ACCUEIL arrow ........ ARTS PLASTIQUES arrow Congo et chimp'art
Congo et chimp'art
Arts plastiques dans les années 50
congo.jpg

Le chimpanzé Congo

Pour approfondir le sujet

>> Le singe nu ouvrage de Desmond Morris (lien Alapage)
>> L'univers surréaliste de Desmond Morris de Michel Remy (lien Alapage)
>> La peinture des singes ouvrage deThierry Lenain (lien Alapage)

 

 
 
"Le singe essaie de nouvelles idées, de nouveaux motifs. L'animal, à son niveau de simplicité, mène cette guerre entre l'aventure et la sécurité, l'étrange et le familier, que mènent les artistes humains" Desmond Morris

Desmond Morris (né en 1928) est célèbre en qualité de zoologue et d’éthologue mais également en tant qu’artiste peintre. Il obtient son diplôme de zoologue à l’université de Birmingham, et un doctorat sur l’étude du comportement animal à Oxford. Il développe parallèlement un grand intérêt pour la peinture. Sa première exposition date de 1948 deux ans plus tard, il expose en compagne de Joan Mirò à Londres, et a apporte sa contribution au mouvement surréaliste britannique. Ses premiers contacts avec le public se font à la télévision sur la chaîne ITV, avec le programme "Zoo Time" dont un jeune chimpanzé, Congo, deviendra la vedette.
 

desmond-morris_congo.jpg

Desmond Morris et Congo dans l'émission Zootime
 
En 1957, Morris organisa une exposition de dessins et peintures réalisés par des chimpanzés, à l’Institut des arts contemporains, comprenant outre les œuvres de Congo, travaux de Betsy, un chimpanzé femelle de cinq ans qui travaille, elle, à Baltimore. Suivant les travaux d'autres scientifiques, Desmond Morris tentait de comprendre comment ces animaux pouvaient s'intéresser, sinon à l'art, au moins à la peinture. Sous les encouragements de Morris, Congo aura finalement produit plus de 400 dessins et peintures durant sa courte période créatrice (de l'âge de deux ans à quatre ans). Morris s'était persuadé en observant Congo que les chimpanzés avaient une sensibilité artistique. Son plaisir à peindre, son sens des couleurssont indéniables. Le biologiste Julian Huxle, rappelant l’énigme posée par la brusque éclosion de l’art durant la période paléolithique,écrira : "ceci devient plus compréhensible, s’il est vrai que nos ancêtres, morphologiquement proches des singes, possédaient à l’état primitif de telles aptitudes esthétiques".

En 1958 les oeuvres de Congo sont exposées au Festival Hall de Londres. Les journaux populaires ricanent tandis que la presse spécialisée, de son côté, conclut à une volonté de déconsidérer l’art moderne.

Miró aurait acheté une des toiles de Congo et Pablo Picasso en aurait accrochée une dans son studio.
Ce dernier - qui évoquait souvent l'art primitif comme une de ses références -, pensait également qu'il existe une "pulsion créatrice universelle". Évidemment rudimentaires, les peintures et dessins de Congo témoignent toutefois d'un sens certain de l'équilibre et des couleurs et comme tous les singes peintres, car il y en eut d'autres, Congo témoignait au travail d'une grande concentration et protestait énergiquement si l'on tentait de lui retirer sa feuille avant qu'il ait terminé.

 
Peinture de Congo - Clic pour zoomer   Peinture de Congo - Clic pour zoomer
 
Dans son ouvrage publié en 1962, "The biology of art " qui traite des dessins et des peintures réalisés par des anthropoïdes, Desmond Moris pensait avoir trouvé les racines biologiques de l’art dans les expressions créatrices des singes anthropoïdes. Une opininion radicalement opposée à celle du philosophe belge Thierry Lenain qui publia en 1990 "La peinture des singes". Pour Lenain, il existe un fossé infranchissable entre les gribouillages des anthropoïdes et l’art. Le fait de gribouiller peut certes être considéré comme un acte libre qui exige un certain développement intellectuel mais le résultat dépend directement et est indissociable du matériel mis à disposition par les hommes ; sans ce matériel, les figures dessinées ou peintes n’ont aucun sens propre.

En juin 2005, trois peintures de Congo réalisées en 1954 se sont vendues aux enchères pour plus de 25 000 $US alors que la maison d'art Bonhams ne pensait pas dépasser le dixième du montant payé par le collectionneur Howard Hong. Pour justifier son achat, Hong a affirmé que l'homme ne pouvait prétendre détenir le monopole de l'art abstrait.Il n'est pas interdit de se rappeler qu'au début des années 1900, le peintre René Girieud et Roland Dorgeles firent exposer au Salon des Indépendants un tableau titré "Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique" peint par un certain Boronali (anagramme d'Aliboron). En réalité, cette œuvre abstraite et révolutionnaire pour l'époque, avait été réalisée par un âne dont la queue enduite de peinture avait servi de pinceau.

Peinture de Congo - Clic pour zoomer
 
Peinture de Congo - Clic pour zoomer


 
Peinture de Congo - Clic pour zoomer
 
Peinture de Congo - Clic pour zoomer