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l'érotisme au cinéma dans les années 50
Arts du spectacle des années 50
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Brigitte Bardot "Et Dieu créa la femme" de Roger Vadim

Pour approfondir le sujet
>> le site du réalisateur et photographe Harrison Marks
>> Le site de Pamela Green modèle et actrice
>> Erotisme et cinéma de Gérard Lenne (lien Alapage)

 

 
 
"Si vous avez cédé à la curiosité et aux plus bas instincts en assistant à un spectacle immoral et si, par une confession loyale et repentante, vous n'avez pas obtenu le pardon pour cette faute grave, que peuvent signifier votre présence à la messe?" Mgr Puech 1961.

Le premier "scandale cinéma- tographique" date de 1895 lorsque la bobine de Serpentine dance créa un émoi à l'Exposition universelle de Chicago, quelques mois plus tard "The Kiss" montra en gros plan John C. Rice embrassant May Irwin. Un journaliste, à 'époque écrivit "Grandeur nature, c’était déjà bestial, mais ce n’était rien comparé à l’effet produit par cet acte agrandi à des proportions gigantesques et répété trois fois de suite. C’est absolument dégoûtant… De tels faits appellent l’intervention de la police"

La censure apparaît au début des années 1900 aux USA en Angleterre et en France.
À partir de là, la représentation "érotique suivra deux voies : la clandestinité avec des exhibitions sexuelles sans fioritures pour alimenter le circuit des maisons closes ou les collections d'érotomanes fortunés, le détournement et la suggestion dans l'industrie cinématographique.

À Hollywood malgré le règne de la censure
Cecil B. DeMille contourne les codes du puritanisme dans Forfaiture (The Cheat, 1915) ou les Bateliers de la Volga (The Volga Boatman, 1926). Erich von Stroheim montre des orgies dans la Symphonie nuptiale (The Wedding March, 1925), aborde le fétichisme du sous-vêtement avec la culotte de Gloria Swanson et filme une flagellation dans la Reine Kelly (Queen Kelly, 1928).

En 1930, le sénateur républicain Will H. Hays publie
le code qui porte son nom, le code Hays établit des règles précise que les studios doivent respecter : les décolletés sont autorisés de dos jusqu'à la taille, de face jusqu'à la naissance des seins, les "mouvements inconvenants" sont interdits et même le nombril ne peut être montré.
 

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Loie Fuller dans "Serpentine Dance" - Le baiser de John Rice et Mary Irwin

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Marlène Dietrich dans "l'Ange bleu" de Josef von Sternberg - "l'Age d'or" de Luis Bunue
 
Plusieurs films font scandale, en France, c'est "l'Âge d'or" de Luis Buñuel et Salvador Dalí, puis peu après, Jean Renoir met en scène une passion amoureuse dans "la Chienne" (1931). En Allemagne, "l'Ange bleu" (Der Blaue Engel) de Josef von Sternberg met en scène une danseuse de cabaret. Marlene Dietrich y incarne une sexualité sans complexes. la Légion catholique est fondée aux États-Unis en 1933, suiteà la prestation de Mae West dans Lady Lou (V. Sherman 1933). En 1935, le gouvernement américain fait brûler symboliquement une copie d'Extase, du Tché­coslovaque Machaty, où Hedy Lamarr apparaît entièrement nue. Le Code Hayes sévira aux Etats-Unis jusqu'en 1966.

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Rita Hayworth dans "Gilda" 1946
Alors qu'une certaine émanci­pation intervient en Europe dès avant la Seconde Guerre mon- diale, on voit des femmes nues dans les scènes d'orgie du "Lucrèce Borgia" (1935) d’Abel Gance et ony voit Edwige Feuillère nue, brièvement et de profil., Jean-Louis Barrault se promène nu dans Drôle de drame (1937) de Marcel Carné, les charmes d’Arletty se dévoilent dans "Le jour se lève" (1939). l'Amérique doit recourir à à une représentation allusive pour introduire la dimension érotique. Rita Hayworth donnera en 1946, dans Gilda un saisis­sant raccourci de strip-tease, en ôtant simplement son gant, dans une scène culte.
 

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"Le cauchemar de Dracula" 1958

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"Monster of Camp Sunshine" de Ferenc Leroget 1964, un psychopate dans un camp de nudiste
 
Mais, au début des années 50, ceux qu'on a appelés "Les quarante voleurs", producteurs indépendants, lancent sur le marché des films de nudis­tes : aucun contact physique, la caméra ne cadre jamais plus bas que la ceinture. David Friedman et Dan Sonney, producteurs de films naturistes des années 50, racontent que les camps naturistes où étaient tournés certains films ne regorgeant pas de "top-models", il fallait engager des actrices pour qu’elles aillent se dévêtir aux milieux des "vrais" nudistes ! La censure acceptait de voir à l’écran des fesses et des seins mais pas plus et il fallait jouer avec le cadre.

