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Deux oeuvres majeures du cinéma d'animation des années 50
Arts du spectacle des années 50
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"Animal Farm" - Halas & Batchelor - 1955

Pour approfondir le sujet
>> La ferme des animaux DVD film de Halas et Batchelor (lien Alapage)
>> L'invention diabolique ou Aventures fantastiques DVD (lien Alapage)

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>> Guerre civile entre voisins en pixilation
>> "Les astronautes" Walerian Borowczyk et Chris Marker

 
 
"Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre pattes ou possède des ailes est un ami" Animal Farm

En ce début des années 50 les studios Disney ont maintenant bien assis leur "classicisme" tant dans le style de dessin que sur les thèmes, l'inévitable happy end et la lutte bien nette entre les "bons" et les "méchants". Durant cette décennie ils occuperont largement la scène du long métrage d'animation avec pas moins de six productions (Cendrillon, 1950 - Alice au pays des merveilles, 1951 - Peter Pan, 1953 - La Belle et le clochard, 1955 - La Belle au bois dormant, 1959 - Les 101 dalmatiens 1961). Mais on trouve aussi, en Europe, des productions moins convenues, plus "rugueuses". Si les deux longs métrages italiens sortis en 1949 (I fratelli Dinamite et et La rosa di Bagdad) firent un flop, il n'en est pas de même de deux autres oeuvres marquantes du cinéma d'animation : "Animal Farm" des anglais Joy Batchelor et et John Halas en 1955 et "L'invention diabolique" du tchèque Karel Zeman en 1959.
 

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"Animal Farm" - 1955 - Napoléon (Staline) et ses molosses (le KGB)

Animal farm, "Pig Brother is watching you !"

"Animal Farm" ("La ferme des animaux") est le premier long métrage britannique d'animation distribué en salles et le premier dessin animé "sérieux", non destiné aux enfants, dans un paysage marqué par le succès des productions Disney. C’est une adaptation du roman, La Ferme des animaux (1945) de George Orwell.

Les animaux de la ferme se révoltent contre un fermier brutal
qui les exploite. Les cochons sont les meneurs du mouvement. Boule de Suif et Napoléon (rebaptisé César dans la version française), leurs “leaders”, réorganisent, après l'expulsion du fermier, les lois qui régiront ce nouveau monde :“Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre pattes ou possède des ailes est un ami... Aucun animal ne tuera un autre animal.. .Tous les animaux sont égaux...” Jusqu’au jour où, Napoléon s'empare du pouvoir, se débarrasse de Boule-de-Suif et fait régner la terreur. Désormais "Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres".

"Animal Farm" est l'oeuvre du studio d'animation Halas & Batchelor.
C'est en 1951 que le producteur américain Louis De Rochemont leur propose de faire l’adaptation cinématographique du conte anti-stalinien de George OrweIl. (Napoléon- César rappelle clairement un certain Staline, et l'élimination de son bras droit qu'il juge peu sur idéologiquement fait assez clairement référence à l'élimination de Trotsky. On voit les poules contraintes d'avouer des crimes avant d'être exécutées, comme lors des procès staliniens...) Le projet original du producteur était assez proche d'un film de propagande politique, Halas & Batchelor réorientèrent le projet vers un film grand public “Nous voulions surtout faire un film sur la liberté, un chant d’amour à la liberté. C’était déjà assez du point de vue de l’engagement politique”, dira Joy Batchelor.
 

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Animal Farm" - 1955

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La réalisation du film s'étala de 1951 et 1954, nécessitant 300 000 heures de travail. Dans la version anglaise tous les animaux sont doublés par Maurice Denham, un des grands noms du cinéma britannique. Il sort d'abord à New-York le 29 décembre 1954 (Le critique New-York Times le considère comme un chef d’œuvre) puis à Londres en janvier 1955. On ne le verra en France qu'au début des années 1990. Le film parvient à créer une atmosphère dramatique et intense en utilisant avec virtuosité une palette de couleurs sombres. Jusqu'en 1964 le British Board of Film Classification,interdit le film aux moins de 18 ans, en raison de la "violence" de certaines scènes, telles la mort du cheval Malabar ou celle du chat.

