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Le groupe Cobra
Arts plastiques dans les années 50
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Modification - Cobra 1949 - Constant, Appel, Corneille, Nyholm, base de Richard Mortensen

Pour approfondir le sujet

>> Site du Cobra Museum
>> art-maniac.over-blog.com
>> Cobra de W. Stokvis (lien Alapage)

 

 
 
"Nous avons déclenché une sorte de guerre. On nous a traité d'anarchistes, de conspirateurs, de bolcheviks, de communistes (...)...mais notre combat était un combat artistique" Corneille

Cobra ou CoBrA est un mouvement artistique né en 1948 et dissout en 1951. Il est un mouvement artistique né en réaction à la "querelle absurde" entre l'abstraction et la figuration. Son nom est l'acronyme de "Copenhague, Bruxelles, Amsterdam" du nom des villes dont sont originaires les membres fondateurs.

Le 8 novembre 1948, après l’échec d’un congrès international organisé le 5 novembre au "Centre de Documentation sur l’Art de l’Avant-garde" par quelques anciens "surréalistes révolutionnaires".
Quatre peintres, le Danois Asger Jorn, les Hollandais Karel Appel, Corneille (Cornelis Guillaume van Beverloo) et Constant (Constant Nieuwenhuys), et deux poètes belges, Christian Dotremont et Joseph Noiret signent un texte bref, rédigé par Jorn et Dotremont, que, par référence ironique au manifeste du Surréalisme, "La cause est entendue", ils intitulent "La cause était entendue". Ils précisent clairement : "Les représentants belges, danois et hollandais à la conférence du centre International de Documentation sur l’Art d’Avant-Garde jugent que celle-ci n’a mené à rien (…). Nous voyons comme le seul chemin pour continuer l’activité internationale une collaboration organique expérimentale qui évite toute activité stérile et dogmatique". Leur mot d'ordre est : expérimenter ! La volonté de Cobra est de renouer avec l'inconscient collectif, d'en faire resurgir une autre culture, enfouie, mais authentique. Dotremont devint le grand rassembleur du mouvement naissant et, lors d’un congrès, le 20 octobre 1949, il décida d’ajouter au nom de Cobra : "Internationale des artistes expérimentaux" (I.A.E.).C’était là entériner deux grandes caractéristiques du mouvement, présentes dès sa création.
 

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La lune et les animaux - Asger Jorn 1950
 
C'est très explicitement contre le rôle culturel dominant de Paris que se crée CoBrA. "Etre nordique c'est croire en soi et en tous. L'art français a été le plus important. Mais il fallait que nous, les Sacndinaves, réagissions contre ce qui était devenu le mythe parisien" Gudnason. Un grand nombre d'artistes y adhéreront : Karel Appel, Jacobsen, Pedersen, Herrup, Lucebert, Lindström et le plus connu d’entre tous, Pierre Alechinsky, mais aussi des peintres que l’on s’attend moins à trouver là, compte tenu du parcours suivi par la suite. Atlan, Doucet, Bury, Ubac, quatre peintres qui, plus tard, vont se tourner vers l’abstraction.

Cobra rejette le réalisme, l'abstraction pure ainsi que le réalisme socialiste.
Le réalisme est rejeté en tant qu'esthétique sclérosée, imitation servile de la nature. L'abstraction pure et géométrique (type Mondrian) est rejetée parce qu'elle rompt totalement avec le réel, parce qu'elle apparaît comme une déviation intellectualiste, trop cérébrale, vaine et désincarnée. Venus du surréalisme — donc très engagés avec le mouvement communiste —, les artistes de CoBrA rompent avec les communistes lorsque ces derniers optent pour le réalisme socialiste. Très vite, il y aura des polémiques en particulier avec"Les lettres Françaises " qui défendent ce réalisme soviétique.

 

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Constant et Kouenaar - 1949

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Corneille - Eté 1948 - Au sein du désert il y a encore de la place pour jeux, 1949

Les artistes de Cobra estimaient que l’art devait être spontané et expérimental comme l’art des enfants, une peinture et une poésie spontanées, expérimentales, combinant certaines manifestations artistiques de peuples dits primitifs et de dessins d’enfants.

