neuf variait, selon les options, de 6500 à 8500 Marks. Les options étaient les suivantes : volant "spécial" (mais un volant "normal" n’existait pas ), ceintures de sécurité (mais sans celles-ci,le véhicule ne pouvait être immatriculé ), siéges "confort " (il n’y en avait pas d’autres !). On trouvait ainsi toute une série d’optionsauxquelles on ne pouvait échapper.Avant la chute du Mur de Berlin, posséder une Trabant était le signe d'une certaine réussite.

En 1988, juste avant la chute du mur de Berlin (1989), la Trabant reçoit le moteur de la petite Polo en vertu d'une entente avec VW. Mais avec l'unification de l'Allemagne, les jours de l'antique Trabant sont comptés et la production cesse définitivement quelques mois plus tard.
Entre 1957 et 1991, il en fut fabriqué 3 051 385 exemplaires. Au 1er janvier 2005, il en restait environ 67 000 exemplaires en circulation en Allemagne
 
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