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L'usage du monde selon Nicolas Bouvier
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Bouvier et sa Topolino en 1953 - Bouvier à Ceylan 1956
 

Pour en savoir plus
>> Un site consacré à Nicolas Bouvier
>> L'usage du Monde de Nicolas Bouvier (lien Alapage)
>> Le poisson scorpion de Nicolas Bouvier (lien Alapage)
>> Chronique japonaise de Nicolas Bouvier (lien Alapage)

 
bouvier_topolino.jpgJuin 1953, Nicolas Bouvier avec son ami Thierry Vernet s"'embarque à bord d'une Fiat Topolino, sur la portière de laquelle Nicolas Bouvier avait inscrit un quatrain de Hafiz "Même si l'abri de ta nuit est peu sûr / et ton but encore lointain / sache qu'il n'existe pas / de chemin sans terme / Ne sois pas triste."

Première destination: la Yougoslavie, tout d’abord en Serbie et en Macédoine. Puis un bateau les mène en Turquie. Ils partagent leur temps entre l’écriture pour l’un, la peinture pour l’autre. "Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. Certains pensent qu'ils font un voyage. En fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait". Ils atteignent Tabriz, ville du Nord-Ouest de l’Iran, où l’arrivée de l’hiver et de la neige prolonge leur séjour de six mois. "La vie nomade est une chose surprenante. On fait quinze cents kilomètres en deux semaines : toute l'Anatolie en coup de vent. Un soir, on atteint une ville déjà obscure où de minces balcons à colonnes et quelques dindons frileux vous font signe. On y boit avec deux soldats, un maître d'école, un médecin apatride qui vous parle allemand. On baille, on s'étire, on s'endort. Dans la nuit, la neige tombe, couvre les toits, étouffe les cris, coupe les routes... et on reste six mois à Tabriz, Azerbaïdjan."
 
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Bouvier et Vernet 1953
 
bouvier_topolino_2.jpgLorsque les routes sont dégagées, les deux voyageurs peuvent enfin gagner Téhéran,où règne "cet inimitable bleu persan qui allège le cœur", en avril 1954. Le voyage durera jusqu'en décembre 1954 en Iran et au Pakistan, Thierry Vernet laissant son ami au Khyber Pass. Voyage raconté par Bouvier dans "l'Usage du monde".

Bouvier continue seul, traversant l'Afghanistan puis l'Inde afin de gagner la Chine
, La route étant fermée pour des raisons politiques, il gagne Ceylan, où malade et déprimé, la solitude et la chaleur le terrassent, il reste sept mois. Il décrira ce séjour difficile dans le "Poisson Scorpion", court récit magique, troublant, envoûtant, qui s'achève sur une citation de Céline : "La pire défaite en tout c'est d'oublier et surtout ce qui vous a fait crever."
 
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Photographies Nicolas Bouvier - Musiciens en Macédoine 1953 - La route vers Téhéran 1953
 
Nicolas Bouvier gagnera le Japon en 1956. De ce pays il dira "Le Japon est un apprentissage du peu. Il n'y est pas bien vu d'occuper trop de terrain." Il en tirera "Japon", qui deviendra "Chronique japonaise" après un troisième séjour en 1970. "En Suisse, retour d'Inde et du Japon, je me suis longtemps senti mal à l'aise. Les magasins, les rues m'inspiraient une répulsion irraisonnée. Pourtant c'était mon pays que je m'étais réjoui de revoir, pourtant on m'avait partout accueilli avec une gentillesse qui ne se démentait pas. Alors ? Je crois que c'était l'argent qui me gênait. L’argent engorgeait tout. Et à cause de cet argent, il n'y avait plus de foule ; elle était rompue, divisée comme une étendue de sable par les mailles éparses d'un filet." L'oeil du voyageur

En 1958 il se marie et 1958 à 1963 il effectue des travaux d'iconographe. De 1964 à 1965 il séjournerat au Japon avec sa femme leurs deux enfants. D'autres voyages en Asie ou en Europe (Irlande, Îles d'Aran) suivront. Atteint d'un cancer, Nicolas Bouvier est mort le 17 février 1998.
 
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Photographies Nicolas Bouvier - Japon 1956
 
 
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