En 1952, la Cour suprême des États-Unis revient sur sa décision de 1915 :
le cinéma devait aussi profiter de la liberté d'expression garantie par les 1er et 14e amendements de la Constitution. En 1956 Elia Kazan tourne le provoquant Baby Doll. Devant la cour d'appel de l'État de New York, les producteurs de "Garden of Eden" ( 1957) gagnent le procès d'inter­diction intenté par l'université de l'État. Dés l959 le nudie vient relayer le film de nudis­tes. De caractère parodique, réalisés avec de très petits budgets, ces films aux scénarios incohérents ne sont que prétextes à effeuil­lages audacieux. On peut ici citer l'improbable "Monster of Camp Sunshine" de Ferenc Leroget en 1964, mélange de film d'horreur et de bande naturiste où le jardinier d'un camp de nudiste devenu fou après avoir bu de l'eau radioactive poursuivait les habitantes du camp, une hache à la main, avec un rictus démoniaque. L'intervention de l'armée (des images d'archives de la seconde guerre mondiale) rétablissait l'ordre. En 1958 Le Cauchemar de Dracula, devient le premier film de vampire en couleur et une date dans le cinéma fantastique britannique sa réussite bouleversera la carrière de Christopher Lee, impressionant Dracula, qui reprendra le rôle dans une dizaine de déclinaisons sadiques, érotiques et parodiques mises en scène par Fisher, Freddie Francis, Jess Franco, Alan Gibson, Peter Sasby.. (La Fille de Dracula, Les Expériences de Frankenstein, L’Effroyable Secret du Dr Hitchcock).
 

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"L'Île aux femmes nues" d'Henri Lepage (1952)

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"Naked as Nature Intended" Harrison Marks, l'art de la serviette bien placée 191
 
Le film "érotique" proprement dit reste cantonné aux circuits de distribution spécialisés. Au sein de cette production parallèle et à petit budget se distinguent les films délirants de Russ Meyer, cinéaste à l'univers très personnel. Pape du "nudie",réalisateur de l'historique "Immoral Mister Teas" en 1959, Russ Meyer est un cas à part dans le cinéma d'exploitation américain.Il balaie la honte et l'hypocrisie du cinéma érotique de la fin des années 50, masqué derrière des arguments scientifiques et sociologiques tel le film naturiste. Russ Meyer qui a commencé sa carrière à la fin des années 50, dans le ghetto du cinéma érotique, va démocratiser le genre,avec "Lorna" en 1964, un fim associant les themes du "nudie" et du film noir, en l'exploitant dans un réseau des salles traditionnelles.

En France, Martine Carol enfreint les tabous et s'exhibe généreusement
dans Caroline chérie (1950) de Richard Pottier. La présence de scènes de cabaret dans les scénarios est un prétexte courant à l'exhibition de danseuses nues. Les films naturistes connaissent une certaine vogue, Jean Albert Foëx ou Louis Felix se feront une spécialité de tourner des courts métrages à la gloire des lieux naturistes (Manoureva, l'île heureuse) sur l'Ile du Levant par exemple. Dans les années 50 et 60 le genre s'épanouira sous la forme de longs-métrages dans les salles des boulevards, avec des comédies égrillardes telle "L'Île aux femmes nues" d'Henri Lepage (1952). Les Anglais produisirent également un bon nombre de films naturistes avec des titres comme "Nudist Paradise" de Charles Saunders en 1958, et en 1961 "Nus au soleil" de Michael Winner (futur auteur d'Un Justicier dans la ville avec Charles Bronson) ou "Corps sans voiles" "Naked as Nature Intended" de Harrisson Marks. Harrison Marks est un photographes de nus, qui édite aussi une revue "kamera ", des calendriers et des "home movies", des films en 8 mm. Ses modèles sont aussi connus que les actrices de TV et, c'est l'une d'eux, la plantureuse Pamela Green, qui est la vedette de "Naked as nature intented".


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"les Amants" Louis Malle, jeanne Moreau 1958
 
"Et Dieu créa la femme" , de Roger Vadim en 1956, qui dévoile et révèle à la fois Brigitte Bardot, crée une situation irréversible. Malgré un ultime raidissement de la censure l'évolution des moeurs desormais ne s'arrêtera plus. En 1958 "les Amants" de Louis Malle montre une scène d'amour physique, sans ellipse, en fixant la caméra sur le visage de l’héroïne incarnée par Jeanne Moreau. François Truffaut montre Michèle Mercier nue dans Tirez sur le pianiste (1960) et dépeint un ménage à trois dans Jules et Jim (1961). Mgr Puech, évêque de Carcassonne, pourra toujours vitupére a propos du film de Vadim "Liaisons dangereuses" : "Si vous avez cédé à la curiosité et aux plus bas instincts en assistant à un spectacle immoral et si, par une confession loyale et repentante, vous n'avez pas obtenu le pardon pour cette faute grave, que peuvent signifier votre présence à la messe, vos prières, vos gestes religieux ? Autant d'inconséquences et de mensonges peut être sacrilèges. Ne dites pas : "A moi, ces films ne font aucun mal" Est-ce tellement sûr ? Et qui vous dit, d'ailleurs, qu'à l'heure de la tentation, l'une ou l'autre de ces images morbides ne remontera pas à la surface de votre mémoire, pour amollir votre volonté chancelante et la provoquer au péché ?" il n'empêche, le cinéma va enterrer ses derniers tabous, il est prêt pour la décennie à venir : l’arrivée d’Emmanuelle et du hardcore.
 

