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Meudon la Forêt
A consulter sur le sujet
>> fernandpouillon.com un site consacré à l'oeuvre de Pouillon
>> F. Pouillon, architecte méditerranéen Prix du livre d'architecture 2001
>> Les pierres sauvages un roman de F. Pouillon (lien Alapage)
>> Mémoires d'un architecte de F. Pouillon (lien Alapage)
>> Fernand Pouillon architecte de D. Voldman (lien Alapage)
>> F. Pouillon Logements sociaux de J. Lucan (lien Alapage)
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Les
réalisation architecturales de Fernand Pouillon ont longtemps été
éclipsées par l'attention exclusivement portée au personnage. Haut
en couleur, il a connu tour à tour la richesse et la faillite, la
célébrité et la prison, les grands de ce monde et la solitude, les
louanges et les injures. Avec ses aventures multiples, son goût du luxe
et de la provocation, le parfum de scandale qui entoure son mode de
vie, ses engagements politiques (il a beaucoup construit en Algérie
avant et après l’indépendance qu’il a plus ou moins ouvertement
souhaitée), son habitude de dénigrer violemment ses confrères, c'est
une personnage à multiples facettes qui, avec une hautaine simplicité,
avait l’habitude de se présenter ainsi : "Fernand Pouillon, architecte."
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En
1947, il réalise la Direction du contrôle sanitaire aux frontières, qui
accueille les immigrés, la plupart Algériens débarquant à Marseille et
en particulier ceux employés à la reconstruction de la ville. Situé
entre Notre-Dame de la Major et le Fort Saint Jean, ce lieu de transit
et de contrôle, dit aussi "consigne Pouillon", servit dans l'esprit de
ses concepteurs et gestionnaires de "paillasson" pour Marseille, par sa
fonction de sélection et d'encadrement de la main d'œuvre "coloniale".
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| Aix-en-Provence Les 200 Logements |
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Pouillon
obtient en 1948, en bataillant contre ses collègues, la direction de la
réalisation du projet de reconstruction du quartier du Vieux-Port à
Marseille, (détruit par les Allemands en 1942) projet qui lui donnera l'occasion de travailler en association avec Auguste Perret.
Pouillon occupera la célèbre agence de la rue Raynouard, à Paris, après
la mort du maître, en 1954. Durant toutes les années 1950, il
construit de nombreux bâtiments publics à Aix-en-Provence et à
Marseille et redessine le port de Bastia, endommagé pendant la guerre.
À Marseille, Fernand Pouillon et Le Corbusier répondent simultanément,
en 1952, mais de façon radicalement différente, aux programmes de la
Reconstruction. À la démarche délibérée de l'insertion dans un site
historique de Pouillon répond la première application concrète et
expérimentale par Le Corbusier de ses propres théories sur l'habitat,
élaborées vingt ans plus tôt. Vigoureusement controversés lors de leur
réalisation, ces deux immeubles ont aujourd'hui valeur de manifeste et
constituent toujours un modèle d'habitat collectif urbain.
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Pour comprendre le travail de Fernand Pouillon, il est nécessaire de le situer par rapport aux enjeux des années 1950, la grande affaire est celle de la construction du logement pour le plus grand nombre. Dans ces années où l'effort public porte d'abord sur la reconstruction et le développement de l'appareil de production du pays, Fernand Pouillon entreprend un pari ambitieux à Aix-en-Provence : 200 logements à construire en 200 jours pour un budget de 200 millions de francs. Utilisant la pierre et des plans économiques mais de qualité, Pouillon gagne son pari.
Diar es Saada - Clic pour zoomer Grâce à la confiance de Jacques Chevallier, maire d’Alger, Pouillon reçoit les plus importantes commandes jamais passées à un architecte en Algérie : des milliers d’appartements, des centres commerciaux, des écoles s’édifieront rapidement. L’opération culminera avec le complexe Climat de France, 3 500 appartements regroupés autour d’une cour en longueur, bientôt baptisée les 200 Colonnes par ses habitants.
