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Yona Friedman - La ville spatiale
Pour approfondir le sujet
>> Portfolio sonore sur la ville spatiale
>> Un blog consacré à Yona Friedman
>> Utopies réalisables de Yona Friedman (lien Alapage)
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"Etre créateur en architecture, c'est regarder au-delà. La faiblesse serait de considérer que c'est un domaine qui se suffit à lui-même." Yona Friedman Dès le milieu des années 50, les conséquences désastreuses des recons- tructions intensives apparaissent et la question des déplacements urbains devient déterminante. En France, on parle de "sarcellite".
Le CIAM (Congrès International d'Archi- tecture Moderne) de 1956 choisit la "mobilité" comme thème central, celle-ci est entendue comme le projet d'une architecture nomade (à la façon du mobile home ) par la plupart des participants, mais pour Yona Friedman c'est une architecture permettant les transformations continues nécessaires pour assurer la "mobilité sociale", la masse inerte d'une ville étant un obstacle à la mobilité de la société, grâce à des habitats et à des dispositions urbanistiques composables suivant les intentions de ses habitants. L'architecture mobile signifie autoplanification,"habitat décidé par l'habitant".
"J'ai considéré que l'architecture devait se faire avant tout pour les autres. J'ai donc réfléchi sur l'adaptation de la proposition architecturale à la demande des gens. La meilleure manière de faire étant de laisser l'habitant trouver lui-même la solution." dit Friedman. L’architecte : n’est plus le concepteur organisateur mais il est un consultant fournissant des connaissances en écologie.
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Yona friedman - La ville spatiale 1956
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Yona friedman - La ville spatiale |
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Le concept d' architecture mobile que propose Yona friedman (né en 1923 à Budapest) concilie production de masse et habitat personnalisé. Les éléments produits industriellement sont ordonnables par l'habitant lui-même. Appliqué à l'échelle de la ville, la notion d' architecture mobile engendre bientôt celle de ville spatiale. Les constructions doivent y être démontables et déplaçables, transformables à volonté par l'habitant. La ville spatiale est une structure surélevée de 35 mètres au dessus du sol par un système de pylônes. L'habitant déplace librement son habitat dans le cadre de la trame ainsi mise en place, la cité est un vaste damier comportant toujours le même nombre de cases vides, mais ces cases, vides ou pleines, ne sont pas toujours les mêmes les cellules habitables se regroupant ou se subdivisant suivant les besoins des habitants. La ville spatiale est superposable à n'importe quelle autre ville. Les pylônes contiennent les circulations verticales (ascenseurs, escaliers).
"Il y a une grille, une ossature extrêmement réduite qui garantit qu'un étage ne tombe pas sur l'autre. Le plancher est déplaçable, les murs sont des sortes de paravents ; ils n'ont pas d'autre rôle que de tenir le plafond qui garantit l'étanchéité. Donc, l'appartement devient un meuble, un groupe de meubles qu'on déplace dans la ville spatiale suivant sa volonté." Yona Friedman
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Le diagnostic de Friedman sur les villes nouvelles en 1960
Comment bâtir une ville qui puisse s'adapter aux données inconnues du proche avenir? Des urbanistes ont essayé d'appliquer des plans qui "permettraient de légères variations", élargissement d'une route, densité grandissante, etc. Mais cette méthode ne pouvait être qu'une faillite. Comment laisser une marge trop juste pour un avenir inconnu? Les routes vieillissent en un an et les aéroports en six mois; les villes paraissant bien dessinées se congestionnent en cinq ans ou deviennent trop étendues en dix ans, si la densité d'habitation faiblit.
"Les villes satellites" les plus modernes ne sont que des villes-dortoirs: leurs habitants ne les ont pas choisies; elles ont été créées de toutes pièces uniquement pour alimenter les usines voisines en énergie humaine, envahies par l'ennui et abandonnées par la jeunesse dès qu'elle en a la possibilité. La ville satellite devient une ville de vieillards
Les Cités radieuses de Le Corbusier et les solutions qui s'en inspirent ne sont que des villes satellites condensées en un ou plusieurs grands immeubles entourés de parcs. Cette solution présente un avantage: les logis ne sont pas isolés les uns des autres comme dans les villes satellites, mais la plupart des habitants ne se connaissent pas. L'expérience la plus poussée en matière de ville nouvelle est celle de Chandigarh. Elle n'est pas concluante. C'est une ville occidentale pour des habitants orientaux qui ne peuvent s'adapter à ses cadres rigides.
Les villes reconstruites après la guerre ne sont pas vivantes. Elles restent des villes de confection qui n'ont pas été bâties en fonction des nécessités réelles des habitants, mais suivant le principe des villes satellites où des cités-jardins. A Rotterdam, par exemple, la seule partie vivante de la ville actuelle est celle où la reconstruction n'est pas achevée: un terrain vague où campent cirques et funambules.
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Yona friedman - Ville spatiale 1958
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Yona friedman - Propositions africaines 1959
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"Il s'agit, dit-il, de rechercher des techniques qui permettent de passer d'une solution à une autre pour adapter la ville, si besoin est, aux modes de vie des habitants, au lieu d'adapter les habitants aux propositions des urbanistes. Il faut arriver à laisser les habitants libres de choisir la forme de leur ville. La seule tâche qui reste actuellement à l'architecte consiste à développer des techniques intérimaires de construction, qui feront le pont entre les constructions classiques (immobiles et qui laissent des traces) et les systèmes de l'avenir penchant vers les sciences abstraites. Le rôle de ces techniques intérimaires sera de multiplier la surface utilisable pour l'habitation et pour l'agriculture, en fonction de la croissance démographique. C'est la raison d'être de l'architecture mobile"
Irrégularité, indétermination, autoplanification, sont les mots-clefs de la démarche de Yona Friedman. La trame régulière de la ville spatiale est une "feuille blanche" sur laquelle l'usager vient, de manière toujours 'imprévisible dessiner son habitat.