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"Tirez sur le pianiste" de Francois Truffaut, Michele Mercier et Charles Aznavour 1961
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L'île aux femmes nues
Henri Lepage 1952

Dans un petit village provençal, le Paradou,deux commerçants briguent la place de conseiller général : le bonnetier Lespinasse et le pharmacien Darcepoil. Pour discréditer son concurrent, Darcepoil lui fait connaître la chanteuse Pataflan, qui l'entraîne dans un camp de nudistes. Quelques photos compromettantes briseront définitivement la carrière de Lespinasse. Mais il trouvera le bonheur dans l'Ile du Levant, parmi ses nouveaux amis, qui lui offriront la présidence de leur groupe. Rejoint par Madame Lespinasse, il y coulera désormais des jours heureux.

 
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Film naturiste, mais uniquement au dessus de la ceinture. Ce qui ne l'empêcha pas d'être interdit à Genève en 1953.

"Cette consternante tentative d'humour à la française (
qui ne restera, je vous rassure, qu'à l'état de tentative devant la profonde nullité des gags) relèguera les frasques d'Emile Couzinet au rang de chefs d'œuvre du Septième Art. Signalons la présence du génial Jean Tissier qui dans le rôle d'un professeur de naturisme fera aisément passer De Funès pour un acteur Bressonien." pour Mr Klaus. "Un vaudeville féeriquement nul" pour Jean-Pierre Bouyxou.
 


 

David F. Friedman, Harry H. Novak
Deux producteurs de nudie
(séries B érotiques américaines)

En 1960, Friedman. s'associe avec Herschell Gordon Lewis, jeune réalisateur, pour Living Venus (1961), l'histoire d'un magazine de charme. Ils réaliseront nombre de productions de ce type, dont Boin-n-g !! (1962), dans lequel une équipe de cinéma essaie de réaliser un film de fesses sans jamais y arriver ou "Goldilocks and The Three Bares" (1963) le premier "nudie" musical. Toutes productions bien entendu tournées dans des camps nudistes. La même année le duo produira et réalisera "Blood Feast" considéré comme le premier film gore. Friedman poursuivit ses lucratives activités dans le domaine de la sexploitation "softcore" ou "hardcore". Il a produit et distribué une série de films d'aventures sexy (films de pirates érotiques, polars érotiques, fantastique pour adultes, tous plus fauchés les uns que les autres : The Suckers, The Adult Version of Jekyll and Hyde. Il sera même, dans les années 70, avec l'énorme succès remporté par "Ilsa la louve des SS" à l'origine d'une sorte de sous-genre du cinéma de sexploitation : des films mettant en scènes des nazis sadiques et obsédés sexuels.

Harry Novak, est un cas à part. Spécialiste du nudie fantastique, il distribue en 1964 "Kiss me quick !", titré en France "La vie sexuelle de Frankenstein" nudie-monster où l'extraterrestre Sterilox de la planète Droopiter dans la galaxie asexuée de Buttless, est envoyé sur la Terre Le Grand Glom, souverain des Buttless, a entendu dire qu'il existe des créatures sur Terre nommées "femmes" qui "font des serviteurs idéaux, si vous les formez correctement.". La destination de Sterilox est le laboratoire du scientifique fou, le Docteur Breedlove, qui travaille depuis des années à créer la femelle parfaite, Sterilox, qui n'a jamais vu de femme, a l'occasion de voir défiler les créatures du scientifique et doit choisir celle qui remplira le mieux la tâche désirée...! "Il s'agit d'un terrifiant échantillon de série Z crapoteuse. Selon Stéphane Derdérian, "certaines scènes sont proches de l'expérimentation la plus brutale"

 
 
On ne pourra s'empêcher de mentionner une production précédente du même : "House on a bare mountain" (1962) de Robert Lee Frost, sorti en France sous le titre "Le vampire érotique". Le loup-garou, Dracula et Frankenstein espionnent une école de filles qui passent leur temps à se faire bronzer nues et à poser dans le plus simple appareil dans des classes d’art plastique. Finalement, les monstres envahissent l’école. On ne peut éviter non plus le fleuron de la production : "Please don't eat my mother" de Carl Monson (1973). Henry Fudd a tout pour être heureux, il vit chez sa mère, et il a trouvé un endroit formidable pour mater de jeunes couples en train de faire l'amour. Il aime aussi les magazines de type "Playboy " et leurs posters. Mais voila quand il tombe sur une plante carnivore qui parle avec une voix langoureuse, il ne résiste pas : il l'achète, mais.. la plante désire de la chair fraîche... des mouches... Puis des grenouilles... Puis des chiens... Puis des femmes. Et elle commence à avoir des vues sur la maman adorée d'Henry.