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"Animal Farm"
Les réalisateurs restent fidèles au roman d’Orwell, mais choi- sissent de lui donner une fin différente avec un dénouement plus optimiste (les opprimés passent une seconde fois à l’action et renversent la nouvelle tyrannie), aux critiques à ce sujet John Halas répondit : "Lors de la projection à New-York, une femme quitta la salle en sanglots et se jeta dans mes bras. Ce ne sont que des dessins!!!, fus-je obligé de lui dire pour la calmer. Pouvez-vous imaginer quelles réactions aurait provoqué un dénouement malheureux ? Et puis, de toute façon, je suis convaincu que c’est précisément ce final d’espoir qui donne sa force au message du film.”
 

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Animal Farm" - 1955
 

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"L'invention diabolique" - Karel Zeman - 1958
 
"L'invention Diabolique"

C'est en 1959 que sort "Vynález zkázy" ("L'invention Diabolique" ou "Aventures fantastiques")
de Karel Zeman, surnommé le Méliès tchéque. Une oeuvre abordant une forme cinématographique nouvelle, mélange de technique déjà connues (en 1952 dans "Le Trésor de l'ile aux oiseaux" 1952 il avait déjà combiné animation et marionnettes, puis en 1954 dans "Voyage dans la préhistoire" il avait intégré des acteurs avec des animations et des marionnettes.) que Zeman exploitera par la suite dans "Ukradena Vzducholod" (Le dirigeable volé), "Na kometě" (Sur la comète), "Baron Prášil" (Les Aventures du Baron de Crac)...

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"L'invention diabolique"
Kidnappés par le mal- veillant Comte Artigas, le Professeur Rock et son aide Simon sont conduits à bord d'un sous-marin sur une île secrète dans une ville sous-marine. Le professeur y est contraint d'achever sa dernière invention : un explosif surpuissant dont Artigas veut s'emparer pour dominer le monde. Simon va se lancer dans une folle aventure pour faire échouer ce complot...


Adaptation d'un roman peu connu de Jules Verne – "Face au drapeau",
c'est sans doute le film le plus représentatif de l'esthétique si personnelle de Zeman, inspirée, ici des gravures de Riou et Bennet qui illustraient l'édition originale d'Hetzel. Décors, accessoires et costumes sont striés de fines lignes noires et blanches pour se mêler aux gravures incrustées dans l'image. Arrières plan peints, marionnettes, dessins animés et acteurs cohabitent avec bonheur.
 

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"L'invention diabolique" - Karel Zeman - 1958
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"Pour "L'invention diabolique", j'ai animé d'authentiques gravures des livres de Jules Verne, celles que l'on trouve dans les éditions anciennes de ses romans, donc des gravures sur bois. J'ai voulu que le film dégage l'esprit d'antan, l'esprit de Jules Verne, de son univers. C'est pour cela que j'ai fait le film à partir de ces vieilles illustrations. Et il est vrai que ça avait du succès, un succès mondial, je dirais." Karel Zeman. Le tournage, en noir et blanc, dura plus de deux ans et nécessita la fabrication de caméras spéciales. Le film remporte un énorme succès lors de l'Exposition Universelle de Bruxelles de 1958. Il reçoit le grand prix au Festival mondial du film, le Prix de la Critique en 1959, l'Étoile de Cristal en 1960 et le Grand Prix International de l'Académie Française de Cinéma.