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Boulogne-Billancourt - Le Point du Jour |
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Le
lancement par le gouvernement d'une campagne d'envergure de
construction de logement social à partir de 1954 va porter
l'entreprenant architecte à l'apogée de sa carrière. Il crée en 1954 le
Comptoir national du logement (CNL), destiné à permettre la
construction de logements en accession à la propriété et en devient
l'architecte en chef. Fernand Pouillon conçoit des ensembles
remarquables à Pantin, Montrouge, Boulogne-Billancourt et
Meudon-la-Forêt. Parce qu’elles sont construites à une rapidité qui
nous semble aujourd’hui exceptionnelle, qu’elles se situent dans une
même aire géographique - la région parisienne - et parce qu’elles
procèdent des mêmes principes architecturaux et urbains, ces quatre
opérations nous confrontent à une situation de laboratoire et
permettent de comprendre les modes de composition de l’architecte.
Choix de figures " fermées " créant des " paysages intérieurs ", suites
d’espaces réguliers et intelligibles, ordonnances verticales pour
lesquelles la pierre est le matériau prédominant, claire expression des
moyens constructifs. En 1961, il est au cœur d'une affaire judiciaire
retentissante suite à la révélation qu'il est également actionnaire de
sociétés périphériques du CNL au moyen de prête-noms. Exclu de sa
profession, il s'exile en Algérie et réalise les plans de centaines de
milliers de mètres-carrés d'hôtels, de complexes touristiques, de
préfectures, de bureaux de postes, de cités universitaires, etc.
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Dans
les années 1970, les préoccupations de Pouillon rencontrent celles de
quelques maîtres d’œuvre à la recherche d’un nouveau classicisme,
en particulier Aldo Rossi, très attentif aux figures traditionnelles,
Ricardo Bofill dont les ensembles se rattachent au courant baroque et
Léon Krier, farouche contempteur du mouvement moderne.
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Amnistié en 1971 par Georges Pompidou, il regagne la France en 1984. Auteur de nombreux ouvrages spécialisés, Fernand Pouillon s’est
naturellement consacré à l’organisation urbaine contemporaine mais
aussi à l’histoire de l’architecture. Il a ainsi dressé les relevés
d’architecture des Beaux de Provence et des hôtels particuliers aixois
du XVIIe et XVIIIe siècles. Romancier, il obtient le Prix des Deux
Magots pour Les Pierres Sauvages qu’il écrit en prison (1964). Mais ce
sont ses Mémoires d’un architecte (1968) qui livreront sa version du
trop fameux "scandale Pouillon". Il meurt en 1986 à l’âge de 74 ans
dans son château de Belcastel dans l’Aveyron.
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Une figure controversée
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Architecte novateur, tant dans le choix des méthodes de construction que dans sa conception globale du métier d’architecte, qui commence selon lui, avec la conception de l’objet et ne se termine qu’avec sa promotion. Cette confusion des rôles, plus ou moins pratiquée depuis le XVII° siècle, connaît avec le développement de la construction de masse dans les années 1950 – 1960, un net essor, mais demeure tue, car contraire au code professionnel de l’architecture adopté en décembre 1940. Le Comptoir National du Logement, créé par Fernand Pouillon en 1955, s’inscrit dans cette logique et obtient de grands chantiers publics, grâce notamment, à des appuis politiques, et des méthodes se situant parfois à la limite de la fraude.
En 1961, avec l’éclatement du scandale financier du chantier du Point du jour, il est mis en accusation pour abus de biens sociaux, escroquerie et fausses factures puis incarcéré en mars 1961. Mais en septembre 1961, il s’évade, avec dit-on, l’aide du FLN. De fait, Fernand Pouillon a vécu à Alger de 1953 à 1960 et y a construit de nombreux logements sociaux. Converti à l’Islam en 1957, il a des sympathies pour le mouvement nationaliste mais son affiliation n’est pas totalement vérifiable. Après son évasion il séjourne clandestinement en Italie et revient tout aussi clandestinement en France pour se présenter à son procès. Condamné à trois années de prison, il est finalement libéré le 15 janvier 1964. Il se montre très actif pendant son incarcération : il recopie sa correspondance, écrit un roman, Les pierres sauvages, récompensé par le prix des Deux Magots en 1965, et ses Mémoires, publiées en 1968. Ces mémoires, constamment rééditées, constituent un plaidoyer pro domo dans lequel Fernand Pouillon présente sa vision du métier d’architecte ainsi que sa version des affaires dans lesquelles il a été impliqué.
Entre rivalités personnelles et mésaventures judiciaires, ce personnage romanesque, magnifique et paria, défenseur de la pierre au temps du béton roi, aura signé, en France et en Algérie, des constructions simples et ouvertes. Pouillon se vantait d’avoir construit les plus beaux logements sociaux de France. Doit-on le croire ? A chacun sa réponse.
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