 |
|
La Frégate présentée par Maurice Chevalier
Pour approfondir le sujet :
>> Le site d'un collectionneur publicités, photos, presse.. sur la Frégate
>> Site personnel d'un passionné de Frégates
>> "La Renault Frégate de mon pére" de MA Colin (lien Alapage)
|
| |
| |
"Une 11 chevaux au profil racé, aux performances de grande voiture" Pierre Lefaucheux Dès la fin 1947, Pierre Lefaucheux, à la tête de la Régie Nationale des Usines Renault fraîchement créée s'interroge sur sa gamme. Il décide de faire étudier une 5:6 places avec un moteur de 2 litres placé à l'arrière. Devant lesdifficultés rencontrées pour la mise au point, le projet est abandonné et on revientà un véhicule à moteur avant.
En octobre 1950, Pierre Lefaucheux est informé qu'en raison de la situation créée par les guerres de Corée et d'Indochine le développement de tout nouveau modèle risquait d'être interdit à partir du 1er janvier 1951, pour permettre le cas échéant aux industriels de répondre aux besoins du gouvernement.
Le prototype de la nouvelle Frégate est présentée dans l'urgence à la presse au palais de Chaillot en novembre 1950, et lancée officiellement au Salon de l'Auto 1951.
|
| |
Présentation de la Frégate 1951
|
|
La première Frégate de série est remise au baron Surcouf
|
| |
|
La première Frégate de série fut livrée en novembre 1951 au baron Robert Surcouf, arrière-petit-neveu du corsaire. Elle lui fut remise à Paris au magasin d'exposition des Champs Elysées avec maîtres d'hôtel en corsaires. Le Baron et sa Frégate s'en retourne à Saint Malo escortée de 5 autres Frégate, pour une seconde réception en présence de toutes les personnalités locales.
Conçue dans la précipitation après l'abandon du projet à moteur arrière à la fin de l'année 1949, la Frégate va durablement souffir de ses nombreuses maladies de jeunesse.
Dessinée sous la houlette de Robert Barthaud, elle est saluée pour son élégance et l'harmonie des ses lignes. Mais cette grande voiture spacieuse et confortable, disposant d'une suspension à quatre roues, d'un plancher plat et d'un coffre volumineux, devait se contenter d'un moteur à 4 cylindres en ligned'une cylindrée de 1 996 cm³ ne développant qu'une puissance de 58 ch, pour un poids annoncé de 1 230 kg. Bien que la Régie ne ménage pas ses efforts, pour 'améliorer La Frégate, tout au long de sa carrière, elle n'arrivera jamais à la débarasser de son image de "veau" qui vous laisse choir quand on a besoin d'elle notamment dans les côtes et les dépassements.
|
| |
|
La Frégate des gangsters dans "les pirates du silence" une aventure de Spirou
|
| |
Publicité Renault
1952, premiére année pleine de diffusion de la Frégate, voit les clients essuyer les plâtres avec des dysfonctionnements à répétition. Renault doit faire face aux critiques sans ménagement d'un nouveau venu dans la presse automobile "L'Auto Journal" : faible puissance, niveau sonore élevé, présence de vibrations. Les concessionnaires prennent en charge la maintenance d'après vente ce qui coûte une fortune à l'entreprise. Les ingénieurs de Renault vont corriger rapidement les défauts de jeunesse dont souffrait la voiture en raison de son lancement anticipé.
Dès 1953 des améliorations sont apportés au niveau de la boîte de vitesse, de la direction et de l'insonorisation. Une version "Affaires" est proposée ainsi qu'une version luxe nommée "Amiral". Et la Régie Renault se lance dans une campagne promotionelle offensive avec l'opération des "Croisières vérité". Renault met dix de ses nouvelles Frégate à la disposition de cinq cent soixante conducteurs tirés au sort parmi les automobilistes inscrits. Chacun dispose d'une Frégate pour une journée sur un parcours librement choisi. A charge pour eux de répondre à un questionnaire sur la voiture. Les réponses devaient être adressées à un huissier. La Régie s'était engagée à publier les résultats de ce test, qui se révéla, assez naturellement, favorable.
|
| |
|
Intérieur de Frégate
|
|
Brochure Renault 1951
|
|
Version break "Domaine" 1956
|
| |
|
Cependant le salon de 1955 voit l'arrivée de deux redoutables concurrentes : la Peugeot 403 de même puissance que la Frégate, elle est sensiblement plus légère et la Citroën DS qui donne un sérieux coup de vieux à la Renault. De plus Pierre Lefaucheux s'est tué en voiture en février 1955, et pour Pierre Dreyfus le nouveau PDG, la Frégate n'est plus prioritaire.