Une caractéristique essentielle de l’expérimentation chez les artistes de Cobra fut une soif d'aventures véritablement collectives et expérimentales
qui conduisit collaboration entre peintres et écrivains, surtout poètes et aux peintures-mots ou dessins-mots créés simultanément par un peintre et un poète ou deux peintres ou deux poètes, l'anti-spécialisme et l'inter-spécialisme étant une particularité de Cobra où les peintres écrivaient et les poètes peignaient.

La revue internationale Cobra reflète le caractère complexe et chaotique du mouvement
elle parut d’abord avec le sous-titre "Revue internationale de l’art expérimental" qui devint par la suite "Bulletin pour la coordination des investigations artistiques", "Organe du front international des artistes expérimentaux d’avant-garde" et "revue trimestrielle de l’internationale des artistes expérimentaux". 7 numéros furent publiés. Dans tous les numéros de la revue, voisinent articles sur l’esthétique du mouvement, poèmes, photographies, lithographies...
 

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Karel Appel
 

Dotremont et Alechinsky
dotremont_alechinsky.jpgChristian Dotremont

Christian Dotremont (1922- 1979) participe, en 1940 aux dernières activités des surréalistes à Bruxelles. A Paris il est co-fondateur, en 1941, de "La main à la plume !" Il participe en 1947 à la fondation du Surréalisme révolutionnaire et, en 1948, à celle del Cobra. Peintre, dessinateur et poète, il entend faire la synthèse de ces moyens d'expression notamment avec ses Logogrammes. Il a côtoyé Magritte, Eluard et Picasso et travaillé en collaboration avec Colinet, Mariën et Alechinsky. Il laisse une quarantaine d'ouvrages parmi lesquels : Souvenirs d'un jeune bagnard (1941), La mathématique du ténu (1946), Le réalisme socialiste contre la révolution (1950) Typographismes (1971), J'écris donc je crée (1978).

Joseph Noiret

Joseph Noiret (1927) est un artiste surréaliste belge Il adhère au surréalisme révolutionnaire en 1947 quand il rencontre Christian Dotremont et cofonde avec lui CoBrA qu’il anime jusqu’à sa dissolution en 1951. En 1953, il fonde et dirige, avec Marcel Havrenne et Théodore Kœnig, la revue Phantomas dont il sera l’un des principaux animateurs (1953-1981). À partir de 1972, il crée avec Serge Vandercam des œuvres à quatre mains : collages mots, sculptures mots, gouaches.

De 1980 à 1992, il dirige l'École nationale supérieur des Arts visuels de La Cambre (Bruxelles).
A partir de 1992, il publie la revue L'Estaminet. Poète et critique, il a publié plusieurs recueils de poèmes.
 
 
Le mouvement se dissout dès 1951, à cause d'une part de dissensions et de rivalités, et d'autre part de la maladie des deux promoteurs, Jorn et Dotremont. L’aventure Cobra ne dura que trois ans (1948-1951) mais il y a un avant Cobra et surtout un après Cobra aussi important, si non plus, que le pendant Cobra. "Rythme chaotique parfaitement exagéré de vrai à même la légende, et nous avons pensé en 1951 que cette légende devenait aussi fatigante et devait finir. Eh bien, c’est en proclamant la fin de cobra que nous fûmes le plus mythomanes" Dotremont. En effet, le mouvement reste vivant, au-delà même des itinéraires individuels de ses membres. Les toiles des artistes du mouvement Cobra sont aujourd'hui l'objet d'une véritable réévaluation.
 

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Christian Dotremont - Jean-Michel Atlan
Constant, Gallizio, Jorn - Clic pour zoomer
 
Asger Jorn 1951 - Clic pour zoomer
 

Asger Jorn

Asger Jorn (1914-1973) est un peintre danois. En 1936, il est arrivé à Paris pour rejoindre l'Académie contemporaine de Fernand Léger. Pendant l'occupation nazie au Danemark, Jorn fut un communiste actif dans la résistance et participa au groupe artistique Høst.
Après la fin de l'occupation, les possibilités de libre pensée critique dans les milieux communistes devenant plus limitées, il rompit avec le Parti communiste danois. Il fut une des fondateurs du mouvement CoBrA. En 1951, Jorn retourne, malade et désargenté, à Silkeborg, sa ville de résidence au Danemark. Il commence à s' intéresser activement à la céramique en 1953. L' année suivante, il s' installe à Albisola en Italie et participe à la création du Mouvement International pour un Bauhaus Imaginiste. En juillet 1957 de l'année suivante les lettristes Michèle Bernstein et Guy Debord fondèrent avec Asger Jorn et cinq autres personnes l'Internationale situationniste. Jorn a eu de multiples activités : la peinture, sa principale activité à partir de 1966, mais aussi la céramique, le collage, l' illustration de livres, la lithographie, le dessin, la tapisserie, la fresque et dans ses dernières années la sculpture.