Les concepts d'architecture mobile et de ville spatiale, amèneront Friedman au cours des années 70 à des propositions visant à associer des modes de construction autochtones et des structures modernes pour résoudre les problèmes d'habitat dans les pays en voie de développement. Il passe ainsi du système des planchers et cloisons amovibles de sa première structure des années 1950 à des système faisant usage des matériaux locaux tels que les déchets industriels ou le bambou vers 2000.
Sa réflexion l'aménera au concept de ville-continent " je préconise l'apparition de ce que j'appelle la "ville-continent" : une centaine de villes qui existent depuis des siècles et qui sont maintenant reliées entre elles par un réseau de transport très rapide. La ville-continent, contrairement aux mégalopoles, satisfait à la croissance démographique et aux fluctutations économiques".
Yona Friedman ne se considère cependant pas comme utopiste, arguant que ses projets qui sont présentés à des concours internationaux importants sont d’une technicité reconnue et que ses enseignements ont eu des retombées pratiques sur l’urbanisme et que certains projets ont fait l'objet d'une construction réelle (exemple de l’application de ses principes d’auto-planification au Lycée Bergson d’Angers).
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Yona friedman - Ville spatiale à Paris sur la Seine
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Yona friedman - Ville spatiale collage 1960
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Ville spatiale collage 1960 - Clic pour zoomer |
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Ville spatiale maquette - Clic pour zoomer |
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Ville spatiale maquette - Clic pour zoomer |
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Ville spatiale maquette - Clic pour zoomer |
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Guy Rottier
Le CIAM de 1956 vit aussi la présentation de La Cité mobile étudiée et dessinée par Charles Péré-Lahaille et Guy Rottier, ils proposent une solution destinée à l'habitat ouvrier lors de la construction de sept barrages le long du Rhin : une cité, comprenant une partie fixe (devenant par la suite la cité de l'entretien du barrage) et une partie mobile composée de cellules individuelles posées sur des rails. Les circulations se faisaient sur trottoirs suspendus. Lors du déplacement, il suffisait d'une seule voie ferrée pour déplacer la cité mobile d'un chantier à l'autre.
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Maison escargot- Clic pour zoomer |
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Maison volante - Clic pour zoomer |
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Guy Rottier, a continué seul ces études de mobilité. Celles-ci
concernent plus particulièrement l'habitat de vacances de l'avenir. En
1964, il expose au Salon des Arts ménagers à Paris, une maison de
vacances volante , pouvant abriter une famille de quatre personnes. En
mai 1965, le critique Michel Ragon fonde le Groupe International
d'Architecture Prospective (G.I.A.P.) qui développe des solutions
urbanistiques ou architecturales nouvelles. Guy Rottier réalise alors
ses projets de la maison en forme d’escargot qui s’agrandit à la
demande, la maison qui se transporte sur des câbles, la maison en
carton qu’on brûle après usage, la maison de terre dont l’extérieur est
un jardin, la maison qui roule, la maison éolienne … ou encore le
village-autobus, la ville-maison où des capteurs solaires répartissent
la lumière où elle est nécessaire…
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Pont autobus - Clic pour zoomer |
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Michel Ragondit de lui : "Il y a chez lui du bricoleur style
Concours Lépine et du provocateur dadaïste… Mais il est aussi
architecte et urbaniste étonnamment prospectif, l'un des premiers à
avoir créé des plans d'architecture solaire, d'architecture de terre,
d'architecture écologique" |
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Paul Maymont
Paul Maymont (1926-2007) Ancien élève d'Auguste Perret, Paul Maymont découvre à la fin des années 1950 au Japon la possibilité de construire des cités sur la mer et met au point ses projets d'urbanisme flottant et spatial.
Il a consacré une grande partie de sa carrière à l'étude des métropoles du futur. Il a travaillé sur l'idée de villes construites sur la mer, de constructions flottantes antisismiques sur matelas d'air, de villes verticales suspendues, de villes climatisées sahariennes ou polaires et des plans d'aménagement sous la Seine pour Paris. |
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Paul Maymont (à gauche), Michel Ragon (au centre) et Yona Friedman (à droite) - Clic pour zoomer |
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Il est le fondateur, avec Nicolas Schöffer, Michel Ragon, Yona Friedman, Georges Patrix, Walter Jonas et Ionel Schein, du Groupe International l'Architecture Prospective (le GIAP,1965)
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P. Maymont - Ville flottante etude pour Tokyo - Clic pour zoomer |
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La ville flottante. Des caissons s'assemblent pour former une ville avec ses canaux navigables, ses places d'eau, ses îlots et ses parcs artificiels, en surface la zone silencieuse des jardins suspendus réservés aux piétons, et au-dessous les circulations à plusieurs niveaux et les parkings. Sous la flottaison, usines,dépôts, halles, ateliers et centrales diverses. Au-dessus du sol, habitations, immeubles et villas, bureaux, services publics...
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P. Maymont - Sous la Seine - Clic pour zoomer |
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| Aménagement sous la Seine. Paul Maymont a remarqué l'intérêt d'un large domaine public inoccupé ; il a proposé l'équipement complet du sous-sol de la Seine en voies routières, parkings et autres activités; La surface approche 2 km², et avec une dizaine d'étages, le volume utile équivaut à celui du bâti d'un arrondissement. |
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P. Maymont - Ville suspendue - Clic pour zoomer |
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P. Maymont - Atoll artificiel - Clic pour zoomer |
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