En 1956 un nouveau moteur est proposé l' "Etendard" avec une puissance portée à 77 Ch, ainsi que le lancement de la berline "Grand Pavois" à la finition luxueuse, et le break "Domaine."
En 1957 une nouvelle boîte de vitesses entièrement synchronisée fait son apparition et, cette même année, Renault présente la version "Transfluide" première tentative de boîte automatique sur une voiture française. Mais la Transfluide est encore plus lourde que les autres modèles et les trois chevaux supplémentaires qui lui sont accordés ne suffisent pas à compenser le surpoids. Une version break verra aussi le jour sous le nom de "Manoir" qui ne fut commercialisée que dix-huit mois.
|
| |
|
"Grand Pavois" - 1958
|
|
"Manoir" 1960
|
| |
|
A l'été 1958 Renault tente une ultime opération promotionnelle en organisant un raid entre la Laponie et le Cap de Bonne-Espérance. La Frégate et la Colorale (voiture rustique et puissante destinée aux colonies et à la campagne Colorale: coloniale et rurale) parcourrent 18 000 km par des températures variant de -35° à .50°. C'est un succés et Renault parviendra a faire remonter un peu les ventes de le voiture, mais c'est bien tard, Citroen et sa DS ont fait prématurémént vieillir toutes les voitures de sa catégorie.
Malgré ces améliorations et une fiabilité enfin présente, les ventes de Frégate déclinent, la production est arrêtée en 1960 après une production de quelques 180.000 exemplaires.
Entre la disparition de la Frégate et la présentation de la Renault 16, Renault a importé et vendu une berline américaine pour combler le trou dans la gamme: cette berline était la Renault-Rambler motorisée par un 6 cylindres.
|
| |
|
La Frégate "Transfluide" lors du raid en Laponie
|
| |
|
|
 |
Publicité 1953 - Clic pour zoomer |
| |
Publicité 1955 - Clic pour zoomer |
| |
Brochure 1951 - Clic pour zoomer |
| |
Brochure 1951 - Clic pour zoomer |
|
|
| |
PierreLefaucheux - Clic pour zoomer |
| |
|
Pierre Lefaucheux
Pierre Lefaucheux (1898 - 1955) est diplomé de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures en 1922. Mobilisé en 1939, il est nommé en janvier 1940 directeur de la Cartoucherie du Mans. Il rejoint la Résistance.
En 1943, Sous le pseudonyme de Gildas, il est chargé du commandement des groupes de résistants des 7e, 14e et 15e arrondissement de Paris puis de toute la rive gauche et de sa banlieue en décembre. En 1944 il devient chef des FFI du département de la Seine.
Arrêté en juin 1944, déporté à Buchenwald il ne doit son salut qu'à l'action de sa femme Marie-Hélène qui parvient à convaincre à Nancy un haut gradé de la Gestapo de l'innocence de son mari
En septembre 1944, il est nommé le 4 octobre administrateur provisoire des Usines Renault réquisitionnées. Puis, après la nationalisation de Renault le 15 janvier 1945, il en devient officiellement le PDG le 7 mars 1945. Pendant les dix ans où il occupe ce poste, il transforme l'entreprise, qui est sorti ruinée de la guerre, en une machine industrielle moderne et efficace. Il prendra la décision de lancer la "4CV", la Frégate mais aussi la Dauphine et préparera la "toute petite voiture" qui sera la "R4". Il se tue accidentellement au volant de sa Frégate au matin du 11 février 1955.
|
| |
| |
|