 
Constant - Guerre - 1951 - Clic pour zoomer
 

Constant

Peintre, sculpteur et architecte néerlandais, Constant Nieuwenhuys est né en 1920 à Amsterdam et n'utilisera que son prénom pour signer ses oeuvres. Après des études à l'Académie des beaux-arts d'Amsterdam, il part pour Paris où il peint («La Guerre») et cofonde le groupe Cobra (acronyme de Copenhague, Bruxelles, Amsterdam) qui veut revenir à la spontanéité créatrice dans les arts et les lettres. Il devient ensuite membre de l'Internationale situationniste, dont il adopte les idées mais qu'il quitte rapidement. Puis il se consacre pendant une quinzaine d'années à un projet de cité idéale, "New Babylon", où la vie échapperait aux contraintes des métropoles modernes. première ville globale à l'échelle planétaire, marquée par l'"urbanisme planétaire" de Guy Debord. Membre de l'Internationale Situationniste de 1957 à 1960, Constant conçoit New Babylon comme une alternative au fonctionnalisme prôné par les CIAM (Congrès Internationaux d'Architecture Moderne.
Il se remettra ensuite à la peinture. Il a été invité par la Documenta 2002 de Kassel à exposer les plans et les maquettes de la New Babylon qu'il a exécutés avec ses assistants.

 


 
Corneille - La ville joyeuse - 1949- Clic pour zoomer
 

Corneille

Guillaume Corneille (Cornelis Van Beverloo dit) est est peintre, graveur et sculpteur né à Liège en 1922. Après avoir participé au groupe Reflex., il est l’un des initiateurs de CoBrA avec Appel, Constant, Jorn et Dotremont.En 1949 Corneille découvre le monde Arabe et Berbère. En 1950 il s’installe définitivement à Paris. Durant quelque temps, il va pratiquer ce que l’on appellera le paysagisme abstrait Après la dislocation du groupe Cobra, Corneille revient à la figuration au début des années 1960. Impressionné par la luxuriance de la nature dans certains pays visités (Afrique, Amérique du sud, Mexique...), il retrouve le vocabulaire expressionniste et passionné de la période Cobra. "Corneille est partout : au-dedans, au-dehors; en haut, en bas; à gauche, à droite. Il est partout parce qu'il n'a jamais cru au centre et, à la différence des pigeons de son enfance liégeoise, il ne s'est pas laissé baguer. Il ne s'est laisser ni coincer, ni repérer, ni répertorier. Il est libre." Marcel Paquet
 
 
 

Karel Appel

Karel Appel (1921-2006) fait sa première exposition en 1946. En 1948, il participe, avec Corneille et Constant, à la création d’un groupe expérimental (Revue « Reflex ») en opposition à l’abstraction géométrique alors dominante aux Pays-Bas dans le sillage de Mondrian. Il se joint au mouvement Cobra. Appel s’installe à Paris en 1950. Il pratique alors une peinture gestuelle et matiériste, une peinture dénuée de toute référence à la réalité. Un peu plus tard, Appel se rend compte que son expression bariolée s’accommodait mal d’un vide informel, aussi son œuvre penche vers un retour vers le dessin d’enfant ou le dessin primitif, reconstituant à son propre usage un "graphisme à l’état sauvage". Appel fait maintenant allusion à la figuration, par des paysages imaginaires, des animaux indéfinis, des nus douloureux. En 1957, au cours d’un premier séjour aux Etats-Unis, Appel réalise un série de portraits de musiciens de jazz (Count Basie, Miles Davis, etc.). Suivront d’autres séries (nus, portraits, etc.) En 1964, débute son travail sur les grands reliefs polychromes, puis sur les sculptures en bois et polyester. En 1976, Appel il collabore à des peintures murales avec les habitants des bidonvilles de Lima (Pérou). Il explore la lithographie, la sculpture, le collage, la peinture murale, le vitrail et les techniques mixtes. Appel collecte des objets de rebut, déchets urbains, qu’il intègre à sa toile.
 
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