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"Le Baron de Crac"
Après "L'invention diabolique" Zeman réalisera un autre film d'animation important en 1961 "le Baron de Crac" qui est un succès international. Il s'inspire des illustrations de Gustave Doré mais en les traduisant cette fois en en trois dimensions. Le baron de Crac et son ami l'astronaute Toník, arrivent sur la terre, après un banquet sur la lune. À Constantinople, la belle Bianca, prisonnière du sultan, est libérée par le Baron qui en tombe amoureux. Mais elle lui préfère Tonik. Le Baron, furieux, met le feu à un énorme canon, provoque une explosion et nos trois personnages atterrissent sur la lune... "Le baron de Crac est probablement le premier film qui a su réaliser la symbiose parfaite entre tous les éléments de l’univers cinématographique de Zeman : fiction, animation, trucage et donc l’équilibre désormais maitrisé entre le comédien vivant et le film d’animation". Michael Wellner-Pospisil. En 1987, Terry Gilliam rendra hommage aux travaux de Karel Zeman avec "Les Aventures du Baron de Munchausen".

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"Le baron de Crac" - Karel Zeman - 1961
 
John Halas et Joy Batchelor - Clic pour zoomer
 
Le studio Halas et Batchelor - Clic pour zoomer
 

Halas et Batchelor

De son vrai nom Janos Halasz, John Halas est né à Budapest (1912 - 1995). Il étudie à l’Académie des Arts de Budapest et à l’Institut des Beaux-Arts de Paris, puis travaille avec l’animateur George Pal et l’artiste du Bauhaus, Laszlo Moholy-Nagy. Il crée en 1934 le premier studio d’animation hongrois. Il rencontre en 1936 Joy Batchelor, animatrice et scénariste britannique (1914-1991). Ils créent en 1940 à Londres leur maison de production Halas & Batchelor qui devient le studio d’animation qui produira plus de 2 000 films.

D'abord des films de publicité et des films de propagande anti-nazie pour le gouvernement britannique : Abu, une série de propagande antinazie destinée au public du Moyent-Orient (Abu's dungeon, Abu's Harvest, Abu's Builds a Dam), des films utilitaires pour l'instruction des soldats ou la prévention des maladies (Six Little Jungle Boys). Aprè guerre ils créent le personnage de Charley, pour une série de sept dessins animés destinés a expliquerles mesures mises en place par le gouvernelment anglais ("Charley in the New Towns", "Charley's Black magic"...). Ils font également de nombreux films destinés à expliquer une technologie ou un processus scientifique. De 1951 à 1954, ils réalisent leur premier long-métrage d’animation La Ferme des animaux.

En 1960, ils seront les premiers en Grande-Bretagne à réaliser des séries pour la télévision. Le studio sera par la suite, aussi l'un des premiers à expérimenter l'utilisation de l'ordinateur pour l'animation et il est connu pour son rôle de découvreur de nouveaux talents ; la liste des artistes ayant débuté leur carrière chez Halas & Batchelor réunit tous les grands noms de l'animation britannique et européenne.

 
Un dessinateur du studio à la recherche de l'expression vraie - Clic pour zoomer



 
Karel Zeman - Clic pour zoomer
 

Karel Zeman

Karel Zeman (1910-1989) arrive en France en 1930, il travaille pendant six ans en tant que dessinateur dans des studios publicitaires. De retour en Tchécoslovaquie il réalise des films publiciataires avec des marionnettes pour la marque de chaussures Bata. Son premier court-métrage en 1946, "Vánocní sen" (Reve de Noel), est primé à Cannes.

Une douzaine de court-métrages plus tard (dont la série de "Mr Prokouk" citoyen ordinaire face aux problèmes de la vie quotidienne) il réalise son premier long "Poklad Ptacího ostrova" (Le Trésor de l'île aux oiseaux) sorti en 1953. En 1955 pour "Cesta do pravěku" (Voyage dans la préhistoire) il mélange acteurs, marionnettes et effets spéciaux. Après son chef d'oeuvre "Vynález zkázy" (L'invention diabolique ) en 1958, il poursuit ses adaptations de Jules Verne puis réalise "Baron Práši"l (Les Aventures du Baron de Crac) et "Bláznova kronika" (Chroniques d'un fou ).

Dans les années 70, Zeman reviennt à un cinéma d'animation plus classique et destiné aux enfants avec sasérie Sindbad (1971-1973), "Čarodějův učeň" (l'Apprenti sorcier - 1977) et "Pohádka o Honzíkovi a Mařence" (Jeannot et Mariette